Dieu et les races

À mon ami Léopold Gauthier, pour nos inépuisables discussions passionnées !

« Là où l’Européen dira ‘J’ai raté mon train’, l’Arabe traduit ‘Mon train m’a raté’. Certains philosophes ou chercheurs attribuent ces pratiques à l’influence du désert sur la pensée arabe. La première perception dans le désert est qu’il n’y a rien autour de soi, avant que, peu à peu, de rares objets apparaissent. Donc, au premier abord, il n’y a rien et on ne distingue l’existant qu’après cette première constatation. Je ne sais pas si cette explication de l’influence du désert sur la pensée est exacte ou fumeuse, mais il n’en demeure pas moins que cette façon d’aborder la réalité est totalement étrangère aux schémas culturels de l’Occident et, au-delà des mots, conduit aux pires incompréhensions », écrit l’ex-directeur du département des affaires arabes et du contre-terrorisme de la DGSE, Alain Chouet.

Cet article complète et approfondit le précédent (Non au catholiquement correct !) tout en répondant à un bon nombre de commentateurs et plus particulièrement à Aimegielle, professeur d’histoire et spécialiste des Coptes dont l’intervention prouve encore une fois à quel point les Européens sont, de nos jours, dans une totale confusion. Pour ma part, n’étant pas un « spécialiste officiel » mais ayant vécu au Maghreb et au Proche-Orient, et ayant notamment travaillé là-bas sur les questions religieuses en lisant des centaines de pages et interrogeant un grand nombre de personnes sur leurs pratiques, je pense avoir mon petit mot à dire.

Si les Sémites du Proche-Orient furent les premiers chrétiens, ils n’ont probablement jamais cru, dans leur ensemble, à l’Incarnation du Christ qui est une création purement européenne pleinement établie cinq siècles après Jésus-Christ par le concile de Chalcédoine de 451, que les Sémites, du Levant à l’Égypte en passant par l’Éthiopie, ont rejeté en bloc. Ce rejet était certes motivé par des raisons politiques – se différencier des Empires romain puis byzantin européens, considérés comme colonisateurs -, mais aussi pour des raisons spirituelles. Les Sémites n’étant pas des Européens, ils ne conçoivent pas Dieu de la même manière. Explication et exemples :

I) Oui, les races existent !

Une race est la première « artificialisation » d’un groupement humain à son milieu « éco-systémique » (environnement naturel). Le cerveau, la dose hormonale, la structure osseuse, les muscles et la peau s’adaptent pour se protéger de cet environnement. Puisque le système cérébral s’adapte ainsi, la psychologie qui en est issue va différer selon l’environnement, et donc aussi la vision de la politique, du social mais encore, évidemment, de Dieu.

Après une intuition évidente pluriséculaire partagée par tous les peuples de la Terre, l’existence de races différenciées a été prouvée par le prix Nobel scientifique James Watson dans les années 1960 en découvrant l’ADN. Toutes les races ont le même ADN, nous permettant de faire partie de l’espèce humaine, mais les informations qui y sont enfermées ayant une morphologie spécifique due à la pression éco-systémique environnante depuis des siècles sont différentes et se transmettent génétiquement.

Par exemple, en Afrique noire d’avant l’ère carbo-pétrolière, l’environnement naturel extrêmement instable pouvait décimer des peuplades entières, devenant ainsi le premier acteur d’une pression démographique basse. Du jour au lendemain pouvait surgir un nuage de sauterelles dévorant toutes les récoltes ou des pluies irrégulières sur lesquelles on ne pouvait compter ; aussi les Subsahariens développèrent-ils par leur subconscient (qui n’est que la conscience de toutes les cellules du corps) des stratégies de résistance démographique en faisant beaucoup d’enfants dont une partie mourraient naturellement à cause du climat instable. Résultat : leur dose hormonale est beaucoup plus forte, permettant une assurance psychologique plus grande et une sociabilité plus ample que chez les Européens ou Asiatiques ; leurs organes génitaux sont plus grands, les fréquences sexuelles plus hautes. Ils engendrèrent donc des systèmes tribaux et polygames et les sculptures de leurs dieux étaient souvent érotiques, ce qui choqua les missionnaires chrétiens du XIXe siècle colonisateur qui, effarouchés, les jetèrent par-dessus bord, comme à Madagascar, où il ne reste pratiquement plus rien de ces sculptures religieuses. Donc, quand les catholiques français se plaignent de la table rase révolutionnaire…

Exemple inverse : les Hans, principale ethnie de Chine. Le climat, en règle générale, y est beaucoup plus régulier, scindé en deux grandes périodes : celle des moussons et l’autre. Résultat : l’une est abondante en nourriture, l’autre non, nourrissant une conception spirituelle duale du monde symbolisée par le Ying et le Yang. Ils ont donc développé des stratégies démographiques inverses où ils ont peu d’enfants (la masse importante démographique étant due au développement de l’agriculture et non aux familles nombreuses), à qui ils offrent une éducation la plus soignée possible. La culture chinoise développa donc un respect immense pour les parents, anciens et ancêtres, très présent dans la religion tao à tel point que lorsque les missionnaires jésuites européens tentèrent au XVIIe siècle de les convertir, ils se sentirent obligés d’intégrer des rites tao du culte des ancêtres dans les offices chrétiens afin de les séduire le plus possible.

