Valls veut effrayer la droite molle !

La focalisation du  gouvernement autour de la lutte contre l’extrême droite, au moment même où la droite s’autorisait des intrusions audacieuses en direction des thématiques FN, nous signale que la gauche libérale et ses mandataires financiers (on pense entre autres au trésorier de la campagne présidentielle de Hollande, Jean-Jacques Augier, propriétaire du magasine gaiement coquin Têtu) ne comptent pas abandonner sans combattre le champ des valeurs qu’ils occupaient jusqu’à présent sans partage. Une vaste campagne grossièrement hystérique contre l’extrême-droite – on a quand même frisé le burlesque avec les affaires Clément Méric et Varg Vikernes – au moment même où tout le monde s’accordait pour normaliser un certain nombre de sujets tabous, semble clairement lancée. Du moins, c’est ce qu’a laissé entendre le discours de Manuel Valls à l’Université d’été du PS, devant une foule de 150 personnes (!), où se sont mêlées pêle-mêle des attaques contre « l’extrême-droite », l’Œuvre française, Alain Soral ou Dieudonné !

Le tout alors que la France s’engage dans un processus irréversible et historique de décrochage économique. On peine vraiment à comprendre les priorités de notre sérieux gouvernement, même si nous savons bien que la stratégie de la diversion est une recette vieille comme le monde…

Mais ne nous trompons pas ! Cette campagne n’a pas directement vocation à faire baisser Marine Le Pen, ni à défendre – par le biais de la référence à Frédéric Haziza – le droit de la presse (20 pompes aux premiers qui rigole !!!). Non, elle n’a comme seul réel dessein d’effrayer la droite et ses édiles en leur signalant que ce qui était permis sous Sarkozy ne l’est plus. La gauche des nantis et des sur-nourris ressort sa vieille matraque usée de l’antifascisme contre les membres de la petite bourgeoisie, ceux-là même qui s’apprêtaient à répondre favorablement aux revendications du peuple qui travaille (il s’agit ici de la France des actifs modestes du secteur marchand ou, pour parler clairement, tous ceux dont le travail forcené finance intégralement notre dispositif social et public). On en voit déjà à droite qui s’empressent de répondre favorablement aux coups de semonce de Valls en réclamant un “droit d’inventaire”. Ce n’est pas encore gagné, certes !, mais rien ne dit que cette option de la menace antifasciste et de l’amalgame ne sera pas payante au final. Un bon fait divers bien raciste, savamment monté en épingle, suffirait certainement à faire plier tous ces éternels hésitants dont fourmille l’UMP, si prompts à trembler de trouille devant la gauche morale.

L’objectif étant bien évidement ici d’éviter une rupture de digue. Si l’offensive de Valls portait ses fruits, Marine Le Pen pourrait espérer grappiller 2 ou 3% (et encore…) mais n’aurait alors plus aucune perspective d’établir des passerelles en direction des éléments UMP les plus fragiles, et notamment tout ceux qui se disent favorables à une alliance avec le FN (soit plus de 60% des sympathisants et pas moins de 30% à 40% des élus). Cependant, cette stratégie ne pourrait être payante que dans l’hypothèse où le système s’avérerait capable de redresser la barre économique en restaurant une vraie croissance et une baisse significative du chômage (bref, un doux miracle)… Si jamais la situation venait encore à s’aggraver, voire brusquement s’affaisser, la stratégie de l’endiguement pourrait parfaitement provoquer une éblouissante explosion électorale du FN !

Imaginons cinq minutes une UMP qui passerait sous le contrôle des “fillonistes” ou, plus drôle encore, une UMP qui éclaterait en deux avec le retour du très hilarant RUMP, ceci dans le cadre d’un climat social affichant un taux de chômage à 25% et des retards chroniques (faute de trouver des créditeurs sur les marchés) dans le versement des pensons de retraite. Il ne fait alors plus aucun doute que, comme en Turquie il y a 10 ans, l’arsenal électoral censé handicaper les partis d’opposition hors système se retourneraient, par un redoutable effet de levier, contre ses instigateurs en propulsant le FN et ses élus à un bon nombre des postes de commande stratégiques.

