DOCUMENT / La France sera-t-elle encore défendue ?

Les signataires entendent appeler l’attention sur les menaces pesant sur la Défense nationale.

La « variable d’ajustement » qu’a toujours été le budget de nos armées risque une nouvelle fois d’être utilisée avec la préparation du prochain Livre blanc. Nous prenons acte des déclarations du Président de la République concernant le maintien de l’effort de défense et la reconduction des crédits de 2013 pour 2014, mais de fait les crédits seront néanmoins rognés par l’inflation. En effet, la sanctuarisation du budget de la défense en euros courants (et même constants) ne pourra pas permettre à nos armées de continuer à remplir les nombreuses missions qui leur sont assignées.

C’est donc bien une réduction des crédits qui est envisagée alors que les dépenses actuelles sont déjà insuffisantes dans la mesure où avec seulement 1,5% du PIB, les efforts actuels sont en dessous des normes de l’OTAN (2%). Au moment où les pays de premier plan (Etats-Unis, Russie), ou émergents (Chine, Inde, Brésil), maintiennent ou augmentent leurs budgets militaires, les signataires voudraient rappeler le caractère essentiel et multiforme de ce que recouvre la Défense.

La Défense, ce sont des contrats passés avec une industrie qui, dans les trois domaines du naval, de l’aérien et du terrestre, reste à la pointe de notre recherche et développement, et dont les savoir-faire pourraient disparaître faute de programmes nouveaux.
La Défense, c’est la protection des citoyens français, aussi bien sur le territoire de la France qu’à l’étranger, contre des menaces qui, loin de disparaître, prennent chaque jour des formes nouvelles.

La Défense c’est la protection des richesses de nos espaces de souveraineté, notamment maritimes, qui seront toujours plus importants pour notre nation dans les années à venir.

La Défense, c’est la possibilité pour la France, État souverain, de répondre, comme elle le fait au Mali, aux obligations qui résultent de ses accords de coopération.

La Défense c’est la possibilité de pouvoir jouer un rôle majeur dans les opérations de sécurité internationale engagées sous l’égide de l’ONU où la France doit tenir son rang de membre permanent du conseil de sécurité.

La Défense est le prix à payer pour un État qui a toujours porté les valeurs des libertés fondamentales, dans un monde où elles sont sans cesse remises en cause.

La Défense enfin est seule garante de nos libertés et de notre indépendance.

Toutes ces missions, impliquant des choix rapides et clairs, relèvent de la seule Défense nationale et elles ne pourraient être assumées dans un cadre supranational bien incapable de se déterminer résolument sur les grands problèmes.

La Défense française, des armées à l’industrie, a déjà accepté une restructuration drastique qu’aucune autre administration n’a connue, appliquant à la lettre les directives imposées par l’effort de rigueur. Le seuil limite est désormais atteint alors même que les menaces les plus diverses ne cessent de croitre, du terrorisme et de la déstabilisation au Sahel jusqu’aux gesticulations nucléaires de certains pays. Avec les missions devenues irréalisables faute de moyens, ce seraient des pans entiers de notre souveraineté qui disparaîtraient.

Universitaires et chercheurs, conscients que la Défense est le prix de la liberté et la preuve d’une volonté cimentant notre projet commun, nous mettons solennellement en garde contre le risque de son affaiblissement irrémédiable.

Coordination Observatoire d’études géopolitiques, [email protected]

Signataires :

Christophe Boutin, professeur à l’université de Caen
Charles Saint-Prot, directeur de l’Observatoire d’études géopolitiques
Thierry Rambaud, professeur de droit public à l’université Paris Descartes et à Sciences Po
Vincent Cattoir-Joinville, professeur à l’université Lille2
André Decocq, doyen honoraire, professeur émérite (Panthéon-Assas Paris)
Michel Degoffe, professeur de droit public à l’université Paris Descartes
Sophie Gaultier-Gaillard, maître de conférences HDR et référent Défense de l’université Paris 1 Panthéon Sorbonne
Olivier Gohin, professeur et référent Défense à l’université Panthéon-Assas – Paris
Nicolas Haupais, professeur de droit public à l’université d’Orléans.
Grégory Houillon, maître de conférences à l’université de Poitiers
Jean-Jacques Lehot, professeur et référent Défense de l’université Lyon 1
Anne-Marie Le Pourhiet, professeur à l’université Rennes 1
Jean-François Poli, doyen honoraire (université de Corse)
Frédéric Rouvillois, professeur de droit public à l’université Paris Descartes
Michel Ruimy, professeur d’économie à l’Escp-Europe et à Sciences-Po Paris
Catherine Sarlandie  de La Robertie, ancien recteur de l’académie de Caen, professeur et référent Défense de l’université de Rennes
Joanne Schmidt, professeur émérite à l’université de Strasbourg
Christian Vallar, professeur agrégé des universités, doyen de la faculté de droit et de science politique de Nice
Henri Védie, professeur émérite au Groupe HEC
Pierre Villalongue, professeur à l’université de Perpignan Via Domitia

