Coronavirus : une belle gestion de crise en Socialie

Il n’y a maintenant plus aucun doute : la France subit, à son tour, l’épidémie de méchants virus. Luttant pied à pied sur tous les fronts, depuis la communication gouvernementale jusqu’aux graphiques flous des institutions en passant par les messages apaisants dans les administrations et les affiches fièrement placardées dans les aéroports et aux postes frontière, tout a été fait pour que la panique ne s’empare pas du peuple.

Au milieu de la peur, de l’incertitude et des doutes qui envahissent progressivement les esprits, quelques éléments semblent heureusement de plus en plus clairs : si on doit mourir un jour, nous ne mourrons pas tous de ce virus, et, très manifestement, si prendre le TGV constitue un vrai risque, prendre le métro va rapidement devenir impossible puisque ses employés invoquent déjà le droit de retrait.

Nervosité qu’on peut d’autant plus comprendre qu’il apparaît qu’une agent de station de la ligne 6 du métro parisien a été testé positive au Coronavirus et qu’elle a travaillé, en clientèle, pendant une semaine avant d’être envoyée à l’hôpital.

On le comprend : à présent, le nombre de cas officiel (autour de 300 à l’heure où sont écrites ces lignes) est probablement très sous-évalué et la France est bien plus sûrement en phase 3 (le virus fait du tourisme partout dans l’hexagone) qu’en phase 2 (où le gouvernement, fièrement armé de ses masques FFP2 son meilleur ministre de la santé, tente de ralentir l’expansion du virus).

C’est donc, nonobstant la gravité effective du virus – qu’on ne connaîtra vraiment qu’une fois le pic épidémique mondial passé – une crise sanitaire qu’il faut gérer. Ce n’est jamais simple dans un pays affûté ; en Socialie française, cela nous donne ces petits mouvements chaloupés d’improvisation, de déclarations rapidement démenties, d’agitation cosmétique et de batailles de chiffres très télégéniques mais décidément assez peu opératoires.

Et alors que le pays va devoir vraisemblablement affronter un nombre important de personnes en détresse respiratoire propulsées dans un système de santé déjà passablement stressé par des décennies de gabegies, de mauvaise gestion, de délitements divers et de bureaucratie handicapante, nos gouvernants se montrent évidemment tout à fait à la hauteur.
On pourra évoquer le cas symptomatique (toussotements inclus) de Catherine Lemorton, de la Réserve Sanitaire de Santé Publique France et qui en a pris la direction le 1er mars 2019, après avoir été débarquée de son poste de députée socialiste de Toulouse et de présidente de la commission des Affaires sociales de l’Assemblée ; qu’a-t-elle bien pu faire du stock stratégique de matériel sanitaire nécessaire pour la médecine de proximité dont un rapport du Sénat indiquait, en mai 2009, qu’il contenait 463 millions de masques FFP2 ?

On devra aussi mentionner les efforts notables de notre Bruno Le Maire national sans lequel ce drame n’aurait pas immédiatement son petit côté clownesque : constatant la hausse (inévitable et logique) des prix des solutions hydroalcooliques ainsi que des masques chirurgicaux et des masques de protection, voilà que, n’y connassant de façon maintenant certaine et scientifiquement prouvée absolument rien en économie de base, notre ministre de l’Économie décide d’imposer un encadrement des prix de ces produits ; il ne faudrait pas que certains spéculent, voyez-vous.

Et tant pis si le prix est un signal très clair permettant au marché de diriger rapidement une partie des capitaux vers les besoins les plus prégnants. Tant pis si cet encadrement des prix provoquera une pénurie plus sûrement qu’autre chose. Tout ceci a déjà été vécu (rappelez-vous la tempête Sandy et l’encadrement des prix de l’essence qui avait abouti à des pénuries sