Trisomie 21 : au génocide, s’ajoute le mémoricide

Le professeur Raphaël Lemkin définissait le génocide de la manière suivante : « Tout plan méthodiquement coordonné pour détruire la vie et la culture d’un peuple et menacer son unité biologique et spirituelle ». Plus personne ne s’attend à ce que ce genre de plan puisse être appliqué sans que nos garde-fous institutionnels ne réagissent. C’est faux.

Jean-Marie le Méné nous propose de décrypter un de ces “génocides tranquille” pour lequel toutes les portes ont été ouvertes : celui des personnes trisomiques, via le dépistage prénatal généralisé. La pratique d’un eugénisme à grande échelle, qui fait intervenir la connivence des intérêts financiers, des idéologies de mort, du laxisme du monde associatif, mais aussi du silence des intellectuels.

Il s’agit d’un véritable génocide, mais de ces génocides silencieux, qui ne font pas de bruit, qui se déroulent à l’abri des regards, à l’abri des plaintes, des cris et des douleurs. Et, comme c’est devenu une habitude depuis 1789, la France est un élément moteur dans ce génocide… Vous découvrirez pourquoi.

Et personne ne se scandalise. Comme l’écrit Eric Zemmour dans le Figaro du 4 février :

« II y a le vrai scandale et le faux, le fabrique, le chiqué, le scandale pour rire. Pour la gloire ou payer ses impôts. Et puis il y a l’authentique, celui qui ne paie pas de mine. Le scandale qui ne fait pas scandale. Parce qu’il est trop scandaleux pour que les professionnels tarifés du scandale sans risque s’en saisissent. Le livre de Jean-Marie Le Mené entre dans cette catégorie ».

Quel scandale ? Un eugénisme envers qui ? Une génocide de qui ? Des personnes trisomiques.  Car l’enfant trisomique a toutes les caractéristiques de la victime émissaire chère à René Girard :

« Son dysmorphisme s’oppose à la beauté, ses pathologies contrarient la santé, son vieillissement prématuré est une injure à la jeunesse, son inutilité va contre la performance, son retard mental est l’inverse de l’intelligence, sa dépendance le contraire de la richesse, etc. »

Avec Les premières victimes du transhumanisme, qui est sorti le 4 février chez Pierre-Guillaume de Roux, Jean-Marie le Méné, appuyé sur la légitimité des recherches scientifiques et de l’accueil des personnes trisomiques qu’il dirige avec la Fondation Jérôme Lejeune, nous propose une véritable enquête sur la genèse et la poursuite de ce génocide légitimé par les renoncements des uns et des autres, et encouragé par les gains financiers énormes qu’il promet.

Cette enquête débute aux Etats-Unis, par l’affaire sordide du laboratoire Sequenom, qui rachète un le principe d’un nouveau test de dépistage prénatal beaucoup plus simple et moins dangereux. Pour dépister quoi ? Pour débusquer quoi, même ? La trisomie. « C’est sur l’élimination des trisomiques que Sequenom fonde la rentabilité de son produit. », écrit Jean-Marie le Méné. Un « mal Nécessaire », selon les dirigeants de la firme, qui s’inventent métaphysiciens. Vous rendez-vous compte du marché énorme et indéfiniment renouvelable que cela représente ? Potentiellement la moitié de l’humanité : du moins toutes les femmes en âge de procréer… Je vous laisse lire le livre pour découvrir le scandale de Sequenom, les délits financiers à la bourse, les études truquées et le suicide de la directrice des recherches.

Puis on arrive en France, pays des droits de l’homme, mais apparemment pas de tous les hommes. Surtout s’ils ne sont pas dans les bons soins de l’idéologie officielle. Le trisomique est sympathique, on l’affiche volontiers dans des lotos municipaux, ou dans une série télévisuelle, parce qu’on aime la différence, le handicap, etc. Mais rien n’est dit sur la réalité des avortements massifs qui ont lieu derrière. Au génocide, s’ajoute le mémoricide. 

Le dépistage systématique mis en place par le système collectiviste de la sécurité sociale française abouti à l’assassinat des trisomiques dans 96% des cas. Bientôt 100% des cas, quand le nouveau test dit de DPNI sera introduit en France.

Et Jean-Marie le Méné de dresser la liste des renoncements, y compris dans le milieu du handicap, voire même des connivences affichées, comme le professeur Israël Nisand, qui assume complètement l’eugénisme envers des enfants trisomiques. Autre renoncement spectaculaire : l’affaire du CSA, qui censure le (superbe) clip de la Fondation Jérôme Lejeune « lettre à ma future maman » pour des motifs sidérants, et alors même que seules deux plaintes ont été déposées aux “sages”.

Pourquoi cet eugénisme est-il transhumaniste? 

Les milliers de personnes trisomiques assassinées quasi systématiquement chaque année en France ne sont qu’un de ces détails qui ne concerne quasiment personne. Les trisomiques « y passent » aujourd’hui, demain ce sera à celui qui a des disposition cancéreuses. Ou celui qui naura pas la couleur de cheveux désirée par les parents.

Car  le génocide des trisomiques est la matrice des génocides futurs. Puisqu’on peut dépister et débusquer des maladies et des imperfections avant la naissance, nous ne sommes pas à l’abri d’un génocide plus important et d’une sélection plus précise. Si nos “garde-fous” moraux ont tous plié devant le génocide des enfants trisomiques, pourquoi ne plieront-ils pas devant les prochains desiderata

C’est cela le transhumanisme : non pas simplement augmenter l’homme, mais le sélectionner pour en faire une “nouvelle race”, pour créer une nouvelle humanité, sélectionnée grâce aux découvertes technologiques et scientifiques. Comme le dit le professeur Lejeune, « la science est cumulative, mais la sagesse ne l’est pas ».

Le livre de Jean-Marie le Méné est un travail qui fait frémir, un véritable thriller. Un livre qui est profondément choquant. Comment ne pas sentir sur ses épaules et sur sa conscience le poids de tous ces morts, de ce silence, et de cette connivence objective de tous les acteurs ? Toute notre indignation repose sur cette seule phrase, évangélique, qui parcoure nos consciences tout au long du livre, et qu’aimait répéter le professeur Lejeune : « Ce que vous ferez au plus petit d’entre les miens, c’est à moi que vous le ferez ».


Vivien Hoch, février 2016.

****

> Jean-Marie Le Méné, “Les premières victimes du transhumanisme“, Pierre-Guillaume de Roux.

> Une pétition internationale de la Fondation Jérôme Lejeune mobilise actuellement sur la question du nouveau test de dépistage prénatal.

Articles liés

8Commentaires

Avarage Rating:
  • 0 / 10
  • GIGARO , 6 février 2016 @ 21 h 09 min

    39 ans pour mon 5ème enfant , j’ai refusé l’amniocentèse et donné naissance à un garçon ” surdoué”!
    J’ai malheureusement perdu le suivant ,( deuxième fausse couche ) , avec beaucoup de tristesse.

Les commentaires sont clôturés.