L’histoire, c’est chacun de nous qui l’écrit !

Tribune libre de François de Veyzac*

Ce que nous vivons est historique. Pour la première fois dans sa vie, notre génération comprend qu’elle peut changer le cours des choses, qu’elle peut transformer le destin de son propre pays.

Le 20 août 2000, à Rome, ému aux larmes, j’avais entendu à Tor Vergata, le pape Jean-Paul II, nous livrer comme une pépite d’or cette citation de sainte Catherine de Sienne : « Si vous êtes ce que vous devez être, vous mettrez le feu au monde. »

Il avait commencé par réveiller la Foi, par faire sortir les jeunes catholiques que nous étions, des catacombes où, dans des écoles privées faussement catholiques, notre subconscient nous reléguait. Il avait commencé par faire sortir les jeunes catholiques des mondanités et des bulles sociales où entre jeunes de bonne famille, quelques soirées bien arrosées occupaient les week-ends et les soirées étudiantes.

À Paris, des groupes de prières se sont multipliés, puis des mouvements d’évangélisation, puis des mouvements de formation en philosophie, en théologie, puis des associations actives dans la lutte pour la protection de la dignité de la personne humaine, puis au contact direct des plus pauvres, des clochards de nos métros aux jeunes en déshérence de nos banlieues.

Au début des années 2000 et sans doute jusqu’à 2007, voir 2012, pourtant, de nombreux jeunes catholiques avaient l’impression d’avoir, certes, l’âme brûlée par l’Esprit Saint, l’intelligence de mieux en mieux formée, mais ils se demandaient si des combats politiques au nom de la simple raison, soutenus par la flamme dévorante de l’Évangile, pouvaient être gagnés. On signait des pétitions qui se perdaient dans les sables mouvants. On bataillait pour que soient reconnus dans le Préambule du traité constitutionnel les racines chrétiennes de l’Europe. Peine perdue. On se battait pour que KTO soit sur la TNT. Peine perdue. On allait chaque année à des marches pour la Vie, des Life parade. Peine perdue.

Et malgré la grande jeunesse et la grande ferveur des manifestants et des organisateurs, nous avions le sentiment que la chape de plomb des médias méprisants et des politiciens peureux chaque année se refermait sur nous…

Nous étions, également, remplis de complexes. Certains trouvaient au Front national le vote protestataire et même la route qu’ils voulaient (à l’époque, certes, celle d’avant Marine Le Pen, le combat du Front national pour la vie et la famille apparaissait encore bien plus probant). D’autres vivaient dans la peur parfois maladive d’être assimilés à l’extrême-droite. Certains criaient au complot et diabolisaient allègrement ceux qui n’étaient pas de leur bord. D’autres se laissaient complètement phagocytés par la déformation médiatique dont ils étaient les victimes et refusaient d’assumer ce qu’ils étaient. Nous n’avions pas compris qu’on ne peut changer un pays en se prétendant les uniques chevaliers d’une citadelle assiégée. Nous n’avions pas compris aussi qu’il est illusoire d’espérer la bienveillance et la clémence d’un adversaire, surtout quand il est acculé. Il faut préférer la Vérité et laisser passer le train des images fausses et des injures.

Et puis, dans ces controverses, Sarkozy est arrivé. Il a représenté une première étape. Soumis à des influences diverses, il a délivré un peu d’oxygène. Il a osé dire plusieurs fois que la France a des racines chrétiennes, rompant avec le laïcisme de Chirac, brisant le rideau de fer de la Révolution française. Il a parlé de la nécessaire rupture avec mai 68, du nécessaire retour de la morale lorsque la crise financière faisait rage. Sa cohérence n’a pas convaincu, mais certain de ses mots ont marqué.

À cette période, si les catholiques sortaient un peu des catacombes, leur voix n’était pas encore assez déterminante, pas assez radicale. La droite tiède, opportuniste, franc-maçonne, affaiblissait leur résistance, le vibrant « non possumus » qu’ils auraient dû crier depuis longtemps, à l’école des premiers martyrs. La droite tiède menaçait d’endormir les consciences, puis de faire par petit bout, ce que la gauche promettait de faire d’un coup : réification progressive de l’embryon, amélioration indéfinie du PaCS, conclu devant le fronton des Mairies, renforcement du « droit à l’avortement », diffusion de l’idéologie du genre dans les manuels scolaires, abolition du repos dominical, politique d’ouverture abandonnant à l’idéologie socialiste des pans entiers de l’action gouvernementale (identité nationale, immigration, Culture etc.).

