Où est passée la droite ?

Où est passée la droite ?

Le paysage politique créé par l’élection présidentielle, tel qu’il apparaît dans les médias, est surréaliste. Après un quinquennat lamentable, l’un de ceux qui avaient concouru au désastre s’est retrouvé Président de la République, porté par une vague énorme qui a déposé la politique française sur une grève inconnue des spécialistes de notre géographie politique. La capitulation de Hollande signifiait l’aveu de l’échec socialiste. Dans un système politique cohérent, comme c’est le cas dans la plupart des grandes démocraties, l’opposition, la « droite » LR-UDI, devait donc pratiquer l’alternance. Elle venait de gagner toutes les élections locales des municipales aux régionales, et devait emporter l’Elysée, le Palais Bourbon et Matignon. Le missile médiatique et judiciaire du « Pénélopegate » a fait exploser Fillon en vol après des primaires triomphales, et une fois Macron élu, sur un style, non sur un bilan, ni sur un projet, une nouvelle majorité disparate et abritée derrière son nom a remporté les élections législatives. En Marche n’est pas un parti. C’est un conglomérat aux contours et à l’identité mal définis qui comprend des carriéristes socialistes rescapés, des arrivistes républicains assoiffés de pouvoir, et des amateurs plus ou moins éclairés venus de la société civile. Ils constituent l’un des sept groupes de l’Assemblée Nationale, à lui seul majoritaire. A sa gauche, siègent les députés de « France Insoumise », les communistes sous l’étiquette « Gauche Démocrate et Républicaine », les socialistes sous celle de « Nouvelle Gauche ». On remarquera donc qu’après un échec inouï, la gauche est toujours représentée par trois groupes, sans compter celui qui a pour président le député Ferrant, ex-socialiste, comme un certain nombre des autres membres de La République en Marche. Les dénominations sont intéressantes. Communistes et socialistes pratiquent l’antiphrase salvatrice. Démocrates et républicains, les communistes ? Sans doute comme les démocraties populaires étaient démocratiques. Nouveaux, les socialistes ? Ils le disent pour effacer leur incapacité à adapter leur idéologie surannée à notre temps. Quant à La République en Marche, c’est sous ce titre que Zola a rassemblé ses lettres écrites sur les séances du parlement de Bordeaux et de Versailles, à la naissance de la IIIe République. Un peu excessif pour un groupe qui ne risque pas de jouer un rôle historique semblable, mais peut-être bien vu, si on se réfère aux passages les plus ironiques sur le comportement des honorables parlementaires et sur le déroulement des séances, tels que Zola s’est plu à les décrire.

On pose la vraie question avec effarement : où est passée la droite ? A l’Assemblée, elle a éclaté en deux groupes, les Républicains et les Constructifs, les seconds ayant choisi cet adjectif sans doute pour être agréables envers les premiers… Le Modem qu’on pourrait classer au Centre-Droit n’existe que dans le sillage présidentiel, mais dès après l’élection, Bayrou a été évincé. Il redevient donc critique et estime que la politique menée n’est pas lisible. Cet homme n’aura décidément existé que dans l’aigreur de ses ambitions déçues. Enfin le parti qui a porté son candidat au second tour de l’élection présidentielle n’a pas pu constituer un groupe à l’Assemblée, ce qui restreint ses capacités d’intervention. Ce cordon sanitaire tendu autour du Front National par tous les autres est une injure faite à la démocratie et à la République. La légitimité d’un élu de ce parti est à l’évidence beaucoup plus solide sur tous les plans que celle d’un communiste. Que le FN soit dans l’obligation de se réformer pour accéder au pouvoir, et pour s’allier avec d’autres dans ce but, comme le conseille Robert Ménard, procède du bon sens. Néanmoins, même si ses idées, comme l’abandon de l’Euro, ne séduiront jamais une majorité de Français, il est scandaleux qu’une formation qui a réuni le tiers des électeurs soit à peine représentée au Parlement et ne puisse y former un groupe pour qu’au moins ses idées, bonnes ou mauvaises, puissent bénéficier d’un débat.

A la veille de la rentrée, Macron réinvestit le champ médiatique et demande à son Premier Ministre d’exister davantage. L’opposition se fait entendre à gauche, et de manière surprenante par la bouche de l’ancien Président, qui, toute honte bue, vante son bilan et invite son successeur à ne pas demander de sacrifice inutile aux Français. Aveuglement ou arrogance ? Les mauvais chiffres du mois de Juillet, avec une augmentation de 1% du chômage et 35000 chômeurs de plus, le rendent une fois de plus grotesque. La croissance n’est pas française. La France en bénéficie, mais cela ne se traduit pas en termes d’emplois. Hollande a encore perdu une occasion de se taire. Alors l’opposition qu’on attend à la rentrée, ce sera celle de la gauche extrême, avec Mélenchon qui contestera les mesures économiques et sociales, la réforme du code du travail ou la fiscalité. Il se trouvera en phase avec la CGT. Les Républicains divisés sur ces sujets et avec trois transfuges au gouvernement pour porter cette politique auront du mal à se faire entendre pour dire : nous préférons la TVA à la CSG. Cela ne risque pas d’enthousiasmer les foules…

La France devait connaître une alternance à droite. Non seulement cela ne s’est pas produit, mais le débat national semble aujourd’hui se circonscrire à l’affrontement entre le centre-gauche et l’extrême gauche. Etrange pays qui, par distraction, soigne son mal en l’aggravant !

