Analyse critique des auteurs de «Climat : 15 vérités qui dérangent» sur le dernier rapport du GIEC

Ce qui vient d’être présenté n’est pas un rapport scientifique mais une synthèse de science et de politique. Nous allons tenter de le montrer de manière factuelle dans le texte qui suit, en soumettant ce nouveau texte du GIEC au prisme de la critique scientifique.

1. Le rapport du GIEC repose sur une méthodologie politique

Il est surprenant d’entendre présenter ce rapport comme étant scientifique parce qu’il se base sur des publications scientifiques. Ce n’est pas parce que le GIEC a analysé des milliers de publications scientifiques que sa synthèse est une vérité absolue. De l’aveu même du GIEC, ce rapport est un « jugement d’experts ». Ce sont en effet des experts qui ont effectué une analyse des publications scientifiques choisies par eux parce qu’elles corroborent leur thèse de départ. De nombreuses publications scientifiques sont ignorées parce qu’elles ne rentrent pas dans le canevas proposé par les statuts du GIEC, qui exigent de se concentrer sur l’influence de l’homme (par opposition à celle de la nature) sur le climat.

2. Le rapport minimise le plateau de température depuis 15 ou 17 ans

Depuis quelques années, des scientifiques n’ont de cesse de montrer que la température du monde n’augmente pas. Trop longtemps cachée, cette vérité a éclaté au grand jour il y a quelques mois et aujourd’hui elle ne peut plus être ignorée. Ne parvenant plus à masquer ce fait majeur, le GIEC tente par des arguties sémantiques d’en minimiser la portée.

Le plateau de températures observé depuis 15 ou 17 ans1 est désigné, par le GIEC, comme une « réduction dans la tendance de réchauffement de surface » (sic). Le GIEC tente ainsi de noyer le poisson par des formules alambiquées qui jouent sur des moyennes décennales et n’expliquent en rien ce plateau, qui défie toutes les tentatives de modélisation du climat par le GIEC.

3. La causalité entre la croissance des émissions de CO2 depuis 1998 et l’ “augmentation” de température n’est pas soutenable

De 1998 à nos jours, l’homme a émis le tiers de toutes les émissions humaines (anthropiques, selon le terme consacré) de CO2 depuis le début de la Révolution industrielle. Or, pendant cette période, la température s’est stabilisée. Il n’est pas possible de soutenir l’existence d’un rapport de causalité entre cette croissance sans précédent des émissions de CO2, et la non-augmentation de la température.

4. La théorie de la captation de la chaleur par les océans paraît, au mieux, téméraire

Ne sachant expliquer comment la température s’est stabilisée depuis 15 voire 17 ans, le GIEC propose une parade surprenante : la chaleur supplémentaire serait captée par les océans (alors qu’il n’avait jamais été question de cette captation dans les rapports précédents). Soudainement les océans se transforment en trous noirs qui absorbent de l’énergie avant de la restituer dans les décennies ou les siècles à venir…

Cette thèse paraît d’autant plus téméraire que les mesures effectuées sur le contenu thermique des océans sont entachées de marges d’erreur gigantesques, de loin supérieures aux valeurs obtenues. Pire, de récents travaux indiquent que l’on a sous-estimé la perte d’énergie de la part des océans. Autrement dit, les océans relachent plus d’énergie qu’on ne le pensait, ce qui veut dire qu’ils en accumulent beaucoup moins que prévu.

5. L’intervalle de température futur est de plus en plus incertain

Le GIEC donne aujourd’hui une fourchette d’augmentation de la température de 1,5 à 4,5° C, alors qu’elle était de 2 à 4,5° C dans le précédent rapport de 2007. On doit constater qu’au fil des rapports, les fourchettes de température que propose le GIEC sont de plus en plus larges. Selon le GIEC, cela démontre une meilleure compréhension du phénomène. Conclusion : mieux on comprend, plus grande est l’incertitude.

