Sarkozy tente (sans succès) de draguer les gays. Au risque de perdre des voix sur sa droite…

Interrogé par le mensuel Têtu d’avril, Nicolas Sarkozy réaffirme son opposition au “mariage homosexuel” mais se déclare “prêt à proposer – c’est une affaire de décret – que la cérémonie en mairie pour un PaCS homosexuel, soit de droit”. En effet, “la cérémonie en mairie permettrait une vraie reconnaissance sociale”, assure-t-il. Le président sortant comprendra-t-il un jour qu’à force de toujours vouloir plaire à la droite ET à la gauche, il agace… son camp et ne gagne pas une voix dans celui d’en face. Quant au statut du beau-parent promis en 2007, Nicolas Sarkozy reconnaît ne pas “savoir comment régler le problème aujourd’hui”. Sic. “Faire reconnaître un droit au beau-père peut être vécu comme une remise en cause des droits du père. De même pour une belle-mère”. Pour ne pas avoir l’air ringard, le candidat de l’UMP se croit obligé de juger “utile” la gay pride bien que celle-ci “[puisse] aussi être caricaturale et réductrice”. Les cathos comme les homos apprécieront… Avec 10 ans de retard sur la pensée unique mais toujours en avance sur la réalité, Nicolas Sarkozy se voit comme un chevalier de “la lutte contre l’homophobie” qu’il juge “importante”, en tout cas “beaucoup plus importante que la lutte pour le droit à la procréation ou pour l’adoption dans un couple homosexuel”. S’il pouvait cesser d’utiliser la sémantique truquée de ses adversaires, ça serait bien…

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11 Commentaires

  • Robert , 21 Mar 2012 à 19:03 @ 19 h 03 min

    Selvah,
    Cela ce n’est pas une insinuation de mensonge?
    “Je voulais simplement montrer que les menteurs usent des mêmes artifices que Nouvelles de France, des mêmes méthodes mensongères, pour manipuler ceux qui les écoutent ou les lisent.”

  • Selvah , 22 Mar 2012 à 22:24 @ 22 h 24 min

    Diego :

    1 – l’étymologie importe peu, c’est l’idée qui est derrière qui est intéressante. Le mot est sans doute un peu pourri, mais j’avais un peu la flemme de désigner l’idée par une périphrase du genre : “le fait de léser un homosexuel, en vertu de sa sexualité, lors même que cette sexualité n’entre pas en tant que critère du jugement de valeur sur le point particulier où il est lésé”. Ainsi, n’est pas homophobe, qui considère qu’un homosexuel n’est pas apte à, mettons, enseigner la sexualité dans un établissement privé catholique, mais est homophobe (ou plus exactement, agit de façon homophobe, si vous désirez un emploi plus rigoureux et plus exact des termes) qui considère cet homosexuel inapte à vendre des petits pains, l’homosexualité n’ayant pas d’incidence sur la qualité de la prestation de vente de petits pains.

    2 – On ne fonde pas la justice, en partant du principe que les droits d’une majorité ont plus d’importance que les droits d’une minorité. Vous n’accepteriez pas qu’on vous dise : “bah, de toutes façons, vous on s’en fout un peu, vous êtes quel pourcentage de la population ?”
    La question de l’homosexualité dans la société, c’est avant tout de savoir si du point de vue de la société, une relation homosexuelle de couple est plus ou moins viable dans le cadre de l’accomplissement des devoirs qui incombent au citoyen lambda. L’homosexuel peut-il assumer tous ses devoirs, ou bien sa condition l’empêche-t-il d’en remplir certains ? Par exemple, le couple homosexuel a-t-il la capacité de remplir le devoir d’élever des enfants lorsqu’il en a ? Si oui, alors il a droit à l’adoption ; si non, il ne peut prétendre à l’obtenir. Le couple homosexuel est-il une forme de couple qui remplit les mêmes devoirs de stabilité sociale que le couple hétérosexuel ? Ou bien la nature même de la relation homosexuelle empêche-t-elle, ou réduit-elle drastiquement les chances, qu’une union durable s’instaure ? Ces sortes de choses font partie des devoirs liés au mariage, même au mariage civil ; aussi, les homosexuels doivent apporter l’assurance qu’ils peuvent les remplir, avant de prétendre pouvoir obtenir les droits que procure le mariage.

    3 – En effet.

