Bienvenue au parti « croupion » !

Tribune libre d’André Pouchet

Ah, c’est vraiment trop drôle ! Devinez comment M. Fillon a baptisé le nouveau parti dans lequel il se propose de regrouper ses partisans face à ceux de M. Copé. Au lieu de l’appeler, je ne sais pas moi : UMP (canal historique) ou UMP (marque déposée), il l’a affublé d’un acronyme particulièrement désopilant : RUMP (Rassemblement pour l’UMP). Or, comme cela n’échappera à aucun angliciste digne de ce nom, dans la noble langue de Shakespeare ce mot signifie tout bonnement « croupion », aussi bien dans son acception anatomique (cul, postérieur) que dans son sens figuré lui aussi péjoratif (Rump Parliament = parlement croupion) !

Ça commence mal, ou plutôt ça continue mal pour ce pauvre M. Fillon. Déjà, alors que tous nos médias, prenant leurs désirs pour des réalités et s’appuyant sur des sondages sur mesures, le donnaient par avance largement gagnant, il a rencontré auprès des militants de l’UMP un échec cinglant dans les élections internes à son mouvement. Car, qu’il soit arrivé 1er ou 2ème de ce scrutin, qu’il ait obtenu 100 ou 1000 petits suffrages de plus ou de moins que son rival, ne change rien à la triste réalité : il a totalement raté son coup et la simple décence aurait dû lui imposer de le reconnaître et de se retirer sans faire d’histoires. Mais, après avoir été pendant 5 ans auprès du Président Sarkozy un Premier ministre fantoche (ou potiche, comme on voudra), le voilà qui s’est mis, avec des mines de gamin boudeur fâché d’avoir perdu sa partie de billes, à vouloir farouchement entrer en résistance. Pathétique !

On comprend bien que le discours « décomplexé » de M. Copé ait paru aux militants UMP plus attractif que le brouet fadasse et tiédasse que leur proposait son adversaire. Peut-on cependant leur conseiller de ne pas trop se faire d’illusions sur la sincérité de leur champion sous peine de se réveiller un jour très déçus ? Que ne voient-ils qu’il s’agit d’un personnage dépourvu de toute vraie conviction et prêt à tout pour arriver, d’un démagogue qui fait son petit Sarkozy en prodiguant de belles paroles qui ne lui coûtent pas cher mais qui, si jamais – ce qu’à Dieu ne plaise ! – il parvenait un jour à réaliser son ambition présidentielle, pourrait se révéler encore pire que son modèle ?

Quant à M. Juppé, qui visiblement a voulu jouer les Raminagrobis aux dépens des deux plaideurs imprudents, profiter de l’aubaine pour se remettre lui-même en selle, il a lui aussi échoué à tirer ses marrons du feu. Ce qui est fort heureux car, lui, on sait bien ce qu’il vaut, on l’a déjà amplement vu à l’œuvre. Ce que je reproche à celui que de tous côtés on veut nous présenter comme un « homme d’état avisé et respectable », ce n’est pas d’avoir été condamné pour des emplois fictifs à la mairie de Paris (ce serait mesquin car tout le monde sait bien qu’il n’a fait que payer à la place de son « patron »). Ce que je lui reproche, c’est d’avoir été le mauvais ange du Président Chirac, lequel jusque là se tenait tant bien que mal sur des positions gaullistes, c’est de lui avoir imposé, contre les avis de MM. Séguin et Pasqua, sa conversion « europeïste ». Et nous goûtons pleinement aujourd’hui les fruits amers de cette politique calamiteuse qui a ruiné la France. Ne parlons pas de la malencontreuse dissolution de la Chambre dont il fut aussi l’inspirateur inspiré. Ni de sa honteuse dérobade aux dernières législatives, lorsque, avec beaucoup de courage, il refusa de se présenter à Bordeaux parce qu’il risquait d’y être battu !

Pourtant notre pays aurait un urgent besoin d’une véritable opposition, nationale et populaire. Laquelle se préparerait à prendre la relève d’un gouvernement socialiste qui, lui aussi, prend eau de toute part. Qui de jour en jour se révèle un peu plus incapable de faire face aux terribles problèmes auxquels notre pays est confronté : la désindustrialisation qui progresse irrésistiblement (malgré les rodomontades du « redresseur » attitré, le pitoyable Montebourg), le chômage qui conséquemment continue de s’aggraver (45 000 chômeurs supplémentaires en octobre), l’immigration qui vient charger encore un peu plus la barque pourtant déjà près de chavirer, la dette qui se creuse à mesure que l’on déverse (en pure perte) des sommes colossales pour retarder la faillite de la Grèce, la politique internationale encore plus soumise que celle de M. Sarkozy aux diktats allemands ou étatsuniens docilement relayés par les gnomes de Bruxelles… Un des gouvernements les plus incompétents de la 5e République. Un gouvernement qui ne réussit même pas à faire diversion avec son grotesque projet de « mariage pour tous », lequel, à juste raison, suscite dans l’opinion un rejet de plus en plus massif. Avec un premier ministre, M. Ayrault, incapable d’asseoir son autorité sur ses propres ministres lesquels tirent à hue et à dia, un premier ministre prêt à capituler en rase campagne devant les exigences de ses « amis » écologistes lesquels n’hésitent pas à organiser contre lui des manifestations illégales et violentes. Avec un Président Hollande indécis, vacillant, versatile, qui le matin, pour rassurer les maires, leur annonce qu’ils pourront faire valoir une « clause de conscience » afin d’éviter d’avoir à célébrer des mariages homosexuels qui leur répugnent, et, l’après-midi même, assure aux représentants du lobby homosexualiste (LBGT) venus lui faire leur remontrances indignées qu’il n’en est rien et que la future loi devra s’appliquer sans restrictions !