6. Peut-on se tromper sur une partie, et avoir raison sur le tout ?

Le GIEC parle peu de la période 1998-2012, dont ses modèles ne parviennent pas à rendre compte, mais il prétend que ses modèles ne se trompent pas pour la durée de 1951 à 2012 ! Cette période 1951-2012 inclut également un intervalle allant de 1951 jusqu’en 1975, où les températures son restées stables voire en légère diminution, ce que les modèles ne sont parvenus à simuler qu’en attribuant à l’atmosphère de cette période une quantité d’aérosols qu’aucune observation n’a corroboré. Étrangement, le GIEC soutient que sur des périodes beaucoup plus longues on peut accorder une «très haute confiance aux modèles».

7. L’impact d’un doublement des émissions de CO2 est totalement imprévisible

Selon le GIEC dans un scénario de croissance de 1% l’an des émissions de CO2, lorsque la concentration en CO2 dans l’atmosphère aura doublé, c’est-à-dire lorsqu’elle atteindra 800 ppm2, la température augmentera dans une gamme de 1,0°C à 2,5°C (avec une haute confiance) et très probablement pas plus que 3°C3.
Quelle est, en fin de compte, la prévision de fourchette d’augmentation, pour un doublement de la concentration en CO2 : 1,5-4,5° C ou 1,0°C-2,5° C ? Intervient ici un distinguo subtil qu’on n’explique évidemment pas aux décideurs auxquels le résumé s’adresse. Les modélisateurs du GIEC considèrent qu’une grande partie de la chaleur due à l’effet de serre est emmagasinée dans l’océan profond, et que celle-ci demeurera captive pendant plusieurs siècles voire plus d’un millénaire. La fourchette 1,5°C-4,5°C , c’est pour dans 300, 500 ou 1000 ans ! En 2100, nous serons loin d’atteindre un tel niveau, et donc nous nous situerions bien en dessous de cette fourchette.

Alors, si l’objectif politique est de maintenir la hausse de température en dessous de 2° C, il est urgent de ne rien faire !

8. Le GIEC reconnaît enfin qu’il y eut des périodes chaudes avant l’ère industrielle

Après l’avoir occulté dans les rapports précédent, le GIEC reconnaît enfin que des régions ont été aussi chaudes, au Moyen Age, qu’en fin de XXème siècle. Il tempère cette affirmation en insistant sur le caractère régional, et non global, du réchauffement médiéval constaté. Il n’est pas étonnant que l’on ne puisse disposer, pour le Moyen Age, d’observations couvrant la totalité de la planète. Néanmoins, des études locales réparties sur tous les continents et océans, attestent d’un net réchauffement médiéval (ainsi que du refroidissement du Petit âge glaciaire). Ce réchauffement a été estimé de 1°C supérieur par rapport la moyenne des températures de 1880 estimée pour la planète. Il fut même plus important lors de l’Optimum holocène il y a 7 000 ans, période pendant laquelle pratiquement tous les glaciers ont disparu4. Le CO2 présent au cours de ces périodes n’avait bien évidemment aucune origine anthropique. 36 études scientifiques ont été recensées, en ce sens, par le magazine “CO2 Sciences”5. La formulation du GIEC « Ces périodes chaudes régionales ne se sont pas produites, selon les régions, de façon aussi cohérente qu’au 20ème siècle » ne doit pas induire en erreur : ce qui est qualifié de manque de cohérence résulte du fait que pour un bon nombre de régions on ne possède pas d’observations scientifiques relatives à l’époque médiévale. Observons également de nos jours que si les glaces en Arctique fondent (bien que s’étant en partie reformées en 2013), les glaces en Antarctique ont augmenté.

9. Le GIEC ne parvient pas à expliquer de manière convaincante l’effet du principal gaz à effet de serre : la vapeur d’eau

Comme dans les rapports précédents, le GIEC introduit un effet de rétroaction positive dû à la vapeur d’eau. Il est ainsi expliqué qu’une faible augmentation des émissions de CO2 induit un effet de levier sur le principal gaz à effet de serre qu’est la vapeur d’eau (un peu de CO2 fait que la grande quantité d’eau multiplie son effet de serre). Le problème est que si cette formule était appliquée à la quantité de CO2 émise depuis la révolution industrielle, nous aurions tous grillé depuis longtemps. Cette théorie est d’autant plus irrecevable que le GIEC admet une mauvaise compréhension des mécanismes de nuages et des précipitations, indispensables pour estimer la quantité de vapeur d’eau.