II) Une vision de Dieu différente en fonction des races

a) Les Indo-Européens incarnent un divin sotériologique (théologie du salut)

Les Indo-Européens sont le peuple des quatre saisons s’étendant de l’Europe au bassin de l’Indus. Probablement originaires de l’Europe du Nord (les mythologies fondatrices indiennes ou grecques évoquent un peuple originaire venant des mers glacées), ils descendirent dans le Caucase et se divisèrent peu à peu en deux, l’un s’installa à l’ouest en Europe et l’autre à l’est au Kurdistan irakien, en Iran et aux Indes*.

Les Indo-européens ont des caractéristiques psychologiques, sociales, politiques culturelles et religieuses propres, grâce à la relative douceur et qualité climatique due aux quatre saisons, leur donnant un gigantesque appétit de la vie et le goût de la culture et de l’aventure. C’est tellement vrai que, malgré l’âpreté de l’islam, les Iraniens ont très vite développé à travers leurs poètes et intellectuels toute une philosophie de l’amour courtois (débauche raffinée) et de la passion du vin (ivresse) qui a influencé jusqu’à la France du Moyen Âge, selon l’historien Jean-Pierre Rioux, et traversa les siècles en Iran jusqu’à l’arrivée des Mollahs en 1979, installés par les Anglo-Américains.

Les Indo-Européens ont aussi tous développé une vision de la politique singulière avec un Prince adoubé par une aristocratie libre mais serviable, le principe de la quadripartition dont les différentes forces de la société (clergé religieux, caste politico-militaire, sphère de la production économique et artisanat) sont distinctes. Cette séparation née en Inde, qui s’étendra dans tout l’arc indo-européen durera, bon an mal an, en France jusqu’en 1789 et dans le reste de l’Europe jusqu’en 1914 et perdure encore aujourd’hui en Iran et au Pakistan islamiques malgré une religion prônant une égalité communautaire stricte.

Concernant leur perception du divin, voici ce que dit l’historien du monde antique, l’archéologue et égyptologue Guy Rachet : « Au contact du monde romain, le christianisme a commencé très tôt à s’éloigner du judaïsme originel. L’idée même de messie chrétien est influencée par la sotériologie grecque, c’est-à-dire la théologie du salut. Quand on fait naître ce sauveur d’une vierge, avec l’intervention de l’ange Gabriel et du Saint-Esprit, on se trouve déjà dans une représentation mentale totalement grecque. Dionysos et Héraclès sont des dieux sauveurs qui naissent ainsi d’une vierge mortelle fécondée par Zeus, comme cela est si fréquent dans la mythologie grecque. Les principaux héros de L’Iliade sont souvent fils d’une divinité et d’un ou d’une mortelle. Cette parenté divine est totalement opposée au monothéisme originel et a profondément scandalisé les Juifs de l’époque de Jésus. Il faut rappeler que le christianisme primitif s’est développé dans un milieu profondément hellénisé. Cette hellénisation n’a fait que s’amplifier dès lors que le christianisme est devenu la religion de l’Empire romain. Plus tard, les populations d’origine germanique constitutives des royaumes « barbares », dont la France de Clovis, après les Ostrogoths de Théodoric se sont ralliées très rapidement à la romanité et donc à son imprégnation hellénique. »

Or ce principe d’incarnation préchrétien se trouve aussi en Inde, à l’autre extrémité de l’arc indo-européen. La grande épopée poétique Hindoue du Mahâbhârata écrite au XIIIe siècle avant Jésus Christ met en scène une sainte dynastie royale dont les principaux protagonistes sont nés d’une Vierge et de Dieu. Les sentences du poème ne nous sont pas étrangères ; voici ce que dit Dieu à la vierge Kunti : « Ne t’inquiète pas Kunti, tu demeureras vierge et tu enfanteras au monde un fils sans pareil ». Elle en aura trois autres ainsi dont le très saint roi Ajurna, qui rétablira l’équilibre du Royaume et donc de l’Inde entière après une lutte acharnée conte des cousins royaux usurpateurs et malhonnêtes nés de femmes ayant refusé leur devoir de mère et donc leur accomplissement en Dieu. »

Le grand indianiste Alain Daniélou souligne aussi ce principe d’incarnation propre aux indo-européens dans son avant-propos des Mythes et dieux de l’Inde : « Pourquoi le Sauveur, incarnation de Vishnu (considéré comme le Fils du Dieu trinitaire hindou, ndlr) pour une région et une époque donnée, doit-il naître dans une grotte, pourquoi doivent se trouver près de lui un bœuf, animal sacré, et un âne, animal impur, pourquoi une vierge mère, pourquoi trois rois-mages, et pourquoi des bergers, pourquoi une étoile. Dans ce mystère sacré et éternel, que tout enfant brahmane saurait expliquer, les chrétiens ne voient plus que du folklore. Une grande partie des récits qui concernent la vie de Jésus ne font d’ailleurs que reprendre ceux de l’enfant Krishna ou de Shiva-Dionysos ».

Concernant le principe de salut, dans sa remarquable histoire de l’Iran, l’universitaire Michael Axworthy, ex-directeur des affaires persanes du Foreign Office, démontre que lorsque l’Iran devin majoritairement chiite avec la dynastie des séfévides, il réintégra le concept de salut déjà présent dans les religions iraniennes antiques qui n’existe pas dans les chiismes arabes.

