Bientôt un défaut généralisé ?

Faites comme le Président, profitez de l’été, la fin d’année risque d’être très chaude…

Échéance élections allemandes

Les élections allemandes arrivent. Celles-ci, dont on ne voit pas très bien actuellement comment elles pourraient échapper à Angela Merkel (le SPD ne s’en remet pas de sa chute dans les sondages, consécutive à sa démonstration d’amitié avec François Hollande), vont marquer un tournant. La fameuse crise de la dette publique, gonflée des replâtrages, alourdie de toutes les « aides » empruntées qui se sont succédées  et que l’on a cherché à vous présenter comme autant de solutions, est sur le point d’exploser.

Il n’y a plus de solution d’attente possible

Certains pays ne peuvent plus s’en sortir. Le discours dogmatique de la rigueur a montré ses limites et même le FMI a fait son mea culpa sur le sujet. Les rêves de reprise générale de l’économie mondiale à laquelle l’économie européenne pourrait s’accrocher n’ont plus cours ailleurs qu’au premier étage d’une ancienne garçonnière royale, un temps lupanar, du huitième arrondissement de Paris, mais nulle part ailleurs depuis que les États-Unis et la Chine ont tous deux révisé à la baisse leurs perspectives de croissance pour 2013. Enfoncer un petit peu plus les États un tant soit peu solvables pour sauver ceux qui ne le sont plus risque de provoquer la cassure en deux de la zone euro, voire l’effondrement de tout le système monétaire européen. Il ne reste que deux solutions que, j’en prends le pari, vous allez, dès la rentrée, voir exposées en long et en large par tous nos « super analystes » à la gomme (comme l’ineffable Jean Marc Sylvestre ou l’insipide François Lenglet…) : le défaut généralisé de la zone euro ou la sortie de la zone d’un certain nombre de pays pour qui un défaut partiel sur la dette privée ne suffira plus.

Les nouveaux convertis

Nous sommes quelques uns qui, depuis plusieurs années, préviennent que, conformément au principe selon lequel il vaut mieux couper un membre gangrené que de laisser la maladie envahir le corps entier, il serait préférable d’exclure tel ou tel plutôt que d’endetter les pays à peu près sains pour ne rien faire d’autre que de gagner du temps avant le plongeon final. Au mieux vilipendés, au pire ignorés voire méprisés, nous allons devoir supporter ces tronches de premiers de la classe trop payés reprendre nos thèses et nos démonstrations avec leur air docte et savant et tout l’aplomb avec lequel ils nous expliquaient il y quelques mois que tout cela était vue de l’esprit et tout simplement impossible.

Conclusion

Ainsi donc, la zone euro est-elle, sur le plan de la dette publique et de la bulle obligataire, figée jusqu’aux élections allemandes. Mais aussitôt cette échéance passée, gare ! Soit chacun prend sa paume et cela met à mal les économies de certains pays comme la France qui ont beaucoup emprunté pour prêter, voir le MES et la BCE, soit c’est la zone elle-même qui explose du fait du départ d’un certain nombre de pays et… de la faillite de la BCE gavée de junk obligations qui ne vaudront plus rien. Dans tous les cas, nous allons devoir payer le laxisme de ces dernières années. Détroit a coulé parce que c’était le maillon faible, mais d’autres collectivités vont exploser ou entraîner vers le fond leurs cautions solidaires…

Thibault Doidy de Kerguelen est l’expert fiscaliste des Nouvelles de France. Il anime le site MaVieMonArgent.info.

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27 Commentaires

  • Charles , 25 juillet 2013 @ 19 h 09 min

    A mon avis,la situation et le “jeu” sont plus compliqués.

    1.Effectivement,Angela sera réélue en septembre.
    2.Les allemands ne savent pas comment se sortir du guepier.
    3.Abandonner 100% de l’euro de but en blanc détruira les pays du sud en tsunami.
    4.Le plan B :Conserver l’euro en monnaie commune donc avec les monnaies retrouvées.
    5.Les monnaies nationales revenues sur un marché flottant autour de l’euro central.
    6.Nous revenons donc a un système de MIXITE monétaire piloté par les taux directeurs.
    7.Le pilotage par les taux directeurs complété par les transferts entre banques centrales.
    8.Cela implique la création d’un panier de devises européennes en format FME.
    9.Un Fond Monétaire Européen aurait un cout zéro pour les banques centrales.
    10.Ceci implique ensuite une correction des parités ou le DM prendra 30% sur le FF.
    11.Le cirque des obligations remboursables devra etre remplacé par des perpétuelles.
    12.Une obligation perpétuelle est une obligation dont le principal n’est jamais remboursé.
    13.Ceci est parfaitement légal,cohérent et jouable comme une émission d’actions.
    14.Ceci permettra de stabiliser la masses des liquidités flottantes “hors sol” sans cibles.
    15.Ceci implique une politique concerté de réamorçage par des taux directeur négatifs .
    16.Les taux directeurs négatifs impliquent des mesures anti inflationnistes en prix de détail.
    17.Les taux de marché baisseront et rendront les perpétuelles de nouveau attractives.
    18.Le simple fait que les états emprunteurs soient en déficit budgétaire continu le justifie.
    19.Une oblig remboursable, remboursée par de l’argent réemprunté est une “perpétuelle”.