10. Il paraîtrait que la montée des océans s’accélère ?

Basé sur l’utilisation des satellites (depuis 2003), des marégraphes et des proxys, le GIEC est “quasi totalement certain” qu’il y a une accélération de la montée du niveau des océans. Force est de constater cependant que de nombreuses publications6 et experts (N-A. Mörner) indiquent au contraire un ralentissement dans la montée des océans. De plus, les valeurs obtenues sont de l’ordre de quelques millimètres tandis que les imprécisions sur les marégraphes et les proxys varient de plusieurs centimètres à des dizaines de centimètres. Les imprécisions sur les mesures des satellites sont de l’ordre du centimètre. L’imprécision est plus grande que la mesure. Sachant qu’estimer le niveau des océans est d’une complexité inouïe, des valeurs aussi minuscules sont hautement sujettes à caution et permettent de dire tout et son contraire.

Conclusion

En conclusion, les auteurs de Climat : 15 vérités qui dérangent constatent que:

  • le cinquième rapport du GIEC (partie I, la science), s’il ne peut nier le plateau de température observédepuis au moins 15 ans, est incapable d’en rendre compte d’une façon scientifiquement satisfaisante;
  • qu’un rapport scientifique au sens strict ferait état des nombreuses incertitudes qui affectent encorela science du climat;
  • au lieu de quoi les experts du GIEC tentent de gommer les incertitudes, au profit de la soutenanced’une thèse politique, qui est la responsabilité de l’homme dans le réchauffement climatique;
  • les 95% de confiance n’ont rien à voir avec la science, les mathématiques ou les statistiques, mais, comme le GIEC l’écrit lui-même, résultent d’un “jugement d’experts”.

Nous concluons sur le caractère à la fois politique et scientifique du cinquième rapport du GIEC.

1. Cela dépend de l’année de référence.
2. ppm: parties pas million
3. Box 12.2
4. Cronin, T.M. 2010 “Paleoclimates : Understanding Climate Change Past and Present”, Columbia University Press
5. http://www.co2science.org/data/mwp/mwpp.php
6. Voir Journal of Climate 2012, ‘American Meteorological Society, “Twentieth-century global-mean sea-level rise: is the whole greater than the sum of the parts ?” J.M.Gregory et al (dont Fettweis de l’Université de Liège)

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47 Commentaires

  • Goupille , 3 Oct 2013 à 22:07 @ 22 h 07 min

    Bonne nouvelle : les Européens ne font plus d’enfants (sauf en France, mais ce ne sont pas des enfants européens).
    Donc, l’avenir de la planète ? Pffff…

    Surtout, ne rien changer à son mode de vie.
    Et après soi, le déluge.
    Eric Junior et ses petits camarades se débrouilleront bien : l’humanité est adaptable.

  • Adock , 3 Oct 2013 à 22:18 @ 22 h 18 min
  • Denis , 3 Oct 2013 à 22:40 @ 22 h 40 min

    Ces fameux experts s’ils sont aussi compétents avec le climat que ceux de l’économie.
    On sait bien que de nos jours les experts ne se trompent pas, vous voyez :
    – ceux de l’économie qui conseillent nos têtes pensantes.
    – ceux de la justice, qui disent tout et son contraire.
    Surtout, restons calme et buvons frais.

  • Adock , 3 Oct 2013 à 23:35 @ 23 h 35 min

    Monsieur Martin,

    Comme le Christ, nous sommes attachés à rechercher la vérité.

    Je sais et nous savons que vous êtes aussi et avec la même vigueur, attaché Monsieur Martin, à suivre cet enseignement du Christ.

