Un mistral conservateur pour Marseille

À Marseille, les élus en piste pour les élections municipales du PS et de l’UMP ont concocté un produit de leur mauvaise cuisine politicienne que Valls a appelé pompeusement « Pacte National » et qu’on nommerait plutôt « bouillabaisse » si ce n’était pas faire injure au célèbre plat phocéen. Une pincée de policiers municipaux de Gaudin, une poignée  de policiers nationaux, une gousse d’ail de Guérini, le Président du Conseil Général avec le financement d’une “vidéoprotection”, montrent la bonne volonté des uns et des autres, mais ce coup de projecteur sur l’union sacrée des « coquins de sort » fait oublier l’essentiel : Marseille n’est pas un cas isolé. La drogue est présente dans de nombreuses banlieues. Les coups de filet trop réussis entraînent de nombreux impayés dans les HLM les mois qui suivent. Alors pour la paix sociale, les règlements de compte pour la maîtrise des territoires, et un trafic qui tourne autour de deux milliards d’euros ont tendance à faire partie du paysage. La solution envisagée par notre ministre de l’Éducation nationale ou par les Verts serait de légaliser le cannabis. Outre que celui-ci ne représente que la moitié du marché de la drogue, il serait paradoxal d’encourager le marché d’un produit au moins aussi dangereux pour la santé et pour la sécurité routière que le tabac ou l’alcool. Il est vrai que ces derniers inscrits dans nos habitudes et même parfois dans notre culture nationales ne font pas frémir d’un subtil parfum de transgression les narines de nos pastèques soixante-huitardes…

Il faut donc s’attaquer à la drogue « à bras le corps » comme l’a déclaré solennellement la ministre et néanmoins candidate à la Mairie de Marseille (Marie-Arlette Carlotti). Cette formule décisive et aussi pleine de sens que de fermeté souligne combien le « Pacte National » a fait évoluer les mentalités. Avant, on ne faisait rien. Maintenant, on parle pour ne rien dire. Le vrai problème est que le monde est devenu une gigantesque passoire, et que l’Europe, les pays qui la composent au sein de l’Union européenne et de l’espace Schengen, ont les trous les plus larges. Le marché des armes est en tête, suivi de la drogue. Le pétrole n’arrive qu’en troisième position. Il n’échappe à personne que si le troisième est licite et organisé, le premier laisse une place au trafic et à la revente illicite et le second est totalement illégal. Le lien entre celui-ci et la circulation des personnes entre les deux rives de la Méditerranée n’est pas un secret non plus. En amont, il y a la délinquance destinée à se procurer de l’argent pour acheter les produits et en aval la violence dont le but est de contrôler le marché. La solution ne réside évidemment pas dans le traitement social ou médical. Les revenus issus de la drogue sont sans commune mesure avec ceux d’un travail honnête : par mois, à Marseille, c’est 4 800 euros pour un guetteur, 5 000 pour une « nourrice » qui la conserve, et 9 000 pour un dealer qui peut atteindre les 100 000, s’il est performant. Quant aux injonctions thérapeutiques, elles ont l’efficacité des suivis judiciaires que Mme Taubira veut accroître. Il est à noter, d’ailleurs, que si les peines prévues sur le papier sont lourdes, elles ne sont pas appliquées. Certes, l’organisation du trafic est punie de la réclusion à perpétuité, la participation expose à des peines de 20 ou 10 ans de prison, mais la « cession » de produits pour usage personnel tombe à 5 ans… Tiens, le seuil pour éviter la cellule selon notre ministre… Un producteur de télévision célèbre était, semble-t-il, habitué à dépenser 8 000 euros par mois pour sa cocaïne. Le parquet de Nanterre a requis contre ses fournisseurs une peine de 6 mois à 2 ans. Il paraît pourtant évident que les sanctions dans une affaire aussi publique auraient dû être exemplaires. Les « personnalités » qui, au travers de leur notoriété, notamment auprès des jeunes, ont, par leur comportement ou simplement par leurs propos, un effet d’entraînement, devraient d’ailleurs faire l’objet de poursuites et d’une répression sévère. Singapour applique la peine capitale pour la détention de 500 g de cannabis, 30 g de cocaïne ou 15 g d’héroïne. Ce pays classé en tête sur le plan économique, plaque tournante du commerce mondial, est particulièrement exposé. Il fait face au problème avec détermination. On peut sans doute regretter la peine de mort, mais elle est plus efficace que la remise en liberté…

Les deux ou trois cuillères de sel en provenance des contribuables ne vont pas changer le goût de la soupe marseillaise. Le problème du trafic de drogue, comme celui du terrorisme, ou de la délinquance en général est lié à l’absence de politique sérieuse de l’immigration, du droit de la nationalité et du contrôle des frontières. Que ceux qui souhaitent l’arrivée massive de nouveaux électeurs ne cherchent pas à le résoudre n’est pas une surprise. Que ceux qui ont beaucoup parlé et peu agi n’inspirent plus guère confiance n’est pas étonnant. À l’est de Singapour, un vent conservateur s’est levé sur le pacifique, avec le retour de Shinzo Abe au Japon, et la victoire récente de Tony Abbott en Australie. La France n’a jamais eu l’audace de gonfler ses voiles avec ce vent-là. Il est plus que temps !

