Quand des nationalistes se méprennent sur les (vrais) conservateurs

Tribune libre d’Eric Martin*

François Marcilhac, éditorialiste à L’Action française 2000, s’en prend avec justesse dans son dernier éditorial à “ces conservateurs qui ne “conservent” rien” et à la gauche dont les “trois priorités” sont le “cannabis”, le “mariage homo” et les “migrants”.

“En 2012, ce n’est pas la légalisation du mariage homo ou l’encadrement de la consommation de cannabis qui détermineront mon choix, ce n’est pas l’espoir, pitoyable, défaitiste, honteux, dégradant, en un mot, « conservateur », de repousser « l’échéance » de cinq années, mais la volonté d’en finir avec une imposture politique, économique, sociale et sociétale, pour tout dire historique et spirituelle” écrit-il. Attention : la matière en jeu, c’est… l’humain. Même si c’est pour repousser de 5 ans seulement le “mariage” homo et l’euthanasie, il est du devoir pour tous ceux qui placent l’Homme au centre de leur action dans la Cité et qui rejettent l’Idéologie de refuser la politique du pire. Même pour un électrochoc bien improbable tant les esprits sont préparés et l’être humain capable de tout tolérer y compris le pire. 

A propos de Nicolas Sarkozy, Marcilhac assure que “les conservateurs qui appellent dès aujourd’hui à voter pour l’Imposteur démontrent une nouvelle fois que c’est dans leur inutilité historique que réside leur véritable pouvoir de nuisance”. De vrais conservateurs (c’est-à-dire des conservateurs fondamentaux », ceux qui, s’ils arrivaient au pouvoir aujourd’hui en France, “ne conserveraient (presque) rien, rien d’autre que les valeurs intemporelles mises à mal par l’hédonisme et l’étatisme ambiants”.) qui appellent dès aujourd’hui et sans condition à voter pour le Petit Nicolas, je n’en connais pas. Ceux que je fréquente (Audace 2012, Contribuables Associés, etc) et dont je me sens proche sont des conservateurs déterminés qui veulent moins et mieux d’Etat, plus de Valeurs et de Libertés économiques. Ces exigences, ils vont tenter de les imposer à une UMP qui a besoin de nos voix pour gagner et qui le sait. Et à part le candidat de l’UMP, personne à droite n’a de chances de l’emporter. On peut le regretter mais c’est ainsi. Être vraiment de droite, vraiment conservateur, fondamentalement conservateur, c’est commencer par partir de la réalité pour agir avec efficacité et sans idéologie.

C’est peut-être difficile à admettre mais le hors-système n’a pas montré plus d’utilité historique ni même davantage mis à l’abris des reniements ses tenants que la volonté de peser. Tant qu’une stratégie n’a pas prouvé qu’elle était, pour notre temps, supérieure à l’autre, laissons chacun – selon ses aptitudes et sa sensibilité – tenter la reconquête des cœurs et des esprits (les croyants n’ont qu’une obligation de moyen, ils connaissent la fin de l’Histoire, les autres aussi, ils pourront se regarder dans la glace). Surtout, évitons les invectives.

*Eric Martin est rédacteur en chef des Nouvelles de France.

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