    Puisque vous considérez que le GIEC est incohérent (ce que vous ne prouvez pas, mais que vous alléguez sans preuve, malgré l’étendu des points énoncés), pourquoi publiez-vous un article à charge contre le GIEC, si vous avez à coeur de rechercher la vérité concernant l’impact des activités humaines sur la biosphère terrestre ?

    Pourquoi, si vous avez à coeur de rechercher la vérité, vous accusez le GIEC que vous croyez savoir incompétent, pour conclure grâce à lui, à l’innocuité des activités humaines pour la biosphère terrestre ?

    Il y a là un sophisme sur le fond.

    La démarche n’étant pas bonne, la conclusion ne pourrait donc être vraie et si elle l’était, que par hasard.

    Sauf l’égo, indépendamment de toutes questions politiques et du GIEC, ce que vous avouez dans cet article, c’est que vous ne savez pas.

    Vous avouez implicitement ne pas connaître l’impact des activités humaines liées aux gaz à effet de serre, sur la biosphère terrestre.

    Vous ne savez pas.

    Vous devez donc envisager qu’il puisse y avoir un impact et sans plafonnement derechef des effets.

    Si vous envisagez qu’il puisse y avoir un impact, si vous envisagez même, un impact sans limite, aux conséquences éventuellement apocalyptiques, ce que nous devons envisager, quelle est alors votre responsabilité si cet impact était confirmé, lorsque vous perdez vos lecteurs dans les méandres du GIEC, que vous croyez vous-même incompétent ?

    Je ne suis pas certain que vous me compreniez.

    Votre démarche est fausse, malgré vous mensongère, la conclusion ne peut donc que par hasard ne pas être un sophisme.

    Si vous croyez disposer des preuves justifiant de l’incompétence du GIEC et que vous vous interrogez honnêtement et sans croyances, comme le Christ, pour rechercher la vérité en climatologie, alors, vous vous devez de ne plus jamais parler du GIEC, pas même pour le dénoncer, car s’il y avait un véritable problème avec le climat, vous concourriez alors d’un amalgame nuisible pour l’avenir de l’humanité.

    L’honnêteté nous oblige à rechercher les sources avec impartialité, cela veut dire, aller chercher les équipes qui creusent les carottes glacières, aller chercher les équipes qui compilent les livres de bord des marins avec relevés de température depuis que le thermomètre existe, aller chercher les résultats des relevés de satellite, directement auprès de ceux qui en sont les lanceurs, aller chercher les mathématiciens, les physiciens et libre-penseurs aptes à analyser ces données etc.

    Cela veut dire, ne pas citer des organisations politiques probablement incompétentes, au risque de justifier un sophisme effroyable de conséquences pour l’humanité, si malgré l’incompétence de ces organisations politisées, il y avait vraiment péril en la demeure.

    Enfin et pour conclure suite à ce qui demeure malgré tout un article malgré lui mensonger et parfait exemple d’égo :

    Quel est la courbe des indemnisations des assurances pour les catastrophes naturelles depuis 80 ans sur terre, corrigée de l’accroissement de la population de clients de ces assureurs et de l’inflation monétaire ?

    On ne parle pas de réchauffement climatique sur le fond, mais de déstabilisation climatique induite par les gaz à effet de serre et les armes climatiques.

    Sortir cette courbe et la publier, serait un minimum au regard des enjeux pour la recherche de la vérité, en opposition au péché en Christ, que constitue donc cet article.

  • BCajoule , 4 Oct 2013 à 7:17 @ 7 h 17 min

    Fichtre! Vous ne plaisantez pas …

  • Mexicain , 4 Oct 2013 à 9:01 @ 9 h 01 min

    on a dû connaître la même personne pour avoir une devise finale aussi engageante !
    le mauvais temps connu en ce moment de vendanges ne laisse rien augurer de bon pour le vin

  • Eric Martin , 4 Oct 2013 à 9:24 @ 9 h 24 min

    Pourquoi ce mauvais esprit, Goupille ?

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