“Suivons notre jeunesse et celle de notre cœur et pour elle, ne capitulons jamais !”

Et puis, nous avons eu une sorte de concours de circonstances, prompte à permettre, peut-être, un jour, un grand retournement de l’opinion publique. Ce que peut-être, paradoxalement, la Providence a permis.

À quelques mois près, deux François sont arrivés. Le premier, notre Président de la République, suffisamment dépourvu d’autorité et d’intelligence politique pour que très vite, dans les mois qui viennent sa popularité s’effondre à mesure de son refus d’accorder à ses opposants le plus élémentaire des dialogues.

Le deuxième, un autre François Ier, homme neuf d’un continent neuf, naguère inconnu, pasteur au plus près des pauvres, Don Camillo à la tendresse familière, passionné de foot, puissant théologien, suffisamment charismatique pour que des médias absolument infectes avec son vénéré prédécesseur, lui accorde leur crédit. Il était plus difficile, soudain, de rouler l’Église et ses fidèles dans la boue.

Dans ce contexte, tel le levain dans la pâte, pour la première fois peut-être depuis des années, on sent, on pressent aujourd’hui que les catholiques peuvent faire se lever le peuple.

Car, à mesure que le mouvement que nous vivons s’amplifie, tous les découragés et les méfiants se réveillent, selon un mécanisme illustré de manière spectaculaire les deux années précédentes, par les révolutions arabes.

Décomplexés par Jean-Paul II, l’intelligence affûtée par Benoit XVI, rompus aux techniques modernes des réseaux sociaux, indifférents à toutes les techniques de diabolisation et de manipulation de l’adversaire à mesure que celui-ci montre son vrai visage, les jeunes catholiques peuvent entraîner, mobiliser, toucher leurs aînés, leurs collègues de travail et ceux des milieux les plus variés qu>’ils côtoient à mesure des exigences intérieures de leur vie évangélique

À ce mouvement, il manque certes des références, des écrivains, des saints auxquels il puisse puiser.

Il ne s’agit pas d’une grève, ni même d’un nouveau mai 68 : le but n’est pas le blocage des facs, ni le dénigrement de toute autorité, ni la promotion d’un mode de vie alternatif, ni la transposition d’une utopie maoïste, mais l’expression de la démocratie, le respect de la filiation, la promotion d’une écologie humaine dans le cadre même de nos vies majoritairement citadines, les retrouvailles avec les principes élémentaires de notre civilisation.

Le peuple français, pour se lever, n’a pas suivi un homme providentiel, un politique, un intellectuel, mais une femme au surnom en forme de pied de nez à toutes les caricatures que le petit milieu parisien raillait il y a un an parce qu’elle défendait Benoît XVI sur les plateaux de télé et qui malgré certains malentendus et certaines maladresses dont ce journal s’est fait l’écho – avec une brutalité et des déformations quelquefois injustes -, heureusement, continue, dans les milieux sociaux les plus variés, à faire se lever la résistance.

Le peuple français n’a pas suivi des hommes d’église même si des voix de cardinaux se sont levées pour réveiller les consciences dès le 15 août 2012.

Et pourtant, on sait bien, qu’il faudra des Saints, géants de cœur et d’esprit pour guider notre peuple vers cette longue route pour redresser notre pays,

Nous les trouverons sans doute dans les quelques parlementaires émérites, dans les quelques journalistes courageux, dans les quelques hommes d’Église sortis sur le pavé parisien, écrivant sur Internet au nom de la raison et de l’Évangile.

Nous les trouverons aussi dans ces jeunes. Ces jeunes qui n’ont eu peur depuis plusieurs mois ni de la pluie, ni des intimidations, ni des agressions, ni pour leurs exams, ni pour leur emploi, qui ont organisé et tracté sans relâche le 13 janvier, le 24 mars et qui maintenant se battent pied à pied devant l’Assemblée nationale, devant le Sénat, partout en France.

Suivons notre jeunesse et celle de notre cœur et pour elle, ne capitulons jamais !

Du même auteur :
> Syrie : Sait-on à qui et pour qui la France livrerait ses armes ?

