De l’urgence d’une calme et fidèle révolte de la conscience

La manifestation qui se tiendra dimanche 26 mai et la longue veillée qui suivra, je l’espère, doit être pour chacun l’occasion de dire, par sa simple présence, mais le cas échéant aux médias, qu’il refuse de collaborer de quelque manière que ce soit à l’application de la loi Taubira.

• Nous ne pouvons pas voter du 28 mai au 3 juin aux primaires à Paris, en mars 2014 aux municipales, en juin 2014 aux européennes, en septembre 2014 aux sénatoriales, en 2015 aux cantonales et aux régionales, en 2017 aux présidentielles et aux législatives, pour un candidat qui a voté pour ou qui s’est abstenu sur ce projet de loi et ceci quelque soient les inconvénients d’un tel refus par ailleurs.

• Nous ne pouvons pas nous engager dans un parti qui ne promet pas de se battre pour obtenir l’abrogation de cette loi.

• Les conseillers municipaux, les maires adjoints, les maires, les députés-maires ne peuvent pas appliquer cette loi, quelque soient les sanctions encourues. Nous ne pouvons pas ne pas les encourager sans relâche, nous ne pouvons pas ne pas chercher par tout moyen à les en persuader.

• Nous ne pouvons pas être témoin civil, nous marier civilement sans communiquer au maire adjoint ou au maire qui nous marie notre désapprobation, sans affirmer que la signature, en bas du registre ne signifiera jamais notre acceptation de la loi Taubira.

• Mais, davantage et plus largement : nous ne pouvons pas acheter des fringues dans un magasin qui fait, dans sa publicité l’apologie des unions homosexuelles, ni scolariser sans réagir, nos enfants dans des établissements diffusant l’idéologie du gender.

Jusqu’à présent, nous manifestions ensemble. Après le 26 mai, c’est par notre courage quotidien, d’abord, que nous agirons, en encourageant systématiquement ceux qui se sont battus pour nous à garder ou à rejoindre nos positions. Nous devons être des veilleurs chaque jour ! Ce n’est ainsi qu’un jour le printemps de la France sera vraiment celui de la liberté !

Ce qu’il y a de plus urgent, pour l’instant, c’est d’encourager, par tous les moyens, une alliance indéfectible des maires et des maires adjoints réfractaires, c’est faire signer par chacun un texte par lequel ils s’engagent à ne pas appliquer la loi. Plus ils seront nombreux, plus nous les soutiendrons, plus nous seront forts, mieux, ensemble, nous résisterons. Il y a la une initiative majeur à prendre.

Il est très difficile, dans notre pays si attaché à ses lois, si légaliste, en somme de s’engager à une telle résistance, surtout sur une durée aussi longue. On s’habitue toujours avec le temps, comme on s’est habitué à la banalisation de l’avortement.

Comme François-Xavier Bellamy l’indique dans sa belle tribune intitulée « Pourquoi nous devrions tous défendre la liberté de conscience » publiée sur son blog « Pensées pour le jour qui vient », « dans une situation avérée d’injustice, le devoir moral commande de s’opposer à la loi ».

“Le Général de Gaulle, pendant la Seconde Guerre, acceptait bien tous ceux qui se présentaient à Londres, qu’ils soient communistes ou catholiques, aristocrates ou pêcheurs bretons. Nous devons faire de même !”

Jean Paul II déclarait dans Evangelium Vitae en 1995 : « La doctrine sur la nécessaire conformité de la loi civile avec la loi morale est aussi en continuité avec toute la tradition de l’Eglise, comme cela ressort, une fois encore, de l’encyclique déjà citée [Pacem in Terris] de Jean XXIII : « L’autorité, exigée par l’ordre moral, émane de Dieu. Si donc il arrive aux dirigeants d’édicter des lois ou de prendre des mesures contraires à cet ordre moral et par conséquent, à la volonté divine, ces dispositions ne peuvent obliger les consciences… Bien plus, en pareil cas, l’autorité cesse d’être elle-même et dégénère en oppression ». C’est là l’enseignement lumineux de saint Thomas d’Aquin qui écrit notamment: « La loi humaine a raison de loi en tant qu’elle est conforme à la raison droite; à ce titre, il est manifeste qu’elle découle de la loi éternelle. Mais, dans la mesure où elle s’écarte de la raison, elle est déclarée loi inique et, dès lors, n’a plus raison de loi, elle est plutôt une violence ». Et encore: « Toute loi portée par les hommes n’a raison de loi que dans la mesure où elle découle de la loi naturelle. Si elle dévie en quelque point de la loi naturelle, ce n’est alors plus une loi mais une corruption de la loi ».

