Le statut des auto-entrepreneurs menacé ?

Cyrille Darrigade est en persuadé : “les députés” veulent forcer les auto-entrepreneurs à “[produire] une attestation fournie par un professionnel de l’expertise comptable afin de prouver qu’ils [tiennent] les documents prévus par le code des impôts. Et que les déclarations de chiffre d’affaires déposés auprès de l’Urssaf [sont] sincères.” L’amendement (allant dans ce sens) présenté par Charles de Courson a beau avoir été écarté, notre attaché de presse indique dans un communiqué avoir reçu une lettre du député de la Marne lui expliquant qu’il ne renonçait pas à son projet. L’élu “irait même plus loin en proposant non seulement le contrôle par un expert-comptable mais aussi la limitation dans le temps du statut d’auto-entrepreneur aux trois premières années de lancement” !

Lobbies. Faut-il y voir là “l’action des lobbies du BTP et de l’artisanat à la veille d’échéances électorales” comme le prétend Cyrille Darrigade ? De quoi le décider, en tous les cas, à créer le Mouvement des auto-entrepreneurs de France (MAEF) dont l’objectif déclaré est “de protéger ce statut et de faire entendre les arguments de ses confrères”. Darrigade prévoit déjà un “tour de France dans les prochains jours pour recueillir les doléances et attentes des auto-entrepreneurs”. Hors de question pour lui de revenir sur “ce statut qui a permis de créer 900 000 structures, de générer 5 milliards d’euros de chiffres d’affaires et près de 600 millions d’euros de recettes fiscales pour l’Etat” mais qui participe tout de même au grand mouvement de précarisation des individus et des familles.

Entrave à l’économie. « Nous n’allons pas nous laisser tondre la laine sur le dos comme des moutons. Nous allons nous battre comme des chiffonniers ! », prévient-il. « Ce statut, dont beaucoup d’entre nous rêvaient (…) depuis des années, pour faciliter la production de nouveaux revenus dans un régime social juridique et fiscal honnête, ne doit pas être modifié. Revenir en arrière sur quelque disposition que ce soit serait une entrave à notre économie et une aberration en pleine crise où ce statut créé des emplois et de la richesse ».

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3 Commentaires

  • Roman Bernard , 12 décembre 2011 @ 18 h 05 min

    « qui participe tout de même au grand mouvement de précarisation des individus et des familles »

    Pourquoi ?

  • Eric Martin , 12 décembre 2011 @ 18 h 26 min

    Prenons par exemple la situation d’un père de famille à qui on a fait miroiter une embauche (CDI) qui est finalement poussé à créer son autoentreprise avec pour conséquence un salaire irrégulier (en fonction des prestations) et la possibilité, pour son client, de cesser la collaboration quand bon lui semble… Ce alors que le remboursement du prêt contracté pour acheter une maison tombe chaque mois (aucune incertitude) et ne varie pas, etc

    Et après, cet homme qui serait, cinq ans plus tôt, devenu salarié, comptera dans les statistiques des autoentrepreneurs alors qu’il est de facto un salarié précaire.

  • xavier Charmoy , 7 janvier 2012 @ 17 h 27 min

    Parce que, selon vous , le statut de salarié, trop souvent esclave moderne, est préférable à celui d’entrepreneur, libre de son temps et de ses actes…?

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