La seule question serait alors : une telle explosion ne serait-elle pas fatale au FN, en considérant la très aléatoire qualité des élus et cadres que parvient péniblement à aligner le parti de droite national ? L’énorme défi que le FN devrait relever en priorité consisterait donc à rapidement recruter de vrais cadres, politiquement et idéologiquement formés. Des cadres capables d’assurer une fonction plus exigeante que celle d’arborer béatement une pancarte à l’effigie de Marine. Or, le FN ne peut les trouver que là où ils sont, c’est-à-dire chez les « incontrôlés » identitaires, les félons du MNR et parmi tous les anciens membres du FN abandonnés sur la route depuis la scission de 1998. Le FN va donc devoir s’ouvrir à sa sociologie militante historique – tout en gardant le cap tracé par sa Présidente –  ou bien prendre le risque d’échouer au moment de gravir la dernière marche.

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35 Comments

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  • Charles , 27 août 2013 @ 10 h 48 min

    Dans votre dernier paragraphe ,vous mettez le pied sur la queue du chat.
    Il y a effectivement une insuffisance chronique de cadres (50/65 ans)au FN.

    Il y a meme un trou sur cette tranche d’age.

    De plus,des alliances avec des élus UMP ne pourra avoir lieu
    que avec des “repentis “devenus ex UMP.
    Que faire ????

    Disons qu’il nous manque un joker dans le jeu.

    L’émergence d’un “mouvement” venu du noyau des veilleurs
    et qui sache définir une plateforme avec des principes qui captent
    une première tranche d’électeurs ,ex UMP ou ex Abstentionnistes.

    Un tel mouvement n’étant pas concurrent du FN et considérant d’emblée Marine
    (meme sans son accord) comme le meilleur candidat (ou le moins mauvais) pour 2017,
    à supposer que nous soyons encore sur terre cette année là.

  • mariedefrance , 27 août 2013 @ 11 h 46 min

    MLP ne peut donner que ce qu’elle a et il lui manque tout de même qq renforts effectivement au sein de son parti.
    MLP veut -contrairement à son père- le pouvoir et c’est une bosseuse.
    En plus…… c’est une Bretonne !:-) têtue à ce que l’on dit.

    Mais les socialo-coco savent très bien que le FN monte, monte… comme la petite bête de mon enfance !
    (Confirmation reçue d’un sous-préfet)
    Ils ont la pétoche !!

    Je ne crois pas que les Français se laisseront manipulés comme précédemment : les faits sont trop clairs désormais.
    Un avocat, un cardiologue, un retraité de la police, un radiologue, des quadras m’ont confirmé leur STOP, çà suffit !
    Ils voteront pour un électrochoc.
    Vous avouerez que ce n’est pas la clientèle habituelle du FN.

    Maintenant, d’après mes sources, il sera bon aussi que le FN écoute davantage sa base.
    il parait que çà manque aussi.

    Question UMP, rien n’va plus ou y’a encore de l’eau dans l’gaz :

    http://www.francetvinfo.fr/politique/universites-d-ete/agace-par-sarkozy-cope-prend-ses-libertes_397145.html#xtor=EPR-2-%5Bnewsletterquotidienne%5D-20130827-%5Blespluscommentes/titre2%5D-%5Bfacebook%5D

  • Mr POLFORD , 27 août 2013 @ 12 h 03 min

    Même si ça n’est pas le propos principal de ce sujet, je relève ceci : “Jean-Jacques Augier, propriétaire du magasine gaiement coquin Têtu”.
    Outre qu’une belle faute d’orthographe a été faite dans le mot “magazine”, je pense que “gaiement coquin” est pour le moins inadapté ! “franchement pédérastique” ou plutôt “carrément uraniste” ou bien encore “ouvertement sodomite” auraient été des termes plus adaptés à ce magazine répugnant qu’est TETU…

