Les dessous pas chics d’une affaire louche

Le cas Mohamed Merah nous distille tous les jours son petit lot d’informations croustillantes.

Mardi, Yves Bonnet, ex-directeur de la DST, laissait entendre que Merah était mieux connu par la DCRI que celle-ci veut bien l’admettre. En clair, il suggérait qu’il aurait pu être un indic de ladite direction.
La DCRI dément. Querelle de spécialistes que nous ne trancherons pas par manque d’éléments. L’important est quand même que la question ait été posée.

Dès la conclusion du siège, l’ex-Préfet Prouteau, créateur du GIGN, répétait à qui voulait l’entendre que, soit le RAID était composé d’agents mononeurone, soit plus probablement que le siège avait été mis en scène pour le plus grand profit d’un haut personnage de l’État qui pourrait postuler au renouvellement de son mandat. Mais ce ne sont que de sordides rumeurs.

Le père de Merah qui connait bien son droit pour avoir effectué quelques années de prison en France et en avoir été ensuite expulsé avant que Sarkozy interdise la « double peine », pense que la peine de mort n’existant plus en France et les moyens techniques permettant de neutraliser son fils existant, jamais celui-ci n’aurait dû périr dans une fusillade. Nous sommes un fervent partisan de la peine de mort, mais il faut reconnaitre au père le mérite de montrer l’absurdité d’un système qui refuse la mort pour les criminels : Tout assassin a droit à la vie.

La réponse du ministre de l’Intérieur au père indécent est particulièrement croustillante :

Je voudrais lui rappeler que son fils a tué de sang-froid sept personnes, dont trois enfants exécutés (sic) à bout portant en les pourchassant dans une cour d’école.

C’est complètement vrai et les crimes sont particulièrement odieux, mais depuis 1981, la peine de mort a été abolie en « standing ovation » même pour les assassins d’enfants, de femmes et de personnes faibles, quel que soit le mode opératoire. Il faudrait un peu assumer vos actes, messieurs les politiciens !

On apprend aussi, que le tueur de Toulouse a probablement été placé sur écoute en 2011.  Plus exactement, on nous dit que la commission chargée d’examiner les demandes d’écoutes ne s’y est pas opposée…

On ne devrait  pas tarder à se poser la question de savoir pourquoi cette affaire qui semblait bien partie pour être un Copernic bis est brutalement revenue dans la bonne direction ? C’est le ministre de la Défense qui, il y a peu, déclarait qu’un temps considérable avait été perdu à examiner les dossiers de 20 000 anciens militaires susceptibles d’être des sympathisants de la bête immonde avant que l’on s’intéresse enfin à la piste islamiste. Ce n’est pas moi qui le dit, c’est lui (bien qu’il semble que le Web ait soigneusement épuré cette déclaration que je n’ai retrouvée que sur NouvelObs.com) :

Gérard Longuet, ministre de la Défense, a estimé ce vendredi que les enquêteurs sur les tueries de Toulouse et Montauban avaient « perdu un temps considérable », parce que « certains » se sont d’abord focalisés sur la piste d’anciens militaires soupçonnés d’être impliqués.

« Nous avons perdu un temps considérable, parce que certains voulaient absolument que ce soit dans une direction qu’il faille chercher et pas dans toutes les directions », a-t-il déclaré lors de la Matinale de Canal +.

« Il y avait une suspicion, pour les anciens militaires en général ». « Cette suspicion, nous l’avons d’ailleurs épuisée, puisque la Direction de la protection sécurité Défense a examiné près de 20.000 dossiers. 20.000 dossiers, ça demande du temps », a-t-il ajouté. »

La première réaction du Président-candidat a été de proposer une loi liberticide de plus qui va permettre de bien quadriller le Web illustrant parfaitement la thèse d’Éric Werner (L’avant Guerre civile), à savoir que le terrorisme et la criminalité ont un but utilitariste : contraindre toujours un peu plus les honnêtes gens avec leur consentement voire à leur demande.

Finalement le NOM s’en sort très bien.

Son candidat de 2007 semble tirer les marrons du feu, de même que le candidat de la gauche altermondialiste, petite sœur du NOM. La candidate FN ne semble pas pour l’instant en retirer d’avantage notable alors que cette affaire illustre au mieux les thèses de son parti.

J’ai comme l’impression qu’au matin du 6 mai 2012, un grand nombre de nos concitoyens vont se réveiller avec une douleur sourde dans le bas du dos et se demander pourquoi il y a une boîte de GHB sur leur table de nuit.

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