Démission

Chers tous,

Nous n’avons aucune revendication à formuler. Rien. Nous n’attendons rien de vous. Faites ce que vous voulez.

Mais soyez prévenus : nous ne produirons plus rien ; pas en France du moins. Nous ne créerons plus d’entreprises, nous n’écrirons plus de musique et nous ne publierons plus de livres. Vous n’aurez rien à taxer ; pas un centime. Vous devrez trouver un autre moyen. Sans nous.

Nous allons cesser de vous exploiter, de vous vendre des produits dont, à ce qu’il parait, vous ne voulez pas. Si vous voulez un travail et de quoi remplir votre garde-manger, demandez à l’État. Si vous voulez un toit sous lequel dormir, demandez à l’État. Si vous voulez des vêtements pour vous protéger du froid, demandez à l’État. Après tous, n’est-ce-pas ce que vous vouliez ?

Nous allons cesser de gagner de l’argent. Nous vous laissons vos euros. Prenez-les tous jusqu’au dernier et assurez-vous de n’en oublier aucun. Quand vous aurez faim, nos restaurants seront fermés ; vous pourrez manger vos euros. Quand votre toit s’effondrera ; vous pourrez vous abriter sous vos euros. Quand vos enfants seront malades ; donnez-leur donc quelques euros.

Vous allez enfin vivre dans le monde dont vous avez rêvé. Un monde sans nous ; sans exploiteurs, sans marketing, sans marchés, sans capitalisme, sans liberté. Vous allez enfin pouvoir expérimenter vous-même les conséquences logiques de votre morale. Vous allez enfin pouvoir décroître et vous sacrifier – vous et vos enfants – à un idéal plus noble que la poursuite de votre bien-être matériel.

Mais ce sera sans nous. Nous ne serons plus là pour régler vos factures. Nous allons nous contenter de regarder votre monde s’effondrer. Nous ne ferons rien. Ne vous inquiétez pas pour nous. Nous n’avons pas besoin de vous.

> le blog de Georges Kaplan

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10 Comments

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  • Goupille , 9 octobre 2012 @ 22 h 50 min

    C’est en effet ce qui fait la différence : la France n’est pas une idée abstraite qui serait née des Lumières et de la Révolution, une idéologie qui a atteint ses limites et va mourir sous ses excès mêmes.

    La France, c’est une terre, un peuple, une histoire, du sang, des larmes, un projet commun, un héritage. Et une reconnaissance. Quiconque a fait des études grâce à l’effort fiscal de l’ensemble d’une Nation se doit de lui restituer ce qu’il a acquis grâce à elle. Quel qu’en soit l’inconfort.

    Qui vous force à être “fonctionnaires” ? Nous mourons tous d’asphyxie à cause de ces pisseurs de réglementations et de paperasses que sont nos administrations obèses sous tutelle internationale.

    Vous êtes suffisamment nombreux à vouloir entreprendre dans la liberté, vous avez pour vous le poids économique et social que vous représentez, et la force de chantage afférente auprès des “décideurs” politiques (puisque tout dans ce pays fonctionne désormais sur une juxtaposition de systèmes d’intimidation et de rapports de force…), vous avez des organisations professionnellles puissantes : si tous les entrepreneurs français font simultanément la grève de la paperasserie, des règlementations imbécilles et réintroduisent de la vertu dans le système, Bruxelles toussera, mais vous aurez gagné.

    Evidemment, pour cela, il faudrait que vos organisations professionnelles choisissent leur camps… Que le MEDEF et Parisot cessent de rouler pour l’OMC.

    Moi, j’y crois à ce peuple. Et j’ai choisi d’y croire. Et je croise de plus en plus de jeunes qui, en dépit du travail de sape de l’Education Nationale et autres collabos, y croient et se battront pour qu’il vive. Et que leurs enfants en soient.
    Et cette détermination n’a pas de prix et vaut tous les sacrifices.

  • Goupille , 9 octobre 2012 @ 23 h 07 min

    Plus de chercheurs ? Justement le jour où nous obtenons un prix Nobel…

    La médiocrité dont ils se satisfont ?
    Anecdote : le syndrome Madame B., aujourd’hui décédée, ancienne garde-barrière, veuve d’un alcoolo proche delirium tremens, qui me disait : “Bôf ! La télé, il n’y a que des idioties… Il y a des choses bien, mais c’est tard…”

    Ne méprisez donc pas tant le peuple. Il n’attend que ses élites “rayonnantes, cultivées et riches” organisent une grève de la Redevance, par exemple, et contraignent les gouvernements à mettre la culture à la disposition de tous.
    La Culture, à la Malraux, pas la sous-culture à la Jack Lang, ou les escroqueries de “l’Art contemporain”…

  • Gérard , 10 octobre 2012 @ 17 h 41 min

    Vous avez raison … autant les uns que les autres ! Nous sommes tous des patriotes. Mais nous ne réagissons pas tous de la même façon. Tout le monde peut comprendre qu’il faille rester pour se battre mais tout le monde peut aussi comprendre l’écoeurement des autres. Personnellement je dénonce, je me bats, j’enrage, je milite et je me rends compte que … je mijote ! Je suis de ceux qui pensent qu’il n’y a plus rien d’autre que la révolte pour retrouver nos vraies valeurs.

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