    Pour le reste, rien de bien nouveau puisqu’il est clair que depuis pas mal de temps les politicards véreux de tous bords essaient de caresser les électeurs potentiels du FN dans le sens du poil… :(

  • François Desvignes , 27 août 2013 @ 12 h 29 min

    Non, non, rassurez-vous, Charles, en 2017, vous serez encore sur terre : nous y veillerons.

    La SARL Le Pen, c’est moins sûr : ils sont trop laiques dans la famille, trop mariannistes, pas assez français à la manière sinon de Renan ou de Maurras, de Bernanos.

    A force de vouloir se faire inviter (régulièrement) au château, nos LEPEN chuchottent le christianisme, donnent raison à Marianne d’avoir signifié une interdiction de séjour au Christ.

    C’est d’un point de vue tactique et stratégique une erreur colossale : les LEPEN se trompent de siècle et de peuple.

    Le XXI siècle sera chrétien.
    La France est chrétienne
    Le XXI siècle sera français.

    A l’envers de ce que fût le XX siècle, sur les paradigmes desquels les LEPEN sont restés :

    Le XX siècle était athée, prenant Dieu pour un con.
    La république était athée prenant la France pour une arriérée.
    La république était maçonnique prenant le fait religieux pour un archaisme.

    Si vous êtes du XXI siècle vous ne pouvez être ni athée, ni républicain, ni franc-maçon.

    Et si vous voulez être quelque chose (d’utile) dans le XXI siècle ce n’est qu’à la condition d’être tout à la fois christophile, francophile et royalisant.

    Il ne manque pas un mais deux jokers à la SARL LEPEN : le Christ , le Roi (puisque je ne doute pas qu’ils soient sincèrement francophiles)

    Qui se réduisent en France à un joker: le Christ-Roi.

    Nous allons le voir arriver : il s’appelle Henri de la Croix.

    Si les LEPEN comprennent et s’inclinent devant ce fait historique, ils ne porteront peut-etre pas la Couronne mais seront de la Couronne, comme tous les français, pour être en communion avec Elle.

    Et abandonneront l’ancien bordel de la rue Saint Honoré à ce qu’il a toujours été : un cloaque de pus.

  • mariedefrance , 27 août 2013 @ 12 h 58 min

    François Desvignes, je vous le dis gentillement mais vous êtes extrêmiste.
    Comment voulez-vous que dans ce pays socialiste, la royauté revienne au devant de la scène.
    Vous savez très bien et Sarkozy me l’a envoyé en pleine figure avec son ouverture, ce pays est à gauche.

    Sous couvert d’humanisme, de droits de l’hommisme, “ils” nous ont amusés, abusés pendant plus de 40ans.

    Il faut aux Français 30 ans pour s’apercevoir que la France s’est soumise non seulement à l’islam mais à une entité non démocratique qu’est l’UE.

    Comment voudriez-vous remonter dans le temps même avec tous les beaux et nobles arguments que vous avancez ?
    Votre propre révolution ne ramènera pas un roi.

    Les Le Pen ont un joker : Jeanne d’Arc.

  • Diex Aïe ! , 27 août 2013 @ 13 h 11 min

    pour une raison économique par exemple, vue qu’ils n’ont que ce mot là à la bouche :
    L’un de nos amis, qui vit au Royaume de Belgique, nous a communiqué une étude qui date du mois d’avril 2012 et qui, à ma connaissance – et on se demande bien pourquoi (!!!) – , n’a pas fait l’objet de diffusion dans les grands média français : il s’agit du sixième rapport sur le coût des chefs d’Etats européens publié par Monsieur Herman Matthijs, professeur d’administration et de finances publiques à l’Université de Gand.

