Investir dans les marchés frontières, vraie ou fausse bonne idée ?

Investir dans les marchés frontières, vraie ou fausse bonne idée ?

par William Colbes

Alors même que les performances boursières des marchés frontières ne cessent d’impressionner, bon nombre d’investisseurs individuels hésitent encore à franchir le pas. Les risques associés à de tels investissements sont en effet bien réels et ne doivent pas être sous-estimés. Néanmoins, ce sont bien dans ces marchés frontières que se trouvent les plus belles perspectives de profits.

Bien qu’en réalité chaque investisseur soit unique, il est schématiquement possible de les classer en trois types de profil: les investisseurs prudents, les investisseurs ayant une sensibilité moyenne au risque et enfin les investisseurs recherchant avant tout à obtenir les meilleures performances. Pour ces derniers, la prise de risques est une nécessité. En effet, risque et performance sont fortement corrélés et il serait illusoire de rechercher la performance sans prise de risque.

Miser sur l’énorme potentiel des actions des marchés frontières; même si croissance économique et performance boursière ne doivent pas être confondues.

En termes de performance pure, et sur un horizon de long terme, les actions constituent indéniablement le meilleur type de placement; et ce sont les marchés frontières qui offrent les plus belles perspectives de gains. Ces marchés, situés à un stade de développement plus précoce que celui des pays émergents, se caractérisent par une forte croissance économique et par des dividendes bien plus importants que dans les marchés des pays développés. La croissance économique d’un pays en elle-même n’est pas garante de la performance boursière d’un pays. En effet, même s’il n’en reste pas moins vrai que sur le long-terme la croissance économique d’un pays et la performance de son marché boursier sont corrélés, cette corrélation s’avère plus faible que ce que l’on pourrait penser de prime abord.

Cependant, investir dans les actions de marchés frontières c’est aussi s’exposer à des risques importants tels que le risque de change ou encore le risque politique. De plus, les gérants et analystes couvrent moins ces marchés et il est de ce fait bien plus difficile d’accéder à des informations financières fiables.

Nigeria et Vietnam, stars des marchés frontières

Les pays émergents sont bien connus du grand public et incluent des pays tels que le Brésil, le Chili, le Mexique ou encore la Chine et l’Inde. Lesmarchés frontières sont quant à eux moins nombreux et englobent entre autres le Vietnam, l’Argentine, le Nigeria ou encore le Bangladesh.

Une récente étude conduite par PricewaterhouseCoopers a mis en lumière les changements économiques radicaux que le monde devrait connaitre d’ici 2050. Six des sept plus grandes économies du monde devraient être des économies émergentes en 2050, avec en tête la Chine (1er), l’Inde (2ème) et l’Indonésie (4ème).

Les marchés frontières quant à eux s’envoleraient, notamment le Nigéria et le Vietnam.

Le Vietnam serait en effet le pays faisant le bond le plus important passant ainsi de la 32eme place mondiale a la 20eme en l’espace de seulement 34 ans. Un véritable miracle économique que le pays Asiatique devrait notamment à ses profondes réformes économiques.

Plusieurs options s’offrent aux investisseurs désirant investir au Vietnam. Les investisseurs peuvent opter pour des fonds indiciels négociables (les fameux ETF), pour des fonds spécialisés ou enfin décider d’investir directement avec ou sans l’assistance d’experts financiers.

Le fond indiciel négociable VanEck Vectors Vietnam est sans aucun doute l’option la plus connue pour investir au Vietnam. Le fonds couvre environ 70% des sociétés cotées ou domiciliées au Vietnam ou générant la majorité de leurs revenus au Vietnam. Cependant, les performances de ce fond ont été particulièrement décevantes au cours des dernières années et de nombreux investisseurs cherchent désormais d’autres moyens d’investir au Vietnam.

Le fond VinaCapital Vietnam Opportunity n’est quant à lui pas encore très connu du grand public mais le conseil d’administration de la société s’emploie à changer cela. Les récentes performantes du fond ainsi que l’expérience et la qualité des gestionnaires du fonds en font un élément de choix pour investir au Vietnam.

Enfin, Anh Thomas Investment, une société privée francophone de conseils financiers, se démarque des fonds par une approche visant les investisseurs individuels. De manière comparable au fond VinaCapital, on retrouve ici une équipe de gestionnaires hautement qualifiée et des performances pour le moins impressionnantes.

Les investisseurs cherchant à investir directement doivent ouvrir un compte de courtage. Il existe plus de 100 courtiers au Vietnam. La part cumulée des 10 plus important d’entre eux représente environ 60% de l’ensemble du marché.

Il y a de nombreuses raisons d’être optimiste sur le futur du Vietnam et des autres marchés émergents. Le monde ne cesse de changer et même si personne ne peut prédire l’avenir avec certitude, l’histoire a bien souvent montré que les meilleurs investisseurs sont presque toujours ceux qui ont eu le courage de prendre des risques.

À propos de l’auteur :

William Colbes est un journaliste financier Franco-Australien avec plus de 20 ans d’expérience. Ayant fait le choix de cette spécialisation durant ses années universitaires. Il est maintenant réputé pour ses analyses financières poussées et ses techniques d’interview efficaces. Il réside à Hong Kong la majorité du temps et concentre actuellement ses recherches et articles sur les marchés émergents et frontaliers avec une attention spéciale sur les pays asiatiques. William ne détient aucun intérêt dans les entreprises citées dans ses articles.

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