À l’instar de l’historien Fernand Braudel ou du géopoliticien Aymeric Chauprade, je crois aux races, aux civilisations et au temps long de l’histoire. Malgré tous les contre-exemples, on remarque qu’il y a des comportements spécifiques des races, des tendances lourdes ne s’altérant pas avec le temps. Or que remarquons-nous au niveau des Européens chrétiens ? D’une part, ce sont les Romains puis les Byzantins qui ont conçu le dogme de l’Incarnation à travers les conciles œcuméniques tous organisés par le pouvoir impérial romain puis byzantin ; mais, d’autre part, alors qu’une grande partie des Européens d’Occident, afin de se démarquer de l’empire romain, optèrent dans un premier temps pour l’ « hérésie » arienne venant de l’Egypte et donc du monde sémitique refusant l’Incarnation puisque confessant que le Christ est un simple homme, ils se rallièrent tous, sauf les Arméniens – exception confirmant la règle – finalement au dogme de l’Incarnation, renouant avec leur identité indo-européenne et sa vision singulière de Dieu.

Les Sémites chrétiens prirent exactement le chemin opposé des Européens : par l’arianisme, le nestorianisme et surtout le monophysisme préchalcédonien, ils ont constamment refusé jusqu’aujourd’hui l’Incarnation du Christ, étrangère à leur perception spirituelle.

b) Les Sémites confessent un Dieu absolu reniant le monde

Les Sémites sont les peuples du désert allant des Berbères marocains aux Arabes irakiens, passant par la péninsule arabique. Comme le montrent les analyses génétiques, ils sont de souche éthiopienne.

Puisque dans cette France soviétisée, nous n’avons pas le droit de commenter les comportements raciaux, lisons plutôt les descriptions qu’en fait le général Thomas Lawrence, le célèbre Lawrence d’Arabie, archéologue au Moyen-Orient mais aussi espion du MI-6 qui saura retourner les Arabes à la cause britannique afin de lorgner leur pétrole au détriment des Français : « Dès l’abord, éclate chez eux je ne sais quelle universelle sainteté ou dureté de croyance, quasi mathématique dans ses limites (…) le clavier visuel des Sémites n’a pas de demi-tons. Ce peuple voit le monde sous des couleurs primaires ou, mieux encore, en contours découpés, noir sur blanc. Son esprit dogmatique méprise le doute, notre moderne couronne d’épines. Il n’entend rien à nos hésitations métaphysiques. Il connaît simplement la vérité et la non-vérité, la croyance et la non-croyance, sans l’indécise continuité de nos nuances subtiles. (…)

Son imagination est vive ; elle n’est pas créatrice. Il y a si peu d’art arabe en Asie qu’on peut presque le négliger. Ils n’ont pas inventé non plus de systèmes philosophiques ou mythologiques complexes. La plus grande industrie des Arabes est la fabrication des croyances : ils ont presque le monopole des religions révélées. Trois de ces élans se sont affermis chez eux, et deux sur trois ont supporté l’exportation (sous une forme modifiée) chez les peuples non sémitiques. Le christianisme traduit en grec, en latin, en teuton suivant l’esprit de ces langues diverses, a conquis l’Europe et l’Amérique. L’islam, en différentes métamorphoses, soumet encore l’Afrique et quelques parties d’Asie. Ce sont là les succès des Sémites. Ils gardent pour eux leurs échecs. La frange des déserts arabes est jonchée de croyances brisées. »

Plus loin, il explique : « Le trait commun à toutes les croyances sémites, heureuses ou malheureuses, fut toujours et partout le mépris du monde terrestre. Une violente réaction contre la matière entraînait les prophètes à prêcher la nudité, le renoncement et la pauvreté. Une pareille atmosphère mentale enivrait implacablement de ses fumées l’esprit des hommes du désert ». Il n’y a pas d’incarnation chez eux mais, au contraire, un Dieu abstrait créateur d’un monde inférieur qu’il faut renier à travers des commandements ascétiques influencés par l’austérité désertique en suivant une foi unique pour s’unir à Lui. Que ce Dieu soit juif, chrétien ou musulman.

Or, que constatons-nous ? Avant le fameux concile de Chalcédoine organisé par le pouvoir impérial européen qui statua définitivement sur l’Incarnation du Christ, deux grandes « hérésies » le refusant émanèrent du Proche-Orient sémitique : l’arianisme, d’Alexandrie, au IVe siècle, qui ne reconnait pas la nature divine du Christ (donc il était un simple homme-prophète), et le nestorianisme, d’Antioche, (qui confesse bien les deux natures du Christ, mais qui cohabitaient distinctement l’une et l’autre dans la même personne ne s’incarnant pas entre elles). De nos jours, le nestorianisme regroupe toujours une grande partie des chrétiens de Syrie orientale et d’Iraq (ou plutôt de ce qu’il en reste du fait de Saint Georges W. Bush et de Barack Hussein Obama).

L’arianisme fut lourdement combattu notamment par Saint Athanase d’Alexandrie. Un concile (le premier des sept conciles œcuméniques) s’ouvrit à Nicée en 325 qui façonna le Credo, la profession de foi chrétienne précisant que le Christ est bien le Fils de Dieu. Puis peu de temps après, en réponse, naquit le nestorianisme, du patriarche Nestor qui était originaire d’Antioche.