    Robert :

    Non.
    Un mensonge, c’est lorsqu’on dit délibérément une chose fausse, avec l’intention de fausser la vérité.
    Pour que j’insinue que M.Martin ait dit un mensonge, il faudrait d’abord que j’établisse que ce qu’il dit est faux ; et vous noterez que je ne me suis jamais prononcé sur la véracité de ses propos. Ensuite, il faudrait que j’établisse qu’il l’ait fait sciemment. Il est vrai que mes propos, et ma toute première phrase notamment (“Comment justifier, de la part d’un journaliste qui s’oppose à la pensée unique, d’employer, contre celle-ci, les mêmes méthodes malhonnêtes que la pensée unique, à son tour, emploie à l’encontre des sympathisants de droite ?…”), pose une question qui ne peut avoir que deux réponses :

    – Ou bien il l’a fait sciemment. Auquel cas, ce n’est pas une insinuation de mensonge que je fais, mais de tentative de manipulation. On peut manipuler pour faire croire en quelque chose de vrai, comme en quelque chose de faux. Dans le premier cas, on est simplement l’auteur d’une manipulation. Dans le second cas, on est auteur d’une manipulation ET d’un mensonge. Mais comme je ne me prononce pas sur la véracité de ses propos, je ne pose que la question de la manipulation.
    – Ou bien, M.Martin l’a fait inconsciemment (pour diego, l’étymologie de sciemment, d’inconsciemment et de consciemment est intéressante ; elle remonte cette fois-ci à très loin, aux romains, qui faisaient une différence, comme nous, mais aussi un parallèle, entre savoir (scio) et conscience (consciens). Agir consciemment, c’est agir en connaissant ce qu’on fait ; agir inconsciemment, c’est agir sans connaître ce que l’on fait). Auquel cas, je n’insinue rien du tout sur sa probité, mais je critique la facture de cet article en particulier. Dans ce cas, ce ne sont plus des insinuations, mais un jugement. Suis-je autorisé à émettre un jugement ? En tant que lecteur et honnête homme, oui. Mes jugements sont-ils sensés ? Ce n’est pas à moi d’en juger, justement ; j’estime qu’une partie au moins l’est, et j’ai argumenté pour, mais nul ici n’est tenu de les suivre, ni de les juger dignes d’intérêt, ni même de les lire.

    Je n’ai pas si bien que cela répondu à votre question, en fait. Vous preniez cette phrase en témoin : “« Je voulais simplement montrer que les menteurs usent des mêmes artifices que Nouvelles de France, des mêmes méthodes mensongères, pour manipuler ceux qui les écoutent ou les lisent. »”.
    Si un menteur ment sans masquer son mensonge, sans le maquiller derrière des artifices rhétoriques, derrière des sophismes, personne ne le croit.
    Dès lors, s’il veut être cru, il doit faire usage de ces artifices, et de manipulation. C’est ce que je dis plus haut : lorsqu’on manipule sciemment, et qu’on dit sciemment quelque chose de faux, l’on est un menteur ET un manipulateur.
    Lorsqu’on dit sciemment quelque chose de faux, on est un menteur.
    Lorsqu’on dit sciemment la vérité, on est un homme qui connaît la vérité (on ne peut rien dire de plus)
    Lorsqu’on dit sciemment la vérité, et qu’on use sciemment de ces artifices de manipulation, on est un homme qui connaît la vérité, ET un manipulateur.
    Lorsqu’on dit sciemment la vérité, et qu’on use inconsciemment de ces artifices de manipulation, on est un homme qui connaît la vérité, et qui fait des sophismes, c’est-à-dire des raisonnements qui ne prouvent rien mais qui donnent l’impression de le faire.

    Mais honnêtement, je ne crois pas que M.Martin le fasse sciemment ; la teneur de nombre de ses autres articles, de grande qualité, m’incite à croire le contraire ; aussi, la situation n’est pas aussi simple : ces artifices de manipulation ne sont pas à bannir dans le travail d’un journaliste, ils ont leur importance, mais de là à baser un article exclusivement sur ceux-ci…

  • Romulus , 3 Avr 2012 à 10:13 @ 10 h 13 min

    Bonjour,

    Je crois, au contraire de l’opinion de l’article, que la posture de Sarkozy vise à s’attirer un vote d’électeurs flottants, donc “centristes” d’une certaine manière.

    Pour un électeur ancré à droite, je ne crois qu’il considèrera cette thématique de lutte contre l’homophobie comme déterminante de son vote : il y a des sujets objectivement plus prioritaires pour l’avenir de la France.

    Et pour résumer mon opinion personnelle, on peut avoir des attaches profondes avec la foi chrétienne, vivre une vie de couple homo fidèle aussi épanouie que discrète, partager certaines idées de Marine Le Pen et voter Sarkozy au 2ème tour… A part quelques vieux briscards de gauche comme de droite, cette posture politique en matière de vie en société ne me parait pas d’une originalité extraordinaire parmi les votants de 25-40 ans aujourd’hui…

  • Fikmonskov , 3 Avr 2012 à 16:35 @ 16 h 35 min

    Selvah, je suis complètement d’accord avec vous : une cause juste ne justifie pas des méthodes injustes. Et pire, des méthodes injustes nuisent à une cause juste.

    En effet, on attend de NDF un peu plus que ce genre d’article, comme vous l’avez montré.

    Et en effet aussi, convaincre des convaincus ne sert à rien. Et les méthodes parfois utilisées ici ne peut rien faire de plus, et tendent même à convaincre ceux qui nous attaquent qu’ils ont raison. Finalement, on n’a rien fait d’autre qu’exacerber le refus de chacun de discuter et d’avancer.

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