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8 Commentaires

  • mariedefrance , 9 septembre 2013 @ 12 h 21 min

    Et vous Mr Vanneste, auriez-vous invité le Front National pour faire la “bouillabaisse” ?

    La French Connection a repris du service depuis pas mal d’années, n’est-il point ?
    Du bla….bla….. bla ….. comme dirait Hermeneais.
    il faut juste les envoyer à l’école de NYC et mettre en pratique les mesures drastiques qu’ils ont peur d’énoncer.

    On peut se demander pourquoi ils hésitent, n’est-il point, because 2014 !
    Même Guérini a plongé dans cette piteuse soupe aux poissons.

    Fallait oser !

  • DN , 9 septembre 2013 @ 12 h 29 min

    Il serait en effet grand temps de VRAIMENT taper dans la fourmilière. En 2 à 3 vastes coups de filet, envoyons ces arrogants mafieux dans une forme moderne de bagne à Cayenne, Wallis et Futuna ou Nouvelle Calédonie. Le climat et le travail (routes, déforestation…etc) les calmera et la paix civile reviendra instantanément.
    Faisons la même chose avec les assistés de tout poil : 60000 postes à pourvoir rien qu’en Savoie dans le bâtiment et les services. Sans compter les métiers de bouche, boulangeries, boucheries, MIN de Rungis qui ne trouvent aucun courageux…
    Travail refusé = finie la bonne soupe ! A 20 ans, c’est plus gratifiant de travailler en plein-air que de toucher le RSA en regardant la télé !
    Fondons un nouveau parti : BSR (le Bon Sens Retrouvé)

  • DN , 9 septembre 2013 @ 12 h 37 min

    On ne pourra pas faire l’économie d’une arrivée au pouvoir du Front National (ou parti de même teneur) dans les prochaines années.
    Sauf qu’à ce moment-là, nous serons déjà au bord d’une guerre civile qui entraînera inéluctablement une néo-féodalité, certaines portions de territoire faisant sécession dans le sens islamiste ou français. Lorsque je dis “français” je ne dis pas “républicain” ou “libéral” ou “socialiste” ou “de progrès” et autres bobards de la même eau.
    Je dis simplement FRANCAIS au sens de ce que ce mot signifie depuis l’an 496.

  • Bernard , 9 septembre 2013 @ 13 h 58 min

    ” Avant, on ne faisait rien. Maintenant, on parle pour ne rien dire….” dites vous !
    Preuves, s’il vous en fallait, que cela fur ainsi de tout temps, que UMP ou PS = des NULS
    Oui, DN, ” Fondons un nouveau parti : BSR (le Bon Sens Retrouvé ” quand sera présent
    En attendant, votons FN, et unissons nous contre l’ UMPS, parti unique !

  • Républicain non aliéné , 9 septembre 2013 @ 14 h 08 min

    Du vent et des gesticulations, comme d’habitude. En vérité ils négocieront avec le milieu crapuleux pour “réguler” voire “étaler” les tueries sur quelques mois/semaines, puis ils iront se vanter des résultats devant les caméras ou bien ils s’arrangeront pour que les canards en parlent moins, réduisant la visibilité de ce qu’il se passe vraiment là-bas.. Le procédé n’est pas nouveau.

  • ymrpp , 9 septembre 2013 @ 14 h 38 min

    Le premier acte de ce Pacte devrait être l’éradication totale de la corruption qui existe (selon quelques spécialistes, et entendu chez Y. Calvi sur France 5) dans la Police Marseillaise

  • PG , 9 septembre 2013 @ 14 h 57 min

    Inénarrable VANNESTE qui éditorialise pompeusement partout sur le retour nécessaire des idées et programmes de droite, mais que son appartenance à l’UMP, et ses allégeances moins connues empêchent qu’il évoque ne serait-ce que le mot ”droite nationale”. Front National” n’en rêvons pas, il ne se souvient de ce parti que lorsqu’il est candidat et qu’il sonde discrètement les responsables du versant nord-est de al métropole lilloise pour leur demander un soutien au second tour.
    Et voilà comment cet homme qu’on nous présente comme politiquement incorrect, comme d’ordinaire Mme BOURGES, affecte de considérer comme elle que 25 % des Français (beaucoup plus sur certains arrondissements marseillais) n’existent pas, que la droite nationale n’existe pas, parce qu’elle n’est pas aussi à droite qu’eux qui ont été logé, ont travaillé, été élus et rémunérés depuis 25 ans par le RPR et l’UMp de la décadence, ou des entreprises proches et que eux n’existent que par leurs seuls mérites personnels, alors qu’il est évident que sans le FN qui a maintenu et relancé tous les thèmes de la droite française traditionnelle, leur espace d’expression à eux serait nul. Le type même de ces gens qui tentent de nous convaincre que c’est eux qui ont inventé l’eau chaude de droite, alors qu’ils ont barboté en eau tiède durant deux décennies sans aucun problème, en attendant de revenir à l’UMP, avec le soutien des catholiques assez gogos pour croire que Buisson, Peltier, Vanneste, et Bourges referont un second Front National, mais dans le système et avec son accord.
    Parce que là est LEUR problème : ne pas approcher, tel le chien famélique de La Fontaine, du FN, et préférer le canidé gras et heureux mais qui porte les marques de son collier, lequel est bien fixé au bout de sa laisse.

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