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5 Commentaires

  • Bistouille Poirot , 29 Août 2017 à 5:34 @ 5 h 34 min

    “Où est passée la droite?” ou comment passer la première avec une boîte manuelle ? Mais tout simplement en actionnant un levier de vitesse. La boîte étant automatique, la boutique est en marche sans que personne ne s’inquiète de l’état de la chaussée avec 35.000 chômeurs de plus dont l’ancien commandator a traduit l’apparition comme étant le fruit d’un quinquennat laborieux, probablement à l’image de celui “défendu” dans le jardin de l’Eden. Dans le véhicule, un volant, certes que la gauche privée du permis de conduire voudrait tenir. La gauche, que dis-je, Les gauches, puisqu’elles trouvent encore le moyen d’être plusieurs autour d’un gâteau réduit à la taille d’un macaron sans que les appétits ne cessent de s’aiguiser. Sur la banquette arrière la droite en voie de régression est en passe d’occuper la malle et le tout, mécanique et mort vivant, est tout juste bon à jouer la voiture bélier, rater heureusement quelques touristes sur le pont de l’Alma pour finir dans la Seine en éclaboussant le zouave du même nom. Chirac avait prévu qu’un jour on pourrait s’y baigner ! Ca craint. Au suivant !….

  • JOSEPHINE , 29 Août 2017 à 9:21 @ 9 h 21 min

    La droite est malade. La gauche est mourante. L’extrême gauche ne sait plus qui mordre et reste au terrier. La bonne droite avec MLP semble s’être éteinte face à la “connerie” d’une partie de la population Française qui est tombée en amour devant Macron plutôt que devant ELLE. Bref, nous sommes dans la “merde” côté espoir d’un meilleur avenir pour la FRANCE demain. Notre avenir étant celui pensé et décidé par l’U.E et le nain de jardin psychopathe de l’Elysée, à savoir, notre islamisation programmée et imposée sans referendum.

    Si la droite existe elle est parmi nos Armées qui dérouillent comme nous, parce que méprisées comme nous, avec des personnalités telles que celle du Général Pierre de VILLIERS et de son Frère qui ne sont pas Hommes à se laisser “baiser” par des imposteurs et des racailles de haute voltige.

  • MARIE , 29 Août 2017 à 11:24 @ 11 h 24 min

    l’abandon de l’Euro, ne séduiront jamais une majorité de Français ???? C’est vous qui le dîtes !

    L’UE, institution fasciste, plait aux collabos pour qui voir le pays sous tutelle de tiers ne leurs posent aucun problème ….

    Nous sommes dans le IVème REICH point barre ne vous en déplaise ….

    Quant à la droite la principale erreur aura été de mélanger RPR de l’époque avec les centristes : nous avons aujourd’hui le résultat calamiteux de cette entreprise pour le moins hasardeuse ….

  • François2 , 29 Août 2017 à 18:15 @ 18 h 15 min

    Il n’y a plus de droites qu’elles soit fausse ou vraie, nationale ou autre. Sinon l’une ou l’autre aurait demandé l’ IMMIGRATION ZERO. Est-ce que l’une de ces droites sait que c’est possible avec REMPLACER LES IMMIGRES PAR DES EXPATRIES (> tapez ; sinon pour correspondance : [email protected] ). A part Françoia Fillon que je sais qu’il le sait, mais qui n’en a rien voulu faire. A ma connaissance, même Christian Vanneste ne le sait pas…

  • Pascal , 30 Août 2017 à 10:38 @ 10 h 38 min

    Où est passée la droite ? Elle est hélas dans son rôle historique en participant au cordon sanitaire contre le seul parti d’envergure, patriote, social et républicain, le FN.

    En se sacrifiant, la droite a contribué au triomphe du macronisme politique qui consiste en la jonction entre deux bourgeoisies, la classique et la « bohème » (la sociétale). Cette dernière, à la pointe de la gentrification, championne du mépris et de la haine de classe (tout étant décontractée, décalée et portant blue jean) en n’assumant pas sa position de classe (Christophe Guilluy) est bien plus odieuse que la bourgeoisie traditionnelle ou classique (BCBG pour faire court).

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