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16Commentaires

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  • Paul-Emic , 15 avril 2013 @ 20 h 58 min

    ils sont sous autorité opérationnelle du ministre de l’intérieur depuis quelques années déjà.

  • Goupille , 15 avril 2013 @ 21 h 16 min

    Tailler dans l’armée, lui donner des fusils de bois quand le contexte international, aussi bien que la sécurité intérieure, sont aussi inquiétants… C’est de la folie.
    Une de plus.

  • Goupille , 15 avril 2013 @ 21 h 21 min

    PS, qui a à voir :
    Entendu ce soir que, par la grâce d’une loi Valls, les Roms dont on a détruit les campements à coups de bulldozers sont à même d’exiger 75 € d’indemnités par personne et par jour s’ils n’ont pas été relogés dans un délai, sauf erreur, de quatre jours…

    J’aimerais mieux une armée bien équipée, moi.

  • JEan-Gilles , 15 avril 2013 @ 21 h 55 min

    Et les lacrymos et matraques sont dans le budget de l’intérieur ou de la défense ?

  • pgf , 16 avril 2013 @ 11 h 01 min

    il n’y a pas d armée qui vaille en dehors de celle de la nation.
    la décision , par jacques chirac , de supprimer le service national fut une grave erreur , une de plus mais celle çi non imputable à la gauche , et je constate qu aucun officiers généraux n a réagit . L institution est inerte . On est loin de ceux qui en 1958 ont crée des comités de salut public pour mettre en l air la quatrième république. Le pays est avachi dans toutes ses strates et c est le fruit de 140 ans de république laxiste menée par des personnes incompétentes et souvent irresponsables.

  • patrhaut , 16 avril 2013 @ 16 h 55 min

    l’armée = officiers, sous-officiers et hommes de troupe, du matériel conséquent et, s ils sont normalement constitués, des couilles au cul : donc, qu ils prennent leur responsabilité eux aussi ! Que les troupes descendent dans la rue, occupent les points névralgiques – c est très simple : Elysée, Matignon, Chambre des députés et Sénat, Radio et TV, enfin pas la mer à boire, une douzaine de chars et cinq centaines d hommes bien menés et organisés, et tous les rats quitteront le navire et iront dans les paradis fiscaux – et passent par les armes les quelques traîtres qui resteront encore, tellement shootés à la cocaïne ou piqués à l héroïne qu ils n auront rien vu. Et si le peuple (de gauche, de l extrême gauche et d ailleurs) le prend mal : qu ils tirent dans le tas, Dieu reconnaîtra les siens. Mais surtout qu ils n oublient pas dans leur lancée de nettoyer les écuries banlieusardes et les loges malsaines des maçons du GO, sans oublier la synagogue et le temple. Enfin, qu une bonnes fois pour toutes on ne voit plus ces malfaisants de France, de Navarre, d Afrique ou de Bruxelles.

  • patrhaut , 16 avril 2013 @ 17 h 11 min

    j’ajoute :
    qu’ils prennent exemple, tous, sur leurs aînés qui ont choisi l’illégalité et le combat plutôt que le déshonneur. J’en connais même un qui a été fusillé pour ses idées et, d’autres, généraux et officiers supérieurs et subalternes, qui ont préféré la tôle plutôt que trahir les promesses. Qu’ils fassent pareil, ces fonctionnaires de mes deux et nous en reparleront, d’autant que ce serait pour leur pitance…

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