    Le Professeur Matthijs est connu pour sa probité intellectuelle et sa rigueur, on ne peut lui reprocher de faire intervenir des idées partisanes ou des préjugés idéologiques dans son travail.
    Le Professeur Matthijs publie des chiffres : ces chiffres parlent d’eux-mêmes sans avoir besoin d’être longuement interprétés…

    Le rapport du Professeur Herman Matthijs révèle donc que le président de la république française est le chef d’État le plus coûteux d’Europe : en effet, le budget de la présidence de la république française s’élevait, à la parution du rapport, à 111,7 millions d’euros.
    Le budget de la présidence de la république fédérale d’Allemagne, s’élevait, lui, à 30,7 millions d’euros.

    Par ordre décroissant, voici ensuite le budget des différentes royautés européennes :
    – pour la couronne néerlandaise : 39,4 millions d’euros ;
    – pour la couronne britannique : 38,2 millions d’euros ;
    – la couronne norvégienne : 25,2 millions d’euros ;
    – la couronne belge : 14,2 millions d’euros ;
    – la couronne suédoise : 13,9 millions d’euros ;
    – la couronne danoise : 13,2 millions d’euros ;
    – la couronne luxembourgeoise : 9,2 millions d’euros ;
    – la couronne espagnole : 8,2 millions d’euros.

    Habituellement, dans ces royautés, les souverains ne partent pas à la retraite, tandis que la république française doit pourvoir à la retraite de trois anciens présidents qui ont coûté chacun 1,5 millions d’euros en 2012.

    En outre, il faut ajouter que, dans les pays où il y a un roi ou une reine, la succession est réglée à l’avance, tandis qu’en France elle fait l’objet d’élections dont le coût s’avère absolument exorbitant : pour les élections présidentielles de 2012, il a atteint 228 millions d’euros.

    Si les budgets annuels restent à peu près stables, et malgré le décret de la fin août 2012 qui a réduit de 30% la rémunération du président de la république, le coût du quinquennat de François Hollande s’élèvera à près de 809 millions d’euros, en tenant compte des élections présidentielles et des retraites.

    Selon les mêmes conditions et pour la même période, la royauté néerlandaise devrait coûter 197 millions d’euros.
    La royauté britannique, 191 millions d’euros.
    La royauté norvégienne, 126 millions d’euros.
    La royauté belge, 71 millions d’euros.
    La royauté suédoise, 69,5 millions d’euros.
    La royauté danoise, 66 millions d’euros.
    La souveraineté luxembourgeoise, 46 millions d’euros.
    La royauté espagnole, 41 millions d’euros.

    Ainsi donc, alors que la présidence de la république devrait coûter aux Français quelque 809 millions d’euros sous le quinquennat de François Hollande, dans le même temps les huit principaux souverains européens réunis ne devraient coûter que 807,5 millions d’euros à l’ensemble de leurs sujets, c’est-à-dire qu’à eux huit ils atteignent à peine le coût total de l’actuel président et des trois présidents retraités, en France !

    Avec un budget annuel de 40 millions d’euros par an, un Roi de France reviendrait donc 75% moins cher que l’actuel président de la république.

    Et après cela, malgré l’implacable objectivité des chiffres, en France, on persiste à faire croire aux gens que la royauté est un régime dispendieux et que ce sont les Rois qui dilapident les finances publiques…

  • mariedefrance , 27 août 2013 @ 13 h 34 min

    D’accord, la Gueuse coûte plus cher mais dites moi comment vous allez faire revenir un Roi en France ?

    J’ai expliqué ci dessus combien de temps il fallait aux Français pour prendre conscience des faits politiques et des modifications pernicieuses qui leur sont imposées par manque de démocratie.

    Car, si nous n’avons pas de roi,
    nous n’avons même plus de démocratie !!

    Dernière preuve en date : 2005.

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