Éric Zemmour : Hollande, le clientélisme et le laxisme c’est maintenant !

Le Zemmour du vendredi. “Qui paye ses dettes s’enrichit, vous connaissez le fameux proverbe, et François Hollande connaît le proverbe mieux que personne. Lui paye ses dettes électorales. Il a conservé intacts ses réflexes d’élu local socialiste : pas une clientèle qui ne soit remerciée, pas un lobby qui ne soit récompensé, pas un proche qui ne soit aidé. Il n’oublie rien, ne néglige rien, les copains d’abord : les anciens de la fameuse promotion Voltaire à l’ENA jusqu’à sa chère Ségolène dont les électeurs n’avaient pas voulu. Les électeurs, justement ! Il ne les oublie pas non plus… Ceux de sa bonne ville de Tulle vont récupérer leur tribunal, les fonctionnaires ont été récompensés par la suppression du jour de carence que l’odieux Sarkozy avait osé leur imposer, les profs avaient été servis les premiers : jours de vacances supplémentaires, embauches, primes… Et ils se plaignent encore, les ingrats. Comme ces associations qui trouvent qu’on ne les arrose pas assez. Pourtant, le ministre de la Ville a fait son boulot, un rituel plan banlieues pour distribuer un peu plus d’argent à ces 15 000 associations jamais contrôlées. “Une machine sans compteur”, avait dit, effarée, la Cour des comptes il y a quelques années. Il est vrai que les banlieues ont voté massivement pour le candidat socialiste. Hollande paye en cash et en symbolique. Puisque Valls a refusé d’humilier les policiers en les obligeant à délivrer un récépissé à ceux dont ils contrôlent l’identité, c’est Taubira qui s’y colle. Et elle le fait avec la générosité qui la caractérise. Après le “mariage pour tous”, l’impunité pour tous. Après la risette au lobby gay trop longtemps discriminé, le câlin à ces jeunes injustement emprisonnés.

Il ne faut pas exagérer et, pourtant, Taubira ouvre tout grand ses bras et les prisons en entonnant le célèbre refrain de la prison, école du crime, mais où les élèves arrivent déjà diplômés. Tant pis si la France est le pays où déjà 82 000 peines de prison ne sont pas effectuées et où 80% des jeunes auteurs de délits ne voient jamais de magistrats ni même de policiers… Tant pis si l’exemple anglais, récent, démontre que la plupart des condamnés profitaient de leur liberté imprévue pour commettre d’autres infractions… Tant pis si les victimes seront partagés entre la fureur et la peur. Les victimes n’ont pas voté Hollande, n’ont pas un lobby branché ou influent. Et puis, les places de prison, ça coûte cher. Il faut bien faire des économies. C’est la seule contrainte d’Hollande, mais elle est de taille. Elle l’oblige à être moins généreux qu’il ne le voudrait. En fait, le Président n’ignore pas que la majorité silencieuse est loin des lobbies qu’il bichonne ou des clientèles qu’il arrose. Il sait que 80% des Français les plus pauvres n’habitent pas dans les banlieues mais loin des grandes villes et tout prêt des usines qui ferment. D’ailleurs, il ne parle jamais de banlieues ni d’immigration mais de diversité. Il sait que l’électorat populaire attend une plus grande fermeté avec les voyous. Alors, il envoie Valls au charbon, pour faire de l’image et du son, menacer les délinquants qu’il ne mettra pas en prison. Bref, il fait son job de Président, comme disait son prédécesseur : équilibrer des roueries de politicien avec des habiletés de communicant.”

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