Copé-Fillon : la lutte finale ? (2/2)

Tribune libre de Hubert Montmirail

Dans la première partie de cet article, nous avions souligné les difficultés des pré-candidats autres que Jean-François Copé et François Fillon. Leurs stratégies ont été différentes, même si leur impossibilité à obtenir les 7 924 parrainages a été patente. Sans exception. Nous avions également relevé l’asymétrie entre le fond et la forme pratiqué par ces derniers ; Jean-François Copé est sur une ligne plus droitière, mais prône une UMP de nature plus fédérale, alors que François Fillon, sur une ligne plus consensuelle, qui réunirait la droite et le centre, préfère une UMP plus unitaire.

Les fichiers de l’UMP : vrai ou faux problème ? La bataille se cristallise sur la question du fichier de l’UMP. S’agit-il d’un obstacle insurmontable ? Il y a à la fois du vrai et du faux. D’un côté, il est évident que Jean-François Copé, en tant que secrétaire général de l’UMP, dispose d’un accès général aux fichiers ; la meilleure preuve est que la semaine dernière, les adhérents ont reçu une demande de parrainage émanant de Jean-François Copé, mais… en tant que candidat. Certes, on peut toujours rétorquer qu’il ne s’agit que de bouts de fichier ou que le fichier général ait été sectionné pour éviter les accusations d’une utilisation globale. D’ailleurs, les autres candidats, comme NKM, Bruno Le Maire ou François Fillon ont pu envoyer des courriels invitant les adhérents à parrainer leur candidature. Mais, d’un autre côté, les fichiers ne sont que l’aspect symbolique du combat des chefs. La réalité est que tout député UMP dispose au moins du fichier de sa circonscription. Il demeure également possible de toucher un grand nombre d’adhérents, même quand on n’est pas secrétaire général de l’UMP. Avec des relations dans le parti, il n’est guère difficile aux barons de l’UMP d’obtenir un nombre important de contacts. En fait, la question des fichiers est symbolique. C’est pour la forme qu’on les réclame, car le secrétaire général – candidat qu’est Jean-François Copé est à la tête de l’appareil UMP. D’où les évidentes suspicions à son égard.

Des parrainages difficiles à trouver… y compris pour les grands candidats ! Il y a évidemment les « petits » candidats, comme Henri Guaino, qui râlent contre la procédure, alors que leur candidature ne datent que d’il y a quelques jours… Mais il semble que les « grands » candidats soient aussi confrontés à des difficultés pratiques. Les relances successives et nerveuses de l’équipe Fillon (courriels envoyés, insistance auprès des cadres fillonistes, réunions dans toute la France et même à Paris, etc.) traduisent peut-être une certaine lenteur quant à l’obtention des parrainages, mais aussi des difficultés face à des parrainages incomplets. Ainsi, à la fin du mois d’août, peu de parrainages auraient été envoyés par la fédération ardemment filloniste de Paris, alors que la plupart de ses cadres ont affiché leur soutien à François Fillon (cf. l’« appel des 144 » qui réunit cadres et élus parisiens de l’UMP). Quant à Jean-François Copé, l’envoi par courrier postal repose sur la déclaration tardive du candidat… même si un comité de soutien – domicilié discrètement dans le 15ème arrondissement de Paris – a été créé dès le mois de juillet pour recueillir les parrainages d’un candidat encore non déclaré ! On n’est jamais trop prudent… De même, le député-maire de Meaux, a nerveusement multiplié les réunions militantes à Paris, quand on connaît son ironie à l’égard de la capitale : on en compte trois en moins de deux semaines. Il semble donc que la hantise de ne pas obtenir beaucoup de parrainages ait été partagée par les deux « grands » même s’il y avait peu de doutes qu’ils ne puissent pas être candidats – et ce, malgré les défauts de leur « machine ». À ce titre, on sait que la « machine » filloniste a pu apparaître comme cacophonique, malgré le ralliement de cadres et d’élus. Quant à la machine Copé, elle restera toujours affectée de la confusion suspecte avec l’appareil de l’UMP. Enfin, le dernier épisode qu’a été la remise des parrainages suscite quelques interrogations. Les 30 000 parrainages de Jean-François Copé, puis les 45 000 parrainages de François Fillon, sans compter les parrainages des autres pré-candidats, ont rendu dubitatifs certains observateurs perspicaces. Comment un parti qui compterait environ 250 000 adhérents pourrait susciter plus de 100 000 parrainages ? Les chiffres ont simplement été une arme de guerre. L’explication la plus plausible est que François Fillon a annoncé 45 000 parrainages pour contrer les 30 000 de son adversaire, eux-mêmes brandis comme un trophée…

Nervosité sur les réseaux sociaux, mais aussi flagornerie… Sur les différents réseaux sociaux, on assiste à des proclamations de soutien, mais aussi à des insultes ou de la diffamation. Les fillonistes accusent Copé de déplacer des militants de partout. Les copéistes reprochent à François Fillon de ne s’appuyer que sur les sondages ou sur les élus. Mais les réseaux sociaux, c’est aussi le risque d’une flagornerie permanente : c’est à celui (ou à celle) qui bombera le torse pour montrer qu’il est plus filloniste ou plus copéiste que les autres. On assiste à une profusion de sites ou de pages Facebook relatant les déplacements de François Fillon, mais servant surtout à faire de l’autopromotion… Les accrochages au sein des équipes sont parfois fréquents. La future équipe de l’UMP est déjà en ligne de mire. Ainsi, jeunes copéistes et fillonistes débordent d’enthousiasme pour leur candidat, font preuve d’un incontestable prosélytisme, mais lorgnent surtout sur la présidence des Jeunes populaires (nota : mouvement des jeunes de l’UMP). Enfin, il y a aussi les adeptes du double-jeu. Tel cadre important de l’UMP est convaincu de la victoire de Fillon. Tel autre cadre filloniste s’avère peu confiant sur les chances de son équipe à cause de l’inorganisation des équipes de l’ancien Premier ministre…

La lutte est féroce, notamment entre Jean-François Copé et François Fillon. Elle l’a été d’autant plus que l’on s’est rapproché de la date-limite de dépôt des parrainages du 18 septembre. Ce n’est que le 5 octobre que commencera la campagne officielle avec cette fois-ci deux candidats dûment estampillés. Après la lutte finale, la chute finale ? Mais pour qui ? Affaire à suivre sur Nouvelles de France !

Lire aussi :
> Copé-Fillon : Choc des ambitions ? Heurt des idées ? (123)

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2Commentaires

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  • 0 / 10
  • petitjean , 25 septembre 2012 @ 19 h 24 min

    Ce qui est extraordinaire c’est QUE aucun des deux ne propose un PROJET.

    ILS demandent le suffrage des adhérents, mais ils ne proposent rien. C’est dingue !

    Et les adhérents de l’ump, si il en reste encore, acceptent, pour la nième fois, de se faire enfumer ?

    Trahis, cocus, et ils en redemandent ??

    ni l’un, ni l’autre ne propose un PROJET de “droite”. Ni l’un ni l’autre ne font leur méa culpa sur les raisons de leur échec aux élections

    Rien du tout !

    ils ont eu le pouvoir pendant 5 ans et qu’ont-ils fait ?

    Rien du tout !

    à part continuer à enfoncer la France dans le socialisme, le mondialisme et l’immigrationisme.

    ré information sur http://www.polemia.com et http://ripostelaique.com

  • François2 , 26 septembre 2012 @ 10 h 38 min

    Christian Vanneste l’a bien dit : aucun des prétendants à l’UMP n’est de droite. Avec l’UMPS la “solution finale” sera toujours en route : génocide par substitution de population (et de religion).

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