Cette nouvelle « hérésie » fut vigoureusement combattue par Saint Cyrille d’Alexandrie, à qui on reprocha d’aller dans l’excès inverse confessant une union si poussée que la nature humaine disparaissait dans la nature divine. Ce qui donna le monophysisme toujours actuel de l’Église Copte, de l’Église éthiopienne et de la majorité des Églises proche-orientales, regroupant 90% des chrétiens sémites. Donc que ce soit dans l’arianisme, le nestorianisme et le monophysisme tous d’origine sémitique : il n’y a pas d’incarnation du Christ !

Pour des raisons politiques mais aussi religieuses, les Coptes refusèrent le concile de Chalcédoine de 451 bannissant le monophysisme : le Christ, pour eux, resta seulement Dieu au sein duquel la nature humaine a été complètement absorbée. Les seuls qui acceptèrent le concile à Alexandrie étaient d’ethnie grecque alors que les autochtones sémites, dans leur immense majorité, restèrent monophysites. Suite à ce refus, les Occidentaux les nommèrent “les préchalcédoniens”.

Mais à cause de ce refus, les Sémites se firent excommunier par Byzance, subirent diverses persécutions de l’Empire, et durant toute l’histoire de la chrétienté, les Églises catholique et orthodoxes européennes autocéphales ne communièrent pas avec eux, considérés comme hérétiques. Peut-être aujourd’hui l’Église orthodoxe de Constantinople s’est-elle rapprochée des préchalcédoniens (je ne suis pas trop l’actualité des juridictions orthodoxes), mais il me semble que l’Église Russe ne communie toujours pas avec eux. De plus le rapprochement des catholiques est très récent et obéit davantage à un arraisonnent désespéré que ce soit des anglicans, des traditionalistes ou des préchalcédoniens sémites afin d’enrayer la désertion européenne massive des églises qu’à une quelconque résolution du différend théologique avec ces derniers.

Suite à ce refus, l’Empire Byzantin maintint sur l’Égypte une main de fer, craignant qu’elle prenne son autonomie politique après avoir affirmé sa singularité religieuse. Cette mainmise fut telle que les Coptes accueillirent à bras ouverts les conquérants musulmans qui les libérèrent du joug de Byzance.

Mais, ils déchantèrent très, très vite. L’islam fut une nouvelle dictature politique et religieuse bien pire que la byzantine. Ils furent mis en situation de dhimmis et comme les conversions par mariage ne fonctionnaient que dans un sens (une chrétienne pouvant épouser un musulman seulement si elle acceptait que ces enfants deviennent musulmans, alors que la musulmane ne peut se marier avec un chrétien), peu à peu la démographie s’éroda, émaillée par de multiples violences antichrétiennes pour n’aboutir qu’à 10% de chrétiens sur la population égyptienne totale d’aujourd’hui, qui sont dans une situation très sensible.

En revanche, la situation fut bien différente au Maghreb : dans l’excellent hors-série de La Nouvelle Revue d’Histoire intitulé « L’Algérie – Histoire d’une terre tragique », le brillant africaniste Bernard Lugan explique qu’avec l’arrivée des conquérants arabo-musulmans, les conversions berbères à l’islam furent massives, spontanées et immédiates alors que l’arabisation fut beaucoup plus longue et douloureuse, vigoureusement combattue par les tribus autochtones qui désiraient garder leur berbérité. Alors que le christianisme se développa partout en Europe, dans les ¾ de l’Afrique du Nord, il s’évapora presque d’un seul coup au profit de l’islam après avoir été pourtant la religion majoritaire. Pour ma part, je ne crois guère à un quelconque hasard en la matière : l’islam confessant un Dieu très abstrait sied bien plus aux Sémites qui ont beaucoup de mal, selon de nombreux témoignages de Maghrébins que j’ai recueillis, à croire que Dieu peut avoir un Fils s’incarnant en homme. Aussi les velléités de conversions au protestantisme en Kabylie me semblent-elles bien plus motivées par un désir de sécession des Berbères face à un pouvoir central qui leur impose l’arabité qu’à de réelles convictions religieuses, même si elles peuvent exister chez certains. En Syrie, si beaucoup de musulmans (surtout des femmes) désirent embrasser le christianisme, las des violences de l’islamisme soutenu par l’Occident, n’oublions pas qu’ils souhaitent adhérer pour leur écrasante majorité à un Christ non-incarné !

Conclusion : Jésus-Christ ou la confusion euro-sémitique

Jésus-Christ a d’européen l’Incarnation et le principe de salut mais de sémitique le principe de vérité unique (dans le christianisme, cela se traduira par le fameux « quiconque n’est pas avec moi est contre moi ») et le reniement du monde (issu du péché). Or, ce métissage de spiritualités, très belles en elles mais antithétiques, va engendrer une confusion extrême chez les Européens dont nous payons toujours plus les conséquences. Alors que dans les religions préchrétiennes, les Européens croyaient en un Dieu ayant engendré la multiplicité du monde, respectant les différences de la diversité raciale, des sexes et des points de vue individuels, le principe de vérité unique va permettre au fanatisme systématique d’émerger, anathémisant, excommuniant voire éradiquant tout ce qui lui est contraire : les païens – qui furent convertis bien plus par la persécution que par la persuasion, les Marcionistes et les gnostiques (des Bogomiles aux Cathares qui périrent dans les massacres de Saint Louis à Montségur), les bûchers des « sorcières » du XVIe siècle, l‘Inquisition (qui fut bien moins mauvaise que le Système veut nous le faire croire mais qui n’aurait jamais existé en terre païenne), les guerres de religions qui coûtèrent 1/5e de la population européenne, les haines entre protestants et catholiques toujours actuelles et vivaces qui incitèrent la France à expulser avec la révocation de l’édit de Nantes la majorité de son élite acquise au protestantisme et les pays nordiques qui, jusqu’au début du XXe siècle, condamnaient à mort tout prêtre catholique ayant le malheur de franchir leur territoire.

Beaucoup de penseurs tels que Alain de benoist ou Jean Soler ont remarqué que les fanatismes de la Révolution Française, puis des totalitarismes nazis, communistes et aujourd’hui américano-multiculturalistes qui bombardent l’altérité surtout dans le monde arabe sous prétexte de vérité unique recyclée, en leurs dogmes respectifs sont issus de ce schéma binaire Bien/Mal judéo-chrétien. A l’inverse dans les paganismes, la Force est sacrée mais il est interdit de persécuter pour des raisons culturelles, sociales et religieuses, incitant les Romains ou la caste des guerriers hindous qui n’étaient pourtant pas des tendres à temporiser bien des ardeurs. L’Occident chrétien est bien à l’image de son Dieu, se repentant sans cesse tout en voulant transformer le reste de l’Humanité à son image, désir impossible qui le rend extrêmement violent (depuis la seconde guerre mondiale exclue, les Américains qui se prétendent l’Empire du Bien font une guerre tous les 4 ans et sont directement ou indirectement responsables de 30 millions de morts ! Autre exemple, la France qui se dit humaniste, démocratique et républicaine, qui passe son temps à s’auto-flageller est l’un des États les plus bellicistes de la planète, voulant imposer la démocratie au détriment des traditions locales).

Au messianisme, s’ajoute son corollaire qu’est le reniement du monde se traduisant dans le christianisme par cette formule : « rendre à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu » permettant à Saint Augustin de forger sa conception des deux cités dans son fameux pamphlet anti-païens intitulé La Cité de Dieu qui influencera toute la pensée chrétienne européenne. On connaît l’argument central : « Deux amours firent deux cités, l’amour de soi jusqu’au mépris de Dieu fit la cité terrestre, et l’amour de Dieu jusqu’au mépris de soi fit la cité céleste » Cette vision va permettre à la sphère spirituelle de s’émanciper totalement de la réalité physique notamment raciale et sexuelle. Lorsque le Christ sollicite ses apôtres pour convertir le monde à sa bonne nouvelle, il déprécie les races, ces humanités bioculturelles en ce qu’elles ont de plus intime : leur représentation singulière du divin dont découle leur perception du monde et, partant, leurs coutumes politico-sociales.

Saint-Paul enfoncera encore plus le clou en jurant que désormais depuis le Christ, « il n’y a plus de juif ni de grec (dans le sens de race) ni de femme ni d’homme (dans le sens de sexe) mais que tous sont Un en Christ ». Ce n’est pas un hasard si l’homme abstrait de Descartes, le Révolutionnaire français, le Communiste, l’Aryen ou le Zombie multiculturel affranchi de son sexe et de sa race sont nés en terre judéo-chrétienne au sein de laquelle des franges entières du peuple de la fille aînée de l’Eglise doivent manifester pour que les enfants aient un père et une mère pendant que la Hollandie (dont le Président et le Premier ministre étaient des chrétiens pratiquant dans leur jeunesse) supprime le mot race de la Constitution. Alors que la Chine tao et le Japon shinto rentrent racialement unis dans la mondialisation, alors que l’Inde a développé très tôt via les castes un système de développement racial séparé, les Euro-chrétiens, pourtant souvent pétris de bonnes intentions, ont semé, des Amériques à l’Europe elle-même en passant par l’Afrique coloniale, partout l’enfer multiracial.

Tous les problèmes que nous subissons aujourd’hui sont les conséquences d’une perception du monde tronquée. Si nous voulons nous redresser, nous devons changer notre vision de l’univers en renouant avec notre vision spécifique indo-européenne tout en se détachant de l’apport sémitique très beau en soi mais appartenant à un « autre Royaume » (Descartes) ; être respectueux de la Création et de sa multiplicité des races et des si belles civilisations qu’elles ont construites. Bien plus que d’une révolution, l’Europe a besoin d’un bouleversement cosmique.

*Avant le XVIe siècle et surtout avant la révolution industrielle, en règle générale, les peuples n’ont dominé que leur espace climatique. Ainsi par exemple, les Turco-mongols, originaires de l’Asie centrale, menés par les redoutables Attila, Gengis Kahn ou Tamerlan conquirent tout ou partie de la géographie des steppes s’étendant des Balkans et de la Turquie au nord de la Chine en passant par l’Asie centrale, mais n’ont jamais réussi à s’installer durablement au-delà des steppes, que ce soit en Extrême-Orient (dans le sud de la Chine des moussons ou au Japon), ou à l’Ouest, plus à l’intérieur de l’Europe. Plus que la résistance des peuples, ce sont les climats différents qui les retinrent. Et il en est de même pour toutes les grandes familles raciales. Si l’islam issu de la péninsule arabique a pu s’étendre jusqu’en Malaisie, les Arabes n’ont jamais pu soumettre physiquement au-delà des zones désertiques, après l’Iraq à l’est, au nord-ouest après l’Espagne, pays européen aride, et au sud du désert sahélien dans la région subsaharienne de l’Afrique.

