7 jours à La Havane où la drôle de magie du lieux

Coup d’oeil du critique : Le concept de ce film est très sympa : montrer La Havane sous toutes les coutures, par le truchement d’une addition de courts-métrages et au travers des points de vue de différents personnages sans lien direct entre eux.

La caméra, à la fois subjective et fixe, s’aventure donc dans les bas-quartiers comme dans les grands hôtels et les ambassades, pour révéler l’arrière-boutique de l’une des plus célèbres dictatures. Les images sont soignées, émaillées de plans-photos parfois très beaux, la musique ne chasse pas le silence et s’offre une existence souvent diégétique pour le plus grand plaisir des oreilles affûtées.

En un mot, Benicio Del Toro et ses amis ont mis les petits plats dans les grands.

Et pourtant…

La vision qu’ils donnent de La Havane n’est pas très reluisante. Pauvreté, bizarreries sexuelles, familles amochées, superstitions et sorcellerie, chauffeurs de taxi surdiplômés… Toutes ces découvertes brossent un portait décoloré de l’île et témoignent d’un regard charbonné sur ses habitants et sa culture. Les beaux paysages se font rares, et les bâtiments sculptés dans l’esthétique s’effacent trop souvent devant le délabrement des rues et des appartements insalubres, au point de rendre la beauté occasionnelle.

Même Emir Kusturica n’apparaît que pour mieux boire et vomir !

S’agit-il d’un rapport à charge ? Les réalisateurs trahiraient-ils leurs dispositions en révélant leurs aspirations ?

Les notes des réalisateurs répondent à la question. Presque tous parlent d’une magie de La Havane à découvrir derrière la rudesse des apparences.

Mais cette magie est bien noire…

Bande-annonce :

Réalisateur : Benicio Del Toro, Pablo Trapero, Julio Medem
Nationalité : France/Espagne
Année de production : 2012
Acteurs : Josh Hutcherson (Teddy Atkins), Vladimir Cruz (Chauffeur de taxi), Emir Kusturica, Alexander Abreu.
Durée du film : 2h09

Résumé du dossier de presse : Teddy Atkins, jeune touriste américain, découvre La Havane pour la première fois. Angelito est un chauffeur de taxi entre deux âges. Engagé par Teddy pour le conduire à travers la ville, Angelito le guidera dans une visite tout sauf traditionnelle.

Une critique publiée en partenariat avec lecran.fr.

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1Commentaire

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  • LECONTE DE PARIS , 3 juin 2012 @ 13 h 17 min

    (air publicitaire connu):

    “Chez Castro, y a tout c’ qu’il faut:
    Des bars.. et des barreaux,
    Des prisons, des prisonniers
    Et des chiens policiers…
    Castro-Castro-Castro, casse-toi
    Et laisse enfin vivre Cuba !!!”

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