Quelques années plus tard, en 2003, le Cardinal Joseph Ratzinger, alors Préfet de la Congrégation pour la doctrine de la Foi déclarait à propos des projets de reconnaissance juridique des unions entre personnes homosexuelles : « Lorsqu’on est confronté à la reconnaissance juridique des unions homosexuelles, ou au fait d’assimiler juridiquement les unions homosexuelles au mariage, leur donnant accès aux droits qui sont propres à ce dernier, on doit s’y opposer de manière claire et incisive. Il faut s’abstenir de toute forme de coopération formelle à la promulgation ou à l’application de lois si gravement injustes, et autant que possible ne pas coopérer matériellement à leur application. En la matière, chacun peut revendiquer le droit à l’objection de conscience. »

C’est à nous de convaincre les députés et les sénateurs qui se sont battus pour nous d’agir ainsi. Je pense en particulier au député Philippe Gosselin, dont j’appréciait la vigueur des interventions, qui dans un interview malheureux au journal La Croix le 20 mai dernier déclarait : « Je suis républicain et en tant que maire et législateur, mon devoir est d’appliquer les lois qui sont démocratiquement votées. »

Il faut qu’il soit bien certain que son premier devoir n’est pas là puisqu’il est d’abord celui de suivre sa conscience !

Ils ont chacun besoin de nos encouragements. Encourageons Frigide Barjot, envoyons lui si nous le pouvons des messages de soutien, quelle que soit l’exaspération que nous pouvons éprouver, eu égard à ce que nous attendions d’elle ou à ses prises de positions.

Tous les résistants de toutes les sensibilités, de tous les partis, de tous les milieux doivent être soutenus, avec leurs limites, considérant d’abord le courage qu’ils ont eu – à comparer au nôtre – de se lancer dans la bataille. Ce qui est en jeu est bien au dessus des partis, bien au dessus des associations, bien au dessus des personnes. Le Général de Gaulle, pendant la Seconde Guerre, acceptait bien tous ceux qui se présentaient à Londres, qu’ils soient communistes ou catholiques, aristocrates ou pêcheurs bretons. Nous devons faire de même !

C’est notre unité qui nous fera gagner, c’est la division qui nous fera perdre. Il est au moins aussi important de rester unis avec l’ensemble des mouvements, (manif pour tous, printemps français, veilleurs) que de combattre.
La seule limite à cette exigence d’unité, parce que cela serait contraire à la nature même de notre combat, étant de refuser tout acte d’agression exercé contre nos adversaires, contre les forces de l’ordre, à fortiori contre les personnes homosexuelles elles-mêmes.

Et, c’est ainsi, surmontant nos divergences, gardant notre unité, persévérant dans le courage du quotidien, et surtout, fondant un jour, la famille que nous voulons, c’est ainsi que, tous ensemble, nous servirons vraiment notre pays !

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1 Commentaire

  • Daniel , 24 Mai 2013 à 17:53 @ 17 h 53 min

    Bon article dans un style de positionnement et d’argumentation que j’apprécie. Cependant, il faut en même temps rester prudent car nul ne connait avec certitudes les voies de Dieu. Ce qui parait inacceptable dans une époque peut s’avérer ensuite être une manifestation de l’Amour, une perception plus large constituant une liberté supplémentaire. La religion chrétienne n’est pas toujours à la hauteur de l’exemple de Jésus. Cependant, dans le cas présent, ce qui s’annonce à l’encontre des enfants/marchandises est tellement pervers qu’il est nécessaire de s’unir pour l’essentiel: faire reculer les individus qui, depuis mai 68 date symbolique, détruisent, déboussolent, exploitent, déracinent, volent, pillent, tuent, pour une jouissance immédiate au détriment du présent et de l’avenir de leurs contemporains et de leurs enfants.
    La jouissance dans l’immédiateté est nécessaire aux impuissants qui ne le sont que par leur esprit à courte vue qui s’avère incapable de rechercher le sens de la vie sur le long terme et la joie qui y est attachée.

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