ANNEXE I : Mea Culpa pour Mithra

Je me suis trompé, il n’est pas né d’une Vierge mais d’une Pierre. Il me semblait avoir lu l’inverse dans la remarquable biographie sur l’Empereur Julien de l’historien Jacques Benoist-Méchin, mais je ne peux le vérifier n’ayant plus le livre sous les yeux. Peut-être que mon souvenir est intact et que c’est l’Orientaliste qui s’est fourvoyé, les études comparatives entre religions étant à leur balbutiement lors de la composition de son livre. En revanche, selon l’indianiste Alain Daniélou, Mithra est bien né dans une grotte. La formulation « Tu es Pierre et sur cette Pierre je bâtirai mon Eglise » a été empruntée au culte mithriaque, très pratiqué pendant le bas empire romain (et première religion de l’armée), de même que Noël car il est apparu selon la tradition 500 ans avant JC un 25 décembre, correspondant au solstice d’hiver du calendrier Julien. De plus, les notions de Cène et d’Agneau de Dieu lui ont été empruntées ce qui n’est absolument pas étonnant car, comme le disait le Père de l’Eglise Saint Ambroise de Milan, « on a repris ce qu’il y avait de mieux dans le paganisme », c’est-à-dire 80% des rites païens et plus particulièrement ceux de Mithra comme le rappelle lucidement l’historien catholique Lucien Jerphagnon. N’oublions pas que le rite des offices n’a été définitivement statué qu’à partir du IVe siècle par les évêques tels que Saint Jean Chrysostome, saint Basile le Grand et saint Grégoire de Naziane, marié. Mais cette erreur ne remet absolument pas en cause mon propos.

ANNEXE II : du choc ethnoculturel d’Alexandrie

Aimegielle parlait de la brillante civilisation judéo-héllenique. Elle ne fut pourtant pas de tout repos ! Permettez-moi de citer un long passage du livre La Violence Monothéiste du diplomate aux affaires culturelles Jean Soler concernant les derniers philosophes sous l’Empire romain trahissant un choc des civilisations dû à une coexistence de cultures antagonistes :

« L’empereur Justinien interdit dans cette même loi aux grecs polythéistes – il les appelle les Hellènes – d’avoir des écoles : « Nous interdisons qu’aucun enseignement soit donné par ceux qui sont atteints de la folie des Hellènes impurs, afin d’éviter que sous prétexte d’instruire ceux qui, par malheur, fréquentent chez eux, ils ne corrompent en réalité les âmes de ceux qu’ils prétendent éduquer ».

Cette décision a entrainé la fermeture de l’école philosophique d’Athènes, l’Académie, que Platon avait fondée au IVème siècle avant notre ère, et qui avait pu subsister jusqu’en 531 ou 532 de notre ère, soit pendant près d’un millénaire, avec, sans interruption, des professeurs et des étudiants. Les biens de l’Académie, qui était prospère, ont été confisqués par l’empereur et les professeurs ont dû prendre le chemin de l’exil. Ils ont cherché refuge en Mésopotamie – comme l’avaient fait, avant eux, les rabbins qui ont rédigé le Talmud de Babylone.

À Alexandrie, qui avait été la rivale intellectuelle d’Athènes depuis sa fondation par Alexandre en 332 avant notre ère, il y avait une femme belle et intelligente du nom d’Hypatie, dont le père était un mathématicien grec bien connu. Formée par son père, elle s’était illustrée à son tour par des travaux à la fois scientifiques et philosophiques, bien dans la manière des Grecs de l’âge classique. Elle avait édité, avec des cours commentaires, les Eléments d’Euclide, et elle donnait des cours rémunérés par la ville, sur les philosophes grecs, toutes écoles confondues. Ses cours avaient beaucoup de succès – trop de succès sans doute – auprès de ses étudiants, qui étaient aussi bien chrétiens que païens.

L’évêque de la ville ne le supportait pas. Il était le neveu de celui qui avait fait détruire, vingt-quatre ans plutôt, le temple de Sérapis et sa célèbre Bibliothèque. Il était entré en conflit avec le préfet, qui représentait le pouvoir politique central, pour la raison, entre autres, qu’il protégeait Hypatie, bien qu’étant lui-même chrétien. Pendant le carême de l’année 415, l’évêque fait venir 500 moines du désert où ils vivaient, au sud de la ville. C’est en Egypte qu’était né, un siècle auparavant, avec saint Antoine, le monachisme chrétien.

Ces moines, peut-être excités par les privations du carême, se sont emparés d’Hypatie dans une rue d’Alexandrie où elle passait. Ils l’ont arrachée de sa voiture, l’ont trainée jusque dans l’église principale, celle de l’évêque. Là, ils l’ont déshabillée, ils l’ont mise à mort, ils ont déchiqueté son corps et ils ont promené des morceaux de ses chairs à travers la ville. Ensuite ils les ont brûlés.

