Ce qu’est leur sentiment d’insécurité…

À Nice, un bijoutier a tiré sur un homme qui tentait de le cambrioler.

Faut-il chercher le bon et le mauvais ? Faut-il décerner un prix du public à l’un ou à l’autre ? Ce que je sais, c’est qu’un homme qui s’est levé tôt pour travailler et gagner sa vie se trouve mis en examen ; c’est qu’un jeune homme de 20 ans ne rentrera plus chez lui. Ne cherchons pas à accabler les uns, à dédouaner les autres… ne prétendons pas trouver un gagnant dans une situation qui ne laisse que l’impression d’un immense gâchis. Au contraire, constatons simplement que si un commerçant honnête et sans histoire en vient à ouvrir le feu sur un homme, que si un jeune homme a choisi la voie de la facilité et de la violence pour boucler ses fins de mois, c’est que notre société est malade car la violence s’y est installée, s’y trouve banalisée.

Oui, le sentiment d’insécurité est un mal autrement plus profond que ne l’est l’insécurité en elle-même. Aux fameux « ce n’est qu’un sentiment d’insécurité » lancé par les politiques UMP et PS depuis trente ans afin de mieux nier la problématique de l’insécurité, ce drame rappelle en effet que c’est lorsque le sentiment d’insécurité s’ancre dans les esprits du fait d’un quotidien fait de violences constatées que se produisent les véritables drames. Lorsqu’un homme qui travaille et s’est déjà fait agresser sait avec certitude qu’il se refera agresser un jour parce que rien ni personne ne se soucie de sa sécurité, n’entend mettre en œuvre les dispositions nécessaires à la protection de ses biens et de sa vie, alors oui, le sentiment d’insécurité s’installe au plus profond de son quotidien… C’est ce sentiment qui légitime le fait que cet homme ne fasse plus confiance en l’État pour assumer la première de ses libertés, la sécurité. Or, lorsque l’État se trouve impuissant à garantir la tranquillité de ceux qui respectent la loi, lorsque la violation par quelques individus du pacte social qui nous unit s’avère sans conséquence, alors que reste-t-il de l’État et donc de l’État de droit ?

En prenant le sentiment d’insécurité pour quantité négligeable ; en ne se rendant pas compte que le passage à l’acte des délinquants était de plus en plus précoce, de plus en plus rapide ; en laissant seul face à une déferlante de violence sans précédent les petits commerçants ; ceux qui dirigent la France depuis maintenant trois décennies se sont rendus coupables de non-assistance à population en danger. Ce sont eux qui, en abaissant sans cesse l’autorité de l’Etat, en ne donnant pas à la Police et à la Justice les moyens d’une action véritablement républicaine, enfin en légiférant sans se souvenir que le premier des devoirs d’un Gouvernement était d’assurer la tranquillité publique, sont les premiers responsables des drames qui surviennent aujourd’hui, qui se répèteront demain si nul ne fait rien.

L’effondrement de l’État n’est pas sans conséquence contrairement à ce qu’on a trop longtemps voulu nous faire croire car la première et légitime réaction face à l’impuissance publique c’est la résurrection du droit à l’auto-défense.

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19 Comments

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  • Lou Ravi , 18 septembre 2013 @ 15 h 06 min

    Gaël a bien raison, je suis entièrement d’accord. Le braqueur n’a aucune excuse et a priori ne mérite aucune pitié.
    Il faut rajouter, je pense, qu’on ne peut exiger des commerçants qu’ils aient le Code Pénal sous les yeux quand ils sont menacés.

  • xanpur , 18 septembre 2013 @ 21 h 11 min

    Je crois que dans son cas on devrait parler de légitime défense préventive
    En effet, le braqueur aurai très bien pu renouveler son attaque à plus ou moins long terme avec peut-être des conséquences graves pour le bijoutier, voir la mort.
    Il a donc agit préventivement.
    A sa place, mon seul regret serai d’avoir loupé le 2eme.

  • charles-de , 18 septembre 2013 @ 22 h 31 min

    A F. Desvignes

    Alors là, j’applaudis ! Je connais un peu Singapour, et j’ai vu au moins sa propreté.
    La meilleure façon d’éviter là-bas la récidive des criminels, c’est de les éLIMINER.
    Après tout, que fait-on d’une mauvaise herbe sur une jolie pelouse ou d’un fruit pourri dans un panier ?
    En France, on nous dit que si on condamne pas les délinquants, il ne récidiveront pas. A ce rythme-là, on voit où ça nous mène !

  • charles-de , 18 septembre 2013 @ 22 h 38 min

    Et au moins, ce jeune con aura appris que si son père a l’immunité diplomatique, lui, le fils, ne l’a pas.

    Et encore, elle est bien réglementée. Même DSK qui prétendait en bénéficier dans son histoire à New York n’en a pas bénéficié. Dans sa chambre d’hôtel à NY, il n’était pas le directeur du FMI !
    Et quelques coups de bâton bien placés l’auraient peut-être fait réfléchir.

  • michelle , 19 septembre 2013 @ 11 h 03 min

    toi au moins tu a tout compris

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