  • LibertarienTV , 25 juillet 2013 @ 19 h 26 min

    En 2014, les braises de l’enfer fiscal vont être encore plus chaudes et les fourches plus aiguisées à tel point que certains commencent à espérer un évènement de crédit sur la dette de l’État français et la faillite de ce dernier pour en finir plus vite avec ce système :
    –>
    http://www.youtube.com/watch?v=GlPTgoUPby0

  • xrayzoulou , 25 juillet 2013 @ 19 h 54 min

    Je suis d’accord là-dessus. Mais je suis pessimiste : je crains qu’une guerre pointe sont nez à l’horizon : les gens sont pressés comme des citrons, des peuples ne s’en sortent plus, la famine avance, tous les ingrédients sont là ! En plus il y aura l’islamisme radical ! je vois tout cela très mal.
    D’autre part (n’ayant pas voté Maastricht) je ne verrai pas d’un mauvais œil, la sortie de la France de l’Euro, qui nous a plombé dès sa mise en place. La grande gagnante sera l’Allemagne (elle perdu la guerre mais gagné la paix !)

  • Républicain non aliéné , 25 juillet 2013 @ 21 h 15 min

    De toute manière si la France décidait du jour au lendemain de ne plus payer la “dette”, mise à part la peur temporaire des investisseurs, qui pourrait l’obliger à passer à la caisse ? La France s’assujetie sans combattre à des obligations et des pénalités pour lesquelles, jadis, les bénéficiaires auraient autrement dû mener maintes guerres.

    Veut-on que nos descendants deviennent à leur tour des esclaves de la “dette” ou veut-on revenir à l’indépendance qu’on nous vole depuis le Traité de Rome ? Ne laissez ni les europhiles ni les technocrates vous imposer LEURS décisions, 2017 sera l’occasion de trancher entre europhiles/souverainistes, le combat politique ce n’est plus gauche/droite depuis longtemps (sauf sur les valeurs).

  • eljojo , 25 juillet 2013 @ 21 h 23 min

    Je crois que deux débats se superposent ici. Il y a d’une part la question des dettes excessives et d’autre part la question des déficits de l’Etat. les deux sont liés, mais les solutions sont disjointes.

    Ainsi, nous vivons au dessus de nos moyens depuis 40 ans, et cela doit cesser. Donc l’austérité est absolument nécessaire pour ramener notre solde primaire (hors charge de la dette donc) à zéro.

    La question des dettes est plus complexe en cela que le défaut généralisé a tout de même un certain nombre d’inconvénients, car cela va créer la faillite généralisée des banques, et aussi ruiner un certain nombre de fonds de pension. La France n’est pas trop concernée du fait de l’organisation de son système de retraites, mais tout de même, j’ai du mal à trouver acceptable de priver de retraite les américains ou les britanniques.
    Sans compter le crise confiance qui rendra l’endettement très compliqué pendant la décennie qui suivra.

    Ma position est la suivante: un assouplissement quantitatif massif (la banque centrale rachète toute la dette) suivi d’un défaut de paiement des états, puis de l’effacement du bilan des banques centrales, et on repart de zéro, mais au passage on fait passer une loi de règle d’or budgétaire interdisant le déficit structurel.

    Cette solution a le mérite d’éviter de ruiner les petits porteurs et de ne pas déstructurer le secteur privé, tout en garantissant l’avenir.

  • antisyst , 25 juillet 2013 @ 21 h 37 min

    vous faites le docte, en realité,l’ignorance se glisse dans vos propos de lecteur du “monde”,comme si la bce pouvait ou devait racheter les dettes abyssales!avec quoi,,?des eurobonds ?en fait un rachat de de dettes se fera sur des actifs et donc sur une perte totale de nos moyens de production.

  • Charles , 25 juillet 2013 @ 21 h 46 min

    Attention au points 15 & 16,les taux directeurs négatifs
    ou quasi négatifs sont comme une arme nucléaire complexe.

    A manipuler avec précaution et pour une période limitée.
    Un taux directeur de 0.25 en valeur nominale
    est négatif en terme réel sur certains segments d’investissements.

    La Fed et la BOJ pratiquent deja cette tactique aux dépends de la BCE
    qui reste collée a 0.75 (de mémoire) soit 3 fois plus que la fed (0.25).

    De plus,la Fed et la BOJ font de la création monétaire à tire larigot
    parce que cette création est avalée betement en partie
    par la vertueuse BCE qui n’a rien compris (ou qui fait semblant).

    Les vrais faux $ et yen finissent par arriver dans les banques
    européennes qui se refinancent sur la BCE qui est obligée
    in fine,de ramasser les monnaies pourries pour éviter un décollage
    supplémentaire de l’euro qui achèverait les pays du sud.

    Donc les faux dollars et faux yens se retrouvent
    dans les coffres de la BCE,de manière directe ou indirecte.

    If there is a fool (ECB) let us take advantage of him.

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