Les auteurs de ce lynchage n’ont pas été poursuivis. L’évêque qui l’avait, sinon ordonné, du moins provoqué, a été canonisé. On l’appelle saint Cyrille d’Alexandrie.

Dans la logique de l’Église, il fallait anéantir toute vision du monde qui n’était pas la vision chrétienne. Il fallait en finir avec la philosophie.

Et de fait, à cause de l’idéologie monobinariste (c’est-à-dire Vérité Unique du Bien, contre le reste considéré comme Mal) représentée par ces deux évêques, par ces moines, et par l’empereur, il n’y aura plus, dans ce qui fut l’Empire romain, de pensée libre ni de recherche scientifique véritable pendant environ un millénaire. Jusqu’à la Renaissance, qui a été la redécouverte du polythéisme grec et latin ».

Un film intitulé Agora parle de ce récit. Je ne l’ai pas vu mais un prêtre orthodoxe me confia que le comportement fanatique de saint Cyril était très réaliste malgré quelques simplifications historiques répondant au besoin « hollywoodien » du scénario.

Autres articles

89 Commentaires

  • Antoine , 4 Déc 2013 à 11:04 @ 11 h 04 min

    Hmm. Je suis sceptique. Je pense que tu mets en relation plusieurs visions de Dieu que vous interprétez ensuite. Mais il est parfaitement possible qu’elle n’ont rien à voir entre elles.

  • Eric Martin , 4 Déc 2013 à 12:08 @ 12 h 08 min

    Jean, je partage votre critique des idées chrétiennes devenues folles (égalitarisme, etc.). Attention à ne pas les confondre avec le message du Christ et le discours de l’Eglise ! Quant au paganisme, ne l’idéalisez-vous pas ? Avez-vous des exemples de société païenne qui ne soit pas, d’une manière ou d’une autre, barbare ?

  • Gisèle , 4 Déc 2013 à 12:53 @ 12 h 53 min

    Nous avons tous un cœur , une âme . Ce qui importe c’est ce qu’ il , elle , est aux yeux de Dieu qui seul les sonde avec justesse et amour vrai .
    Pour ce qui est du corps , des us , l’essentiel est le respect envers tous les autres et envers soi même , ce corps étant le temple de l’âme , et ces us intrinsèquement liés au tissage du fil invisible et responsable qui nous unit tous .
    Et si les races étaient un autre don de Dieu ? un don qui justement sert à enrichir nos liens avec nos frères , donc avec notre Père ??? un don qui doit nous pousser à la curiosité qui pousse vers l’autre ??
    Ce serait trop beau , si le mal n’existait pas …

  • Jean Dutrueil , 4 Déc 2013 à 12:59 @ 12 h 59 min

    Très cher Eric,

    Ceci n’engage que moi: si les valeurs chrétiennes sont devenues folles c’est bien parcequ’elles avaient un “grain” au départ, c’est à dire que les valeurs qu’elles prônent ne correspondent pas à la réalité de la Création.

    Exemple: Jésus-Christ lave les pieds de ses disciples en leur disant qu’ils doivent se considérer comme les derniers d’entre tous. Résultat il n’est pas étonnant que l’Occident se flagelle sans cesse et cela ne date pas d’hier et d’ailleurs les guerres mondiales, les révolutions françaises et soviétiques sont notamment des réactions brutales et grossières à cet état d’esprit nocif (les révolutionnaires français appelaient à renouer avec la fierté de soi et l’esprit combatif);

    A l’inverse la science prouve que c’est une puissante estime de soi, un amour de soi qui passe avant celui des autres et particulièrement des ennemis qui permet un esprit sain et un épanouissement qui d’ailleurs incite à s’ouvrir à autrui. Cet aspect a toujours été présent dans les paganismes qui ne sont pas des religions mais des spiritualités issues de l’étude du monde, des comportement humains considérés comme sacrés car consubstantiels à Dieu.

    Le message du Christ sur certains aspects est extrêmement beau (d’ailleurs ces aspects ressemblent beaucoup aux messages dionysiaques- je pense écrire un article sur ce sujet mais pour le printemps car j’ai beaucoup de travail et d’autres articles en vues avant :)) mais il a été profondément puritanisé d’abord par saint Paul (qui était un acteur majeur de la christianisation du bassin méditerranéen) mais surtout par la patristique (les Pères de l’Église); je vous invite à lire Tertullien, Cyprien de Carthage, Basile le Grand, Grégoire de Nysse, Jean Chrysostome, Jean de Climaque, Saint Ambroise de Milan, Saint Jérôme, Saint Grégoire pape de Rome etc.

    Leurs écrits sont parfois très beaux mais ont une vision du monde extrêmement dure qu’ils considèrent comme intrinsèquement mauvais, vision qui irrigua l’Église dans sa partie occidentale jusqu’à la Renaissance au moins qui fut provoquée notamment en réaction à ce puritanisme excessif dont elle se débarrassa jamais réellement. Par exemple:Hier encore je lisais saint Jérôme qui disait qu’une fréquence importante de rapports sexuels au sein d’un couple marié était considéré comme adultère (et donc devait être excommunié)!

