Hollande, ou comment se prendre les pieds dans le tapis rouge

Tribune libre de Christian Vanneste*

Un mot résume ce début de présidence : contradictions !

Contradictions entre le discours de campagne et les mesures prises, d’abord. Mais ce décalage est lui-même dû à un déni de la réalité, à une contradiction fondamentale entre la situation de la France dans le monde tel qu’il est et le programme de la gauche. À cela s’ajoutent des contradictions dans la mise en œuvre des mesures ou entre les mesures elles-mêmes. Les Français, qui ont choisi l’alternance dans la crise comme tous les Européens, découvrent avec effarement que le « capitaine de pédalo » manque de compétence et de volonté, et que son équipe fait des châteaux de sable sur la plage tandis que la tempête, sans surprise, arrive avec la montée du chômage.

Pour le nordiste que je suis, la nouvelle qui se murmure aujourd’hui est révélatrice de cette incohérence : le canal Seine-Nord serait abandonné ! On proclame vouloir lancer le trident « Croissance-Investissement-Emploi », on bonimente sur le prétendu volet croissance du pacte de stabilité obtenu à l’arraché de la vertueuse, mais rigide Angela (120 petits milliards, dont 50 déjà actés, non dépensés) et on bloquerait un investissement essentiel pour relayer la France à l’Europe du Nord ! On se priverait de travaux importants générant de nombreux emplois dans une région en difficulté ! Au grand dam des « Verts », on laisserait s’engorger un peu plus l’autoroute A1, alors que les gouvernements précédents, et ses ministres de gauche, comme NKM avaient abandonné la réalisation de l’indispensable A24 voulue par Robien ! Et ce serait, comme toujours, pour financer les dépenses de fonctionnement, démagogiques et à court terme, les « Emplois d’Avenir », ce retour vers le passé des TUC, ces ersatz d’occupation, ni formateurs, ni créateurs de richesses.

Le candidat socialiste avait annoncé un blocage du prix des carburants : étrange idée soviétique pour des produits dont le prix dépend d’un marché mondial, de la parité monétaire, et d’une concurrence entre les entreprises, par exemple, en capacité d’investissement, ou en rémunération légitime des actionnaires… Comme cette proposition était juste stupide, on se contente d’abord de diminuer provisoirement les taxes… C’est-à-dire, les rentrées fiscales de l’État ! Alors que l’un des objectifs gouvernementaux est de diminuer déficit et endettement publics, on dilapide 300 millions !

“Gribouille est au pouvoir et avec sa chute de 11 points dans les sondages, son bricolage va finir par faire apparaître aux yeux des Français le mandat présidentiel précédent comme un modèle de bonne gestion.”

La politique du logement demande des actions décisives et urgentes. Les chiffres sont mauvais : le deuxième trimestre a connu une baisse de 15,4% des logements neufs mis en vente et un recul de 13,9% des ventes. La majorité s’est empressée d’annuler le dispositif Apparu, mais pour lui substituer une offre gratuite aux collectivités de terrains appartenant à l’État.. au mépris une fois encore des recettes et de l’équilibre budgétaire ! Il s’y ajoute, non le doublement du plafond du livret A promis, mais une augmentation de 25%, alors que peu nombreux sont les livrets totalement crédités, et que ces économies vont évidemment rogner une consommation pourtant toujours brandie comme  la panacée de notre économie.

On ne peut passer sous silence la politique énergétique. Par souci d’économie, sans doute, Montebourg a, à la fois vendu la mèche et il l’ a allumée, en rappelant que le nucléaire était à l’évidence une énergie d’avenir pour la France. On se demande seulement ce que les « Verts » vont dire, lorsqu’on ne pourra pas se passer non plus du gaz de schiste. Étant donné le poids de la Seine-et-Marne dans l’opposition, elle s’y est refusée lorsqu’elle était majoritaire, mais je parie que, tôt ou tard, la France sera contrainte de faire le choix de la responsabilité économique.

Enfin, cerise sur le gâteau, se développe la cacophonie gouvernementale et socialiste à propos des Roms : fermeté devant la montée de la délinquance ro…, pardon, roumaine, expulsions, la main sur le cœur et les yeux embués, devant des conditions inhumaines de logement… Il faut donc les reloger, avant de détruire les bidonvilles, et on va leur ouvrir le marché de l’emploi, mais par ailleurs on ne va pas ouvrir de prison… Lorsque le travail manque, de nouveaux demandeurs d’emploi ; lorsque la demande de logement est insatisfaite, de nouveaux besoins ; lorsque la délinquance augmente, moins de prisons : Gribouille est au pouvoir et avec sa chute de 11 points dans les sondages, son bricolage va finir par faire apparaître aux yeux des Français le mandat présidentiel précédent comme un modèle de bonne gestion. La lucidité et l’honnêteté nous obligent à dire que la situation actuelle de notre pays, 11e de l’Union européenne pour le PIB par habitant, n’est pas seulement due aux socialistes d’avant-hier et d’aujourd’hui, mais aussi aux majorités de « droite » incapables de faire les réformes structurelles courageuses qui s’imposaient, et qu’ont réalisées nombre de pays qui nous devancent.

*Christian Vanneste est un ancien député UMP du Nord.

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3 Commentaires

  • Pesneau , 30 Août 2012 à 10:43 @ 10 h 43 min

    Gribouille se fout à l’eau pour ne pas être mouillé par la pluie, ensuite il en émerge avec un un sourire béat en demi-lune. Bonne politique

  • Odette de Lannoy , 31 Août 2012 à 9:54 @ 9 h 54 min

    Ce n’est pas tout a fait la réponse, mais j’ai le souvenir d’un dimanche matin ou j’avais allumé la radio.Une voix érayée et hurlante présentait sa façon de penser sur les avortements. Il hurlait comme un possédés ” Il y a des avortoirs dans les hopitaux ils sont faits pour ça ” La voix appartenait à François Hollande…je n’oublierai jamais jamais…

  • mathieu , 31 Août 2012 à 12:11 @ 12 h 11 min

    Les socialistes font systématiquement le contraire de Sarkozy. Mais le contraire d’une erreur peut être une bonne action. Le canal Seine-Nord était un gaspillage de plus de 4 milliards: il aurait dû transporter à grands frais des marchandises pondéreuses qui actuellement prennent le train. Comme pour les LGV inutiles qu’ils arrêtent, (décidées auparavant dans le seul but de faire plaisir à certains Verts, il arrive aux socialistes de faire des économies intelligentes.

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