La sortie de crise : toujours une question de choix !

Tribune libre de Pascal Dray*

Dans tout problème, l’écart entre la vérité officielle et la vérité réelle ou vécue explique que l’on ne semble pas trouver de solutions. À l’origine du problème, la plupart du temps, il y a un mauvais sentiment et/ou une mauvaise interprétation de ce qui est réel et de ce qui ne l’est pas. Prenons l’exemple de l’économie : les politiciens prétendent comprendre l’économie et résoudre par là-même les problèmes économiques tels que le chômage, l’inflation ou la pauvreté.

Une erreur persistante dans le diagnostic

Le schéma initial qu’utilisent les politiciens pour résoudre le problème économique n’est pas réel mais issu de la tête d’un économiste décédé depuis de nombreuses années, Keynes, qui avait un ego très fort et qui ne supportait pas le débat ou la contradiction. Il a induit dans le monde des politiques économiques erronées qui ont parfois enrichi la classe dirigeante mais ont appauvri le plus souvent la société. On pourrait comparer Keynes au Renard dan la fable de La Fontaine avec le Corbeau !!!

L’application des recommandations de Lord Keynes a eu pour principal résultat un accroissement des inégalités entre les plus riches et les plus pauvres. Dans tous les pays de l’OCDE, l’écart de richesse entre ces deux groupes d’individus s’est accru au moment des crises. Et ceci se comprend dans la mesure où les riches puissants, complices des pouvoirs en place, peuvent se soustraire aux règles qu’ils édictent et que, par ailleurs, ils empêchent qu’on leur fasse concurrence.

Parfois une exception peut se produire. Le développement de l’informatique et d’Internet nous en donnent la preuve. Mais une fois arrivés au sommet de la « richesse », les nouveaux riches vont reproduire les mêmes erreurs que leurs aînés dans la richesse. Ils vont redevenir complices du pouvoir en place pour préserver leurs privilèges et leurs richesses et acheter les moins riches avec les messages mièvres de la démocratie politique.

Aujourd’hui, ce schéma persiste et le résultat est une « crise économique » qui n’en finit plus. En chaque fin d’année on nous parle d’un retour à la croissance sans cesse repoussé aux calandres grecques.

Pourquoi cette erreur ?

Nos dirigeants sont en fait gouvernés par leur ego et par la peur. Lorsque votre ego est fort, vous êtes souvent orgueilleux et vous n’admettez pas que vous puissiez avoir tort sur tel ou tel aspect d’une problématique. Si vous êtes en position de force, vous allez tout faire pour que l’aiguillon de la concurrence ne puisse pas vous atteindre en utilisant tous les attributs du pouvoir politique : la violence ou sa menace.

  • Vous allez évoquer la complexité et faire appel à des experts complices pour prouver votre bonne foi (le problème de la crise des subprimes et les nouvelles normes financières internationales comme les normes IFRS, Solvency II et Bâle III en est une illustration car ces normes ont en réalité contribué à amplifier la crise des subprimes).
  • Ou, encore, vous allez faire semblant d’écouter la partie adverse et lui proposer de devenir votre complice en achetant son silence, en lui créant des conditions plus favorables (tous les organismes publics, parapublics et associatifs subventionnés avec le cortège d’états généraux et de fora).
  • Ou encore vous allez reporter son attention sur un autre aspect afin qu’elle se détourne de l’objet initial de sa requête (le problème de l’énergie et la pollution). Vous allez en fait tout faire pour que la partie adverse ne puisse jamais s’enrichir ni dénoncer la mascarade qui vous permet de rester au pouvoir. Car au fond d’eux-mêmes, les politiciens et leurs complices ont peur de revenir à une situation moins bonne qui correspondrait réellement à leurs capacités, leurs compétences et leurs responsabilités véritables.

“En économie, la fatalité n’existe pas, il n’y a que des opportunités et des risques.”

La solution…

Elle réside dans la cause primordiale de votre problématique. Étudions les cas du chômage, de l’inflation et de la pauvreté.

Le chômage a, de façon intemporelle, deux causes :

  • une inadéquation de l’offre de travail par rapport à la demande de travail liée à une mauvaise allocation des ressources de compétences, de formation, d’éducation,
  • le niveau des salaires, c’est-à-dire des prix artificiellement trop élevés par rapport à la productivité (salaires minimums).

Pour ce qui concerne l’inflation, celle-ci provient toujours d’une création excessive de monnaie et de crédit.

Enfin pour la pauvreté, il y aura toujours des pauvres mais la pauvreté peut être réduite si on laisse aux pauvres la possibilité de concurrencer les plus riches dans les secteurs de l’économie où aujourd’hui il existe un grand nombre de barrières à l’entrée légales, réglementaires ou artificielles.

Actuellement, l’ensemble des pays occidentaux est confronté à l’importance de l’État-providence qui génère plus d’effets pervers (crise de la dette et chômage) que de satisfactions (emplois et croissance). La solution consisterait à réduire drastiquement la taille de ces États et à laisser la société civile s’organiser afin de pourvoir aux besoins issus du démantèlement de ces activités aujourd’hui sous contrôle de l’État. De même, lorsqu’une entreprise privée est démantelée, suite à une faillite par exemple, l’activité ne disparaît pas mais est réallouée afin de mieux répondre aux besoins. Au bout de quelques années, la création de valeur grâce à cette réallocation d’actifs prend le dessus et la croissance redevient la règle.

En économie, la fatalité n’existe pas, il n’y a que des opportunités et des risques. À chacun de saisir les opportunités qui s’offrent à lui et de prendre les risques en les assumant (épargne personnelle), en les  partageant (association) ou en les reportant (assurance).

Nous pouvons sortir rapidement de la crise. Pour cela, il faut abandonner les schémas économiques obsolètes, partir sur un vrai diagnostic et déployer les vraies solutions. Sans la mise en place d’une démarche authentique, saine et durable il sera impossible de sortir des dilemmes qui se posent à nous. Nous ne pouvons pas vouloir en même temps la paix et préparer la guerre. Il faut choisir. C’est pour toutes ces raisons que la sortie de crise est uniquement une question de choix.

*Pascal Dray est chef d’entreprise et docteur en économie

Du même auteur :
> Tout problème a une solution !
Une stratégie de développement pour la France
Le tonneau des Danaïdes ou la décroissance programmée

Autres articles

1 Commentaire

  • Enoch , 4 Jan 2013 à 11:04 @ 11 h 04 min

    Quand est-il des secteurs qui ne gagne pas d’argent, qui seront deficitaires dans la vulgate privee et qui ameneront forcement les compagnies qui si sont engages a perdre de l argent ou a faire faillites?
    Ex: les assurances de sante, l education publique???

Les commentaires sont fermés.