Chute de l’Empire romain : la faute au socialisme ?

Thomas Couture, Les Romains de la décadence, 1847

Philippe Fabry, dans son ouvrage Rome : du libéralisme au socialisme, soutient que l’effondrement de l’Empire romain est dû à la mise en place d’un socialisme impérial. Il reprend à son compte l’explication avancée par Montesquieu dans ses Considérations sur les causes de la grandeur des Romains et de leur décadence. La liberté serait la cause de l’ascension de la République romaine et son recul progressif aurait entrainé la chute de l’Empire.

Rome fut d’abord dirigée par des rois étrusques. En 509 avant Jésus-Christ, les Romains renversèrent la monarchie et instaurèrent une République. Un système de magistratures duales fut institué. Deux magistrats occupaient la même fonction en même temps pour un délai d’un an. Chaque décision devait être approuvée par les deux magistrats. Ce système fut inventé pour empêcher la dictature.

La République avait besoin de soldats pour la défendre. Mais les plébéiens, insatisfaits du gouvernement oligarchique patricien, firent la grève du service militaire. Les plébéiens obtinrent alors la création des tribuns chargés de défendre leurs revendications devant le Sénat. En 450 avant Jésus-Christ, la loi des douze tables fut gravée dans le bronze. Elle garantissait les mêmes droits aux patriciens et plébéiens : droit de commercer et de propriété, droit au mariage et droit d’intenter des actions devant les tribunaux romains.

Cette exception républicaine dans un monde de despotes fit de Rome une cité attractive pour les peuples voisins. Cette fascination pour Rome se révéla utile quand Hannibal envahit l’Italie. Il comptait entraîner les peuples soumis à Rome avec lui. Mais ils refusèrent d’échanger la douce tutelle romaine contre la tyrannie d’un conquérant carthaginois. Les guerres puniques provoquèrent un changement important. La victoire contre Carthage permit l’annexion de nombreux territoires et l’afflux d’un grand nombre d’esclaves. L’État romain se transforma en distributeur du butin pris aux vaincus.

Ce nouveau modèle économique impliqua la nécessité de conquêtes sans fin pour alimenter les jeux du cirque et les distributions gratuites de pains aux Romains. L’Empereur devait remplir la fonction de chef de guerre mais les redistributions dépendaient des aléas de la guerre. L’État impérial se retourna vers les citoyens romains pour assurer les rentrées fiscales. L’édit de Caracalla en 212, qui accorda la citoyenneté romaine à tout homme libre habitant l’Empire, parait généreux mais il s’agissait d’un moyen pour assujettir tous les hommes libres aux impositions pesant sur les citoyens romains.

L’État impérial glissa progressivement vers un socialisme liberticide. En 297, l’empereur rendit les corporations obligatoires pour les artisans afin de diriger la production. On développa les manufactures d’État dont les ouvriers étaient marqués au fer rouge et qui transmettaient leur profession de manière héréditaire. Les impôts s’alourdirent pour assurer la survie de la bureaucratie impériale. Dans les campagnes, des paysans préféraient laisser les champs en friche plutôt que de les cultiver pour échapper à la pression fiscale. L’État réagit en liant les paysans à leur terre avec laquelle ils pouvaient être vendus. La répression politique fut un autre point commun avec la société socialiste : les chrétiens furent persécutés car ils refusaient de se soumettre au culte du chef d’État.

Ainsi, les invasions barbares sont la cause efficiente de la chute de l’Empire romain mais la cause profonde est l’instauration d’un régime socialiste qui a anesthésié le dynamisme économique. Cette théorie sur la chute de l’Empire romain apporte un éclairage sur la chute récente de l’Empire soviétique et donne à réfléchir sur les difficultés actuelles de la France.

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17Commentaires

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  • Pharamond , 13 octobre 2014 @ 18 h 00 min

    NDF baisse vraiment de niveau!
    L’article est simplificateur, pour ne pas dire grossier. L’étatisme, la centralisation et la bureaucratie ne sont pas proprement socialistes (ou alors, il faut voir Louis XIV comme le précurseur de Fanfan Ier la Tulipe!).
    Quant au “poison égalitaire” de Monsieur Couvert, il faut alors imaginer que la période allant de 500 à 1789 (!) n’est qu’une vaste blague?
    Rome est morte parce que les Romains sont morts. Ils n’ont plus trouvés en eux la force d’âme nécessaire à la survie. C’est la loi des civilisations qui naissent, vivent et meurent (Marcel De Corte est génial sur le sujet). Quant aux raisons, elles s’additionnent toutes, et il suffit de lire un page de journal aujourd’hui pour en connaître les grandes lignes.

  • Chilbaric , 13 octobre 2014 @ 19 h 12 min

    Honneur à Odoacre , qui a euthanasié ce Vampire …

    Plutôt que raconter des conneries sur Rome,il serait plus pertinent de relire l’Illyade.

    Cassandre que nul n’écoute (parce qu’Apolon lui a craché dans la bouche).
    Le Cheval de troie (l’immigration) regardé comme un cadeau des dieux par les Troyens, et tiré en grande pompe de la plage pour l’amener au coeur de leur cité.

    http://retromigration.wordpress.com/2014/06/25/the-great-replacement/

    Les envahisseurs (les bamboulosarrasins) qui sortent de son ventre (la maternité) dans la nuit (des statistiques de l’INSEE).
    Les portes grandes ouvertes par les susdits.
    Le massacre et l’incendie final.

    Au passage, qui joue le rôle du rusé Ulysse, le génial inventeur du Cheval de troie, dans cette affaire, je laisse cette question aux “Atalologues” (ou au Boumediennologues)….
    —–
    Cela dit, les Romains,justement,avaient complété le mythe grec à leur avantage. Il y a bien quelques Européens qui, tel Enée, quand la cité sera en flamme, partira fonder autre chose ailleurs avec sa petite famille, plutôt que de crever bêtement pour rien.

    wiki dixit : “Énée s’enfuit en portant son père, Anchise (nos traditions), accompagné de son fils Ascagne” (nos lignées européennes).

    http://retromigration.wordpress.com/2014/08/13/le-jour-dapres/

    La seule alternative honorable et vivable à l’échec – éventuel, car la bifurcation est proche, mais tout n’est pas perdu – de la rétromigration des allogènes sera l’émigration des derniers indigènes : telle est ma conviction.

  • V_Parlier , 13 octobre 2014 @ 19 h 47 min

    Pensez vous que les esclaves cachés ne peuvent pas s’affranchir, eux aussi? Pour le reste, je pense que mon commentaire n’est pas concerné, ou alors je ne suis pas assez subtil.

  • urgande , 14 octobre 2014 @ 12 h 57 min

    et les matchs de foot? les voilà les jeux du cirque avec leurs mercenaires!!

  • scaletrans , 14 octobre 2014 @ 14 h 37 min

    Ça Cogne ! Mais qu’est-ce que c’est bon !

  • montecristo , 14 octobre 2014 @ 19 h 21 min

    Bernard DUJARDIN

    Archi faux !
    Ce sont des historiens peut-être un peu trop chrétiens qui donnent ces raisons.
    Jamais les moeurs n’ont été la cause de la décadence d’une civilisation.
    La politique, les guerres, les invasions, la religion sans doute … oui … mais pas les moeurs !

  • scaletrans , 14 octobre 2014 @ 22 h 52 min

    Disons que les mœurs font partie d’un tout qui concours à la décadence d’une société.

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