    Concernant la violence, pour les paganismes la Force est sacrée (et tout aussi importante que l’amour par exemple) car participant à la régulation éco-systémique et donc à la perpétuation des peuples;( je suis en train d’écrire un article sur l’ère carbo-pétrolière qui démontre ce fait). C’est pour cette raison que les société païennes même civilisées comme la gréco-romaine par exemple n’ont jamais été des tendres, voire même parfois des brutes épaisses. Mais si à ce fait vous rajoutez le principe sémitique de Vérité Unique on intensifie cet état de fait qui dégénère en violence.

    Exemple de l’Inde: avant l’arrivée des musulmans il n’y avait que majoritairement des Hindous, les états princiers ne faisait que de se guerroyer, guerre uniquement réservée à la caste minoritaire des princes et des guerriers qui lorsqu’ils conquéraient un nouveau territoire ne pouvaientt leur imposer un dogme religieux ou politique mais simplement jouir de l’impôt et des richesses conquises, ce qui faisait que la violence était limitée. Lorsque les musulmans arrivèrent, ils voulurent islamiser tout le monde, n’y arrivant pas ils firent de gigantesques massacres de masses;

    Dans une proportion bien moindre c’est ce qui s’est passée avec l’Occident chrétien qui a toujours persécuté l’autre (parfois moralement, parfois physiquement) sous prétexte qu’il ne partager pas sa foi religieuse ou aujourd’hui politique. Exemple de l’histoire récente l’Amérique n’a cessé de bombarder pour la démocratie, et si elle se calme aujourd’hui c’est grâce à la Russie, à la Chine et à l’Inde qui en ont marre de son messianisme issus de la vision judéo-chrétienne et donc sémitique de Vérité Unique qui est le Bien contre le Mal.

    Pour ce qui est du paganisme je compte faire un article dessus pour bien expliquer ce qu’il est.

    Bien à vous!

  • François de Tainchebraye , 4 Déc 2013 à 13:03 @ 13 h 03 min

    oui j’allais citer Chesterton comme M. Martin: le monde moderne est plein d’idées chrétiennes devenues folles.
    En fait le problème vient que l’auteur part d’un principes de base et qu’il l’applique à toute l’histoire dans une vision qui fait fi de l’évolution (certes relative mais réelle) de l’humanité. Il n’y a pas de “sens de l’histoire ” au sens marxiste du terme, mais il y a une histoire. Le passé n’est pas simplement une façon de percevoir le présent, il influe essentiellement sur lui. Le christianisme est une révolution dans l’histoire occidentale. Les races existent, leur perception du monde aussi. Mais deux et deux font 4 (en se mettant d’accord sur les termes) au 4 coins du monde. Penser la race comme un déterminisme total me semble un peu réducteur quant à la liberté humaine et la supériorité de la vérité. Pour en revenir au christianisme, certes la vision sémitique est différente. Mais faut-il rappeler à l’auteur que les Pères de l’Église, les fondateurs de la Tradition, sont des Sémites?
    Bref ce plaidoyer pour le paganisme respectueux de la Nature dans toutes son universalité, contre le christianisme à l’idéalisme universaliste est très réducteur. Je suis historien et travaille sur la prière pour le roi au Moyen-Age: il faut arrêter le délire de la persécution des païens, du substrat paganique inhérent à la religiosité populaire et toutes ces fariboles simplificatrices issues de l’historiographie positiviste du XIXe. Le christianisme est un fait historique dont l’expansion dans l’empire romain s’est faite envers et contre tout. Il est arrivé en Gaule aussi pacifiquement que possible. A part la politique de Charlemagne contre les Saxons, je ne vois pas où vous pouvez trouver des exemples généraux d’imposition par la force! Vous mélangez de plus la conversion et la conservation d’un ordre social établi.
    Quant au nombreuses résonances entre les mythes païens et la tradition évangélique, les apologistes n’ont pas attendu Benoist pour le remarquer et pour évoquer la tradition orale des peuples: les promesses faites dès le commencement, les prophéties des temps pré-noachiques, qui ont pu se transmettre dans le monde.
    Enfin cette vision égalitariste des civilisations m’exaspère un peu. Entre la civilisation païenne faite de rapports exclusifs de force, violente ou non, et l’apport historique unique du christianisme, de la charité et de la vérité, grâce auquel nous conquîmes le monde et lui apportâmes un adoucissement des mœurs (excision, meurtres rituels, domination de la femme, violences rituelles ou sociales, stupre…), il ne faut quand même être sérieux!, même si tout n’est pas aussi tranché. Et même si bien sûr l’Occident actuel qui a renié tout son héritage chrétien, mais conservant effectivement un universalisme militant dont la violence démocratique n’est plus mitigée par l’impératif de charité, peut faire viscéralement détester la pseudo “civilisation”. Ne prenons pas la perversion d’un fait pour sa cause: avant le XXe et le XXIe siècle, il y a 1500 ans de christianisme occidental.

  • K. , 4 Déc 2013 à 13:28 @ 13 h 28 min

    A propos de l’autoflagellation: “aime ton prochain comme toi-même.”
    L’autoflagellation n’est pas un “grain dans la graine”, c’est un détraquement du système, car je ne peux pas servir mes frères – comme me le recommande mon Seigneur – si je ne m’aime pas tout autant.

  • K. , 4 Déc 2013 à 13:31 @ 13 h 31 min

    “[…] qui fut bien moins pire que le Système […]”
    Euh… “[…] qui fut bien moins mauvais que le Système […]”, c’est pas un poil plus Français ?

Les commentaires sont fermés.