Blanche-Neige et le chasseur : La douceur contre l’agressivité, la féminité contre le féminisme

Coup d’oeil du critique : Original est ce remake du conte des frères Grimm, de par les thèmes abordés et la technique utilisée.

Sombre et adulte, Blanche-Neige et le chasseur propose un réalisme sans concession. Le film, démonstratif, laisse peu de place à l’interprétation et à la rêverie en adoptant, dans la violence comme dans la féérie, une réalisation crue. L’univers riche est très immersif, l’espace filmique (plans étirés et cadrage serré) n’épargne aucun détail et sert, à tout moment et sans se cacher, l’idée directrice du film : la lutte à mort entre deux idéaux féminins, deux femmes exceptionnelles, mais radicalement antithétiques.

La Reine Ravenna, beauté glaciale et impitoyable, affronte Blanche-Neige, la pâle et fragile héritière du trône. Charlize Theron, monstre sacré, étonnante de justesse, oppose sa dureté et son sadisme à la douceur et à la détermination de Kristen Stewart, qui hélas manque du charisme suffisant pour relever totalement le défi lancé par le réalisateur Rupert Sanders : faire s’affronter deux idéaux féminins, une féministe acharnée et une Jeanne d’Arc douce mais déterminée. Cette relecture du mythe a ceci d’intéressant que, naviguant à contre-courant et défendant une image traditionnelle de la femme, elle offre la vision du triomphe final de la douceur sans la faiblesse, de la force sans la brutalité.

Blanche-Neige et le chasseur perd cependant de son intérêt en ne se donnant pas tous les moyens de son ambition, la faute notamment à une narration décousue, enlisée dans un faux rythme après un départ canon.

Un film mature, plus exigeant qu’il n’y paraît, mais laissant un sentiment d’inachevé…

Bande-annonce :

Réalisateur : Rupert Sanders
Nationalité : États-Unis
Année de production : 2012
Acteurs : Kristen Stewart (Blanche-Neige), Chris Hemsworth (Le chasseur), Charlize Theron (Ravenna), Sam Claflin (William)
Durée du film : 2h06

Résumé du dossier de presse : Dans des temps immémoriaux où la magie, les fées et les nains étaient monnaie courante, naquit un jour l’unique enfant d’un bon roi et de son épouse chérie : une fille aux lèvres rouge sang, à la chevelure noire comme l’ébène et à la peau blanche comme neige. Et voilà précisément où l’histoire que vous croyiez connaître prend fin et où la nouvelle adaptation épique et envoutante de ce célèbre conte des frères Grimm débute. Notre héroïne, dont la beauté vient entacher la suprématie de l’orgueilleuse Reine Ravenna et déclencher son courroux, n’a plus rien d’une damoiselle en détresse, et la cruelle marâtre en quête de jeunesse éternelle ignore que sa seule et unique rivale a été formée à l’art de la guerre par le chasseur qu’elle avait elle-même envoyé pour la capturer. Alliant leurs forces, Blanche-Neige et le chasseur vont fomenter une rébellion et lever une armée pour reconquérir le royaume de Tabor et libérer son peuple du joug de l’impitoyable Ravenna.

Une critique publiée en partenariat avec lecran.fr.

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