Il y a déjà longtemps que le Général De Gaulle avait remarqué, sur le ton désabusé qui était souvent le sien, qu’« en France, la gauche trahit l’Etat et la droite trahit la Nation. » Aujourd’hui ce sont MM. Pierre Péan et Philippe Cohen, dans le livre qu’ils viennent de faire paraître, qui notent à leur tour : « La droite et la gauche ont déjà offert à Le Pen un magnifique cadeau politique dont les deux payent encore le coût au prix fort. La droite a abandonné la nation à Le Pen. Quant à la gauche, elle commence à lui céder le peuple. » Et c’est bien effectivement dans un regroupement de tous les patriotes sincères, de gauche comme de droite, autour de Marine Le Pen et du Rassemblement Bleu Marine, que se situe pour notre peuple l’espoir d’enrayer cette fatale course vers l’abyme où nous entraînent tranquillement les « traitres » (comme disait le Général) de tous bords.

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13 Commentaires

  • marie-france , 1 décembre 2012 @ 11 h 48 min

    bien vu!!bravo

  • hector galb. , 1 décembre 2012 @ 12 h 08 min

    /allusion à de gaulle

    Le général de Gaulle n’était pas le prophète absolu qu’il croyait être.
    C’était aussi une personne puante, ainsi que son épouse (dixit quelqu’un que je connais qui a eu affaire à eux), imbue d’elle-même, n’ayant aucune notion des enjeux d’éducation et réprouvant quiconque ne s’inclinait pas devant la statue du commandeur.

    La spécialité, le “combo” de Charles de Gaulle, c’était le « claquage de porte » : claquer la porte et renverser les chaises tout en gardant le menton haut et l’air digne, voilà quelle était l’arme spéciale sur laquelle il a bâti ses exploits.

    Efficace mais incomplet.

    Il a laissé la France aux mains des communistes après guerre.
    Il a laissé le poison de la question algérienne en suspens.

    C’était son truc : abandonner derrière lui, délaisser les affaires dérangeantes, voire déléguer à l’ennemi, ce qui était une façon comme une autre de régler un problème mais qui posait un problème quand le chef absolu qu’il incarnait déléguait tant qu’il en arrivait à déléguer gratuitement à l’ennemi, sans contreparties.

    Je suppose qu’il devait fonctionner sur le schéma suivant : “les enfants sont les affaires des femmes” , lui-même s’occupant de chose plus sérieuses à ses yeux où il se sentait plus à l’aise ?

    Eh bien ,il faisait joujou de la même façon avec des sujets sérieux et engageant l’avenir, comme l’éducation / l’instruction en France, qu’il a laissé entre les mains de la gauche. Et après cela il osait se plaindre des Français ? Et déplorer mai 68 ? Quel type sérieux délaisse ses enfants, élevés par un nounou communiste, et se plaint qu’ils se comportent mal envers sa certaine idée de la France ?

    Contrairement à ce que mes écrits peuvent laisser penser, j’ai beaucoup de respect et d’admiration pour de Gaulle et son oeuvre. Mais assez de lui cirer les pompes ! Qui aime bien châtie bien.

  • Yohann , 1 décembre 2012 @ 13 h 01 min

    Merci pour votre article, vous avez écrit ce que nous pensons, vous avez très bien cerner le personnage de Fillon qui se croit l’homme indispensable. Nous avons besoin dans ce pays une opposition dure face à ces prétentieux de gauche , Fillon hélas n’est pas à la hauteur , seul Coppé peut tenir la dragée haute à ces gauchos.

  • Goupille , 1 décembre 2012 @ 15 h 38 min

    Il faudrait lire les articles jusqu’au bout…

  • Gérard (l'autre) , 1 décembre 2012 @ 16 h 11 min

    D’accord Hector.
    Il y a bien d’autres choses encore, tout aussi graves !
    Un chef (militaire de surcroit) qui ordonne à ses troupes de rester l’arme au pied pendant que les civils se font massacrer devant elles, devrait-être fusillé sur le champ.
    Quand le peuple va t-il enfin ouvrir les yeux … ?
    J’espère qu’il les ouvrira avant que Hollande ne finisse son mandat et avant qu’il ne fasse trop de dégats … ou bien, s’il y arrive, que Marine prenne en main les destinées de la France et renverse la vapeur aux prochaines élections

  • Pesneau , 1 décembre 2012 @ 17 h 38 min

    Exact, Yohann. Mais le peuple se laisse encore berner par les apparences et les sondages. Hélas! Fillon est bien mis et présente bien, cependant derrière ce dadais se cache un homme mou et timoré, manipulé par son crapuleux entourage.

  • Pierre Lesincère , 1 décembre 2012 @ 17 h 38 min

    Bien ! Quand on s’appelle Fillion, c’est normal que cela passe par le croupion.

    C’est pour cela que “Fillion” l’a eu dans le “fion”.

    Alors le RUMP, quoi de plus logique pour celui qui affirme de cette manière lui même l’avoir dans le fion ?

    Sacré Fillion…

    Et puis… wath else ?

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