L’islam dans le monde du travail : entretien avec Michel Olivier

L’islam dans le monde du travail : entretien avec Michel Olivier

Comment en êtes-vous venus à vous intéresser à l’islam dans le monde du travail ?

En 2016, Philippe Lobjois et moi-même avons publié chez Fayard « Ne pas subir, petit manuel de résistance en temps de guerre terroriste », un livre écrit entre le massacre du Bataclan et les attentats de Bruxelles. Il a attiré l’attention de David Montbel, jeune universitaire français travaillant sur l’islam radical. Il avait en particulier mis à jour, à la lecture des revues en ligne de Daech et d’Al Qaïda, l’existence d’une véritable stratégie du djihad économique. Elle a montré son efficacité en déstabilisant l’économie de l’Egypte, de la Tunisie ou de la Turquie par une série d’attentats entre 2015 et 2017. Même en France, l’économie a subi le contre-coup du terrorisme. Pourtant, notre enquête nous a conduit à saisir une dimension cachée, presque indécelable pour le grand public, de cette stratégie de conquête : la pénétration du monde du travail par l’idéologie islamiste. Les djihadistes nous livrent cette bataille sans bombe, en retournant contre nous le code du travail. Et ils le font avec beaucoup d’efficacité.

Quels sont les secteurs les plus touchés?

Ce sont les activités de main d’œuvre qui sont le plus touchées, là où se trouvent d’importants rassemblements de salariés à qui l’on confie des tâches d’exécution. On peut citer l’industrie automobile, l’agro-alimentaire, le BTP, la logistique, le nettoyage. Ces secteurs sont d’autant plus perméables qu’ils ont recours à des intérimaires, pour lesquels les entreprises utilisatrices n’ont pas de moyens de contrôle. Mais aujourd’hui, des entreprises constatent aussi des cadres au comportement inquiétant, comme ce directeur d’agence bancaire qui fermait son établissement situé en Seine Saint-Denis à l’heure de la prière, qu’il dirigeait lui-même pour tout le personnel. Et il y a aussi des secteurs plus stratégiques qui sont ciblés : selon les services de renseignement, les prestataires des aéroports de Paris figurent dans la liste de ces entreprises. Le responsable de la sécurité d’ADP nous a confié que plus d’une centaine de salariés se sont vus retirer leur habilitation à travailler « côté piste » depuis 2015. Enfin, le cas de la RATP est devenu emblématique, puisqu’un des terroristes du Bataclan était un ancien machiniste de la régie. Lire la suite de l’entretien !

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1Commentaire

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  • C.B. , 7 mars 2019 @ 14 h 14 min

    À moyen terme, sera payant ce qui n’a pas été fait (alors que cela aurait pu et dû être fait) dans les années 70: remplacer par des machines (aujourd’hui des robots) le travail effectué par de salariés à qui l’on confie des tâches d’exécution. Ces dommage, car ça accentuera la déshumanisation du monde.

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