Les libéraux divisés sur le « mariage » homosexuel

Par Pierre de Bellerive*

 

Aurélien Véron, Président du Parti libéral-démocrate avait publié une tribune intitulée « Oui au mariage homo pour une famille durable ». Nouvelles de France y avait répondu par une autre tribune : « Non au « mariage » homo pour une famille durable ». Le Président du PLD avait alors rédigé une « Réponse à Nouvelles de France sur la famille durable et le mariage » en tenant, très aimablement, à nous préciser que son article exprimait son opinion mais n’engageait pas le parti qu’il préside.

Le mariage préexiste à la formation de l’Etat

Sur le site du PLD, on retrouve une tribune publiée sur Atlantico par Jan Laarman, conseiller national du parti, qui exprime son opposition a de telles idées. Dénonçant le fait que « les hommes de l’Etat cherchent à changer le sens des mots » alors que « le mariage, c’est le contrat conclu entre un homme et une femme pour unir leurs vies et tâcher d’élever des enfants. », l’auteur exprime avec justesse l’idée selon laquelle « les libéraux ont horreur que les hommes de l’Etat bricolent avec des institutions humaines qui sont nées sans eux. ». Il est tout à fait exact qu’il est ontologiquement inconcevable que l’Etat cherche à transformer une institution qui lui préexiste et qui est le fondement même de son existence. Autant scier la branche sur laquelle il est assis.

Si Jan Laarman admet que les libéraux ont œuvré pour dissoudre certaines communautés naturelles, il considère qu’aller « à l’échelon inférieur et ajouter un clou dans le cercueil déjà bien fermé de la famille nucléaire, c’est de trop ». Au contraire ajoute-t-il « cette institution mérite un soin extrême de notre part. » En effet, dans sa « Réponse à Nouvelle de France », Aurélien Véron déclarait que « la position qui fédère l’ensemble des libéraux, conservateurs ou non, c’est le fait que le mariage est une affaire privée dont l’Etat ne devrait pas se mêler(…) l’Etat devrait simplement reconnaître les mariages de couples, quels qu’ils soient, sans chercher à encadrer cette institution universelle. »

Le rôle de l’Etat dans le mariage

Il semble bon de devoir préciser ce point. Le mariage est effectivement une institution que l’Etat ne peut pas créer puisqu’elle lui préexiste. C’est le mariage d’un homme et d’une femme, ouverts à la procréation, qui permet à l’Etat d’exister d’une part et d’être pérenne d’autre part. En conséquence, l’Etat ne peut pas reconnaître « les mariages de couples, quels qu’ils soient ». S’il s’agissait « simplement » de sentiments que deux êtres éprouveraient l’un pour l’autre, l’Etat ne devrait pas s’en mêler mais ce n’est pas le cas. Le mariage est, par essence, le fruit d’une altérité et d’une complémentarité sexuelle qui produit des effets dans la société (tels que le renouvellement des générations) et se doit pour cela de faire preuve de stabilité. Le « mariage » homosexuel ne remplit pas ces critères essentiels et ne préexiste donc pas à l’Etat. En conséquence, il ne peut pas être reconnu par celui-ci.

Il n’est cependant pas anormal que l’Etat accompagne le mariage, lui défrichant le chemin mais sans le faire dévier de sa route. Le rôle de l’Etat doit être limité mais pas abdiqué. Celui-ci comprend notamment la mise en place de conditions matérielles suffisantes destinées à pérenniser les institutions dont il est le produit. Concrètement, favoriser le mariage par des exemptions fiscales octroyées aux couples mariés (c’est-à-dire ceux qui permettent la pérennité de la société) est une manière pour l’Etat d’ouvrir le chemin. En revanche, créer ex nihilo un « mariage » homosexuel reviendrait à faire dévier le mariage de la route qui lui est propre. En cela l’Etat doit avoir un rôle, mais un rôle limité, conforme à sa nature.

 

*Pierre de Bellerive est rédacteur en chef adjoint des Nouvelles de France.

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1Commentaire

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  • 0 / 10
  • paritolog , 16 septembre 2011 @ 22 h 17 min

    je ne fais juste que passer,
    je vous observe …
    pour ma part j’ai produit des analyses de fond
    mais je ne vous crois nullement capables de les intégrer,
    je préfère ne pas perdre mon temps ici car si jamais vous publiiez ce court message,
    ce ne serait pas pour élargir l’entendement mais pour vous flatter vous-même
    d’ « avoir » … du « public » …
    concrètement vous ressassez les mêmes impasses lexicales sans jamais vous défier
    des présomptions-par-les-termes …
    de la part d’un Normalien Supérieur Agrégé …

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