C’est pas Hollande ! C’est Camember !

Tribune libre de Christian Vanneste*

La bande dessinée de Christophe mettait en scène un personnage, le sapeur Camember, remarquable par l’absurdité des solutions apportées aux problèmes qu’il rencontrait.  Sa mésaventure la plus célèbre consistait à creuser un trou pour en combler un autre, et sur les conseils de Bitur, il n’hésitait pas à faire le second plus grand que le premier. On revit cette histoire aujourd’hui avec le tout nouveau, et déjà usé, Président de la République.

Les trous sont connus, et sans vouloir en faire un autre fromage, il n’y a plus que ça sur le plateau offert aux Français : dette, déficits du budget de l’État, de la sécurité sociale, du commerce extérieur, et creusement de la dépense publique, du chômage, du pouvoir d’achat. L’origine de ce paysage ravagé est claire : l’insularité idéologique de notre pays et singulièrement de ses dirigeants, remarquables par leur ignorance économique, leur attachement aux ors de la République et leur absence de courage.

On pouvait regretter la gesticulation précédente, ses erreurs, ses contre-sens, et constater avec ses résultats, sa relative impuissance, mais il y avait quand même des sursauts dans la bonne direction. Aujourd’hui, dans un pays dont la gauche disait qu’il touchait le fond, elle a décidé de creuser ! Les Français étaient prévenus : pour la troisième fois, après 1981, et 1997, le Parti socialiste et ses alliés vont faire le contraire de ce qui se fait ailleurs, et notamment dans les pays qui s’en sortent, et vont systématiquement approfondir les travers dont nous souffrons.

Nous subissons depuis de longues années un chômage insupportable, alors même que plus qu’ailleurs un partie importante de la population bénéficie d’un emploi public ou protégé, dont le coût n’est pas sans incidence sur l’emploi global. Ce sous-emploi dans l’économie marchande s’explique par nos faiblesses en termes d’attractivité et de compétitivité, par le poids des charges, par le nombre des contraintes, par la complexité de la réglementation. Afin de combler le trou de l’emploi des jeunes et des seniors, le sapeur Hollande va donc instaurer les Contrats de génération : on va donc compliquer davantage, avec des seuils, contraindre plus, avec des pénalités pour ceux qui ne se conformeront pas, creuser les déficits, avec les aides qui s’ajouteront aux allègements pour les bas salaires, sans accroître notre compétitivité et sans doute en décourageant les investisseurs étrangers.

Le logement aussi connaît un creux : même recette, on creuse, on complexifie, on pénalise. Alors que les effets du plan de relance, donc de l’injection d’argent public s’estompent, l’État va donner les bijoux de famille, les terrains qu’il possède, pour qu’on y construise des logements et il va renforcer la loi SRU, en augmentant le quota de logements sociaux et les pénalités des communes qui ne se soumettront pas, avec le risque déjà vécu d’une fuite des populations aisées aux frontières, d’une augmentation de la fiscalité locale et de ses injustices, et d’une atteinte au pouvoir d’achat des classes moyennes, qui seront de toute manière, et avec l’augmentation de la CSG, les grandes victimes de la politique menée.

Enfin, une tarification progressive du gaz et de l’électricité va être instaurée, avec des tarifs qui ne dépendront pas du marché, mais de critères politiques et sociaux, de l’isolation thermique, du nombre de personnes habitant le logement etc… À nouveau des seuils, de la complexité, de la contrainte et du contrôle. Il faudra des agents pour réguler tout ça. On n’évitera pas les effets pervers des seuils avec ceux qui cumuleront les allocations et les allègements et ceux qui se contenteront de travailler de plus en plus pour gagner de moins en moins. On n’évitera pas les absurdités : la famille pauvre sera-t-elle avantagée parce qu’elle est pauvre ou nombreuse ou désavantagée parce qu’elle n’aura pas eu les moyens d’isoler son habitation ?

Nos voisins allemands qui ont eu le courage de faire des réformes pour digérer notamment l’héritage indigeste de l’économie socialiste de l’ex-RDA, et qui ont réformé dans la continuité sous des Chanceliers SPD ou CDU (Harz, TVA) nous regardent avec effarement : les socialistes français sont les derniers à défendre l’État dirigiste et nounou, ils n’ont pas les moyens de le financer et demain, comme les autres, ils vont nous demander de payer. A travers le contre-sens de notre sapeur national, c’est clairement l’avenir de l’Europe qui est en cause !

*Christian Vanneste est un ancien député UMP du Nord.

Lire aussi :
> Le Sapeur Camember, grand précurseur de Keynes, par Charles Gave

Autres articles

1 Commentaire

  • martel , 7 Sep 2012 à 14:54 @ 14 h 54 min

    L’image est belle. C”est bien vrai, les gouvernants n’ont de cesse qu’à nous enfumer, commissions, réunions, réflexions, Et quand ils ont fait le tour, ils dansent : un pas en avant et deux en arrière. L’argent? Aucun problème, ils le prendront là où il y en a, mais, attention avec justice .(ils sont de gauche) où? quelle question? Les journalistes, sportifs, chanteurs seront exonérés, (ce sont ses électeurs inconditionnels) Quant aux classes moyennes, elles supporteront le déficit, par contre les immigrés illégaux bénéficient du remboursement des frais médicaux sans n’avoir jamais verser un euro à la S.S. C’est vrai l’image du sapeur Camember est belle, c’est bien celle de nos gouvernants.

Les commentaires sont fermés.