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8Commentaires

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  • 0 / 10
  • MCT. , 16 avril 2013 @ 18 h 54 min

    Oui, bravo et merci les jeunes.Vous nous épatez, nous réconfortez, nous encouragez. On ne peut plus croire que c’est foutu puisque vous êtes là !

  • FR , 16 avril 2013 @ 19 h 42 min

    Magnifique article qui ressemble vraiment aux jeunes que j’ai retrouvés à la manif du 24 et qui sont le signe d’une vivante estpérance !

  • Philippe , 16 avril 2013 @ 19 h 45 min

    Bravo !
    Mais il ne faut pas oublier un travail de fond de remplacement progressif de l’épiscopat Français, par des évêques plus combattant et qui ont osé, enfin, s’exprimé.
    La LMPT n’aurait pas existé sans l’appel à la mobilisation des évêques.

    L’impulsion est donnée, ils sont plus en retrait maintenant pour le pas confessionaliser trop le mouvement et le discréditer aux yeux d’une immense majorité de français déchristianisés

  • Ucwasfbo , 16 avril 2013 @ 20 h 37 min

    Impeccable, nous sommes de cette génération JPII à qui on a dit n’ayez pas peur !
    Puis BXVI en effet nous a donné le temps de mûrir, de réfléchir de s’armer intellectuellement…
    Puis F nous donne cet élan de la nouveauté, nous fait nous lever car nous sommes le peuple près duquel il s’est toujours tenu !
    Magnifique article … Roulez jeunesse…
    ONLR

  • Dilou , 16 avril 2013 @ 20 h 56 min

    Merci pour ce magnifique article plein d’ESPERANCE:” N AYONS PAS PEUR” et soyons fidèles au massage de JP II.

  • Charles , 16 avril 2013 @ 21 h 56 min

    Petite suggestion:

    Quand des membres de la Résistance de France se font interpeller
    par des agents de la gaystapette de Fronce,ayez le réflexe
    de mettre les mains en l’air en disant aux alentours
    “ne tirez,nous nous rendons”.

    Simplement pour créer une ambiance et faire réflechir les bulots
    sur notre réalité de dictature molle.

    Pour info,Flanby de fronce déclare un patrimoine de 1.170.000
    (soit a 100 pour cent en immobilier et zéro assurance vie sur l etat fronçais,il n est pas fou).

    Ceci alors que les valeurs de marché donnent
    un montant de 5.7 Millions sur 5 logements.

    1.Un Logement (ou plus) par la SCI la sapiniere dans le 7eme-
    Cette SCI est a 50/50 avec Sego pour une valeur nette F H de 1.1 M.
    2.Une maison a Mougins,déclarée a 800K et valorisée Notaire a 1.300.000
    3.Un appartement de 85 m 2 a Cannes,déclaré a 230K et valorisé notaire a 400K
    4 Un autre appartement de 54 m 2 a Cannes,déclaré a 140K et valorisé notaire 300K
    5.Un appartement a Londres(6 Thomas More St),non déclaré et valorisé a 2.6000.000

  • Charles , 16 avril 2013 @ 21 h 57 min

    Petite suggestion:

    Quand des membres de la Résistance de France se font interpeller
    par des agents de la gaystapette de Fronce,ayez le réflexe
    de mettre les mains en l’air en disant aux alentours
    “ne tirez,nous nous rendons”.

    Simplement pour créer une ambiance et faire réflechir les bulots
    sur notre réalité de dictature molle.

    Pour info,Flanby de fronce déclare un patrimoine de 1.170.000
    (soit a 100 pour cent en immobilier et zéro assurance vie sur l etat fronçais,il n est pas fou).

    Ceci alors que les valeurs de marché donnent
    un montant de 5.7 Millions sur 5 logements.

    1.Un Logement (ou plus) par la SCI la sapiniere dans le 7eme-
    Cette SCI est a 50/50 avec Sego pour une valeur nette F H de 1.1 M.
    2.Une maison a Mougins,déclarée a 800K et valorisée Notaire a 1.300.000
    3.Un appartement de 85 m 2 a Cannes,déclaré a 230K et valorisé notaire a 400K
    4 Un autre appartement de 54 m 2 a Cannes,déclaré a 140K et valorisé notaire 300K
    5.Un appartement a Londres(6 Thomas More St),non déclaré et valorisé a 2.600.000

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