Peillon gâche tout !

Tribune libre de Robert Ménard*

Spontanément, on a envie d’applaudir. Enseigner la « morale laïque » à l’école, comme le propose Vincent Peillon, notre ministre de l’Éducation nationale, est une excellent idée (et pas une idée « pétainiste », comme l’ont dénoncé, stupidement, des politiciens de droite).

A l’heure où un quotidien, Le Parisien, s’interroge en une : « Les enseignants peuvent-ils encore contredire les élèves ? » (1), on se dit qu’il serait temps, en effet, de rappeler aux élèves ce que sont le respect, l’autorité, le travail. Mais patatras, voilà que notre ministre, à qui on demandait si les élèves ne devraient pas, par exemple, se lever à l’arrivée de leur professeur, s’offusque :

Ce n’est pas le sujet. Il ne faut pas confondre morale laïque et ordre moral.

Il me semble pourtant que tout cela est lié. Mais je ne dois rien y comprendre.

Il nous faudra attendre le rapport de la « mission de réflexion » – une de plus – pour savoir ce qu’il en sera de cette « morale laïque ». D’ici là, on est en droit de s’inquiéter quand on entend notre ministre – sur un autre registre – prétendre qu’il est impératif de revoir le système de notation des élèves. Il voudrait, dit-il, mettre en place « une politique de l’évaluation qui soit plus positive » et « encourageante ». Et d’expliquer qu’un 8 sur 20 peut être ressenti par un enfant « comme une sanction »

J’ai relu, cet été, Le premier homme, le roman inachevé d’Albert Camus. Il contient un chapitre, largement autobiographique, sur Monsieur Germain, son instituteur. Et ces quelques lignes :

(…) leur maître ne se vouait pas seulement à leur apprendre ce qu’il était payé pour leur enseigner, il les accueillait avec simplicité dans sa vie personnelle, il la vivait avec eux, leur racontant son enfance et l’histoire d’enfants qu’il avait connus, leur exposait ses points de vue, non point ses idées, car il était par exemple anticlérical comme beaucoup de ses confrères et n’avait jamais en classe un seul mot contre la religion, ni contre rien de ce qui pouvait être l’objet d’un choix ou d’une conviction, mais il n’en condamnait qu’avec plus de force ce qui ne souffrait pas de discussion, le vol, la délation, l’indélicatesse, la malpropreté (…).

C’était, il est vrai, il y a un bon millier d’années…

*Robert Ménard est journaliste et fondateur de l’association Reporters sans frontières.

> Son blog : robertmenard.fr

1. La une du Parisien fait suite à l’agression de deux enseignants. L’un par un jeune élève d’origine marocaine qui n’a pas supporté que son prof d’histoire-géo rappelle la nature peu démocratique du régime de Mohamed VI. L’autre par une mère d’origine antillaise qui a frappé une autre prof d’histoire-géo qui avait eu le culot de rappeler à l’ordre son fils indiscipliné. Un rappel à l’ordre évidemment raciste, a-t-elle expliqué, avant de gifler un policier et de donner un coup de pied à un autre. Mais qu’on se rassure, Vincent Peillon va créer un « Observatoire de la violence scolaire »

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10 Commentaires

  • fauvette , 25 Sep 2012 à 13:10 @ 13 h 10 min

    Il serait utile de relire Camus un des derniers grands auteurs de notre litterature Au moins comme chez Bernanos il y avait une pensee une revolte aussi et cela avait le privilege de nous faire rreflechir sur les enjeux de ce monde .ces auteurs pensaient positivement , avaient une morale ; et comprenaient combien il etait important pour l’homme de garder sa dignité et que celle ci n’était possible que si chacun prenait ses responsabilités vis à vis de lui meme et des autres.

  • Gérard , 25 Sep 2012 à 20:22 @ 20 h 22 min

    Quand on est capable d’affirmer que “seul un tout petit groupe de délinquants” est responsable de l’insécurité en France … alors qu’il existe 750 banlieues en effervescence … on ne risque plus rien à dire et faire n’importe quelle connerie, du moment qu’il s’agit de faire sombrer son pays dans la décadence la plus lamentable ! Peillon comme beaucoup d’autres !

  • Goupille , 25 Sep 2012 à 23:18 @ 23 h 18 min

    Je vous signale que Onfray (le “philosophe”) a fait tous les soirs de cet été une série d’émissions autour de Camus.
    Elles sont réécoutables sur le site de France Culture pendant trois ans à la rubrique “Une contre-histoire de la philosophie”.

    Il y dézingue toute la bien-pensance germano-pratine des années 30-50, Sartre, Beauvoir et la clique. Particulièrement remarquable et libérateur…

  • Goupille , 25 Sep 2012 à 23:28 @ 23 h 28 min

    Flamby 1er, contrairement à ses promesses, s’est entouré de repris de justice et d’amateurs.

    En conséquence, Flamby 1er n’est plus populaire qu’auprès de 43% des Français.
    Preuve que le Peuple de France est éminemment politique et loin d’être idiot.

    Laissons-les empiler connerie sur connerie : avant dix-huit mois, Législatives et cohabitation.

  • J'AI VOTE SARKOZY , 26 Sep 2012 à 8:49 @ 8 h 49 min

    Bien sûr … Morale ET Instruction cvivique sont nécessaires à l’école mais Peillon n’a rien inventé !!
    On dirait qu’il découvre l’eau chaude !

    Par contre, pourquoi ajouter “LAIQUE” si ce n’est pour provoquer ??

  • Christiane Lapotre , 26 Sep 2012 à 11:02 @ 11 h 02 min

    Que monsieur Peillon donne sa définition de la ” morale laïque” . jusqu’à présent, nous sommes dans le flou, on peut tout supposer. Vu ce que la “laïcité ” a fait de nos jeunes, on peut se demander, en effet, à quoi pense ce “ministre” pour achever de la corrompre tout-à-fait.

  • Julie , 26 Sep 2012 à 11:13 @ 11 h 13 min

    Savez vous ce que signifie banlieues ?! Banlieues n’est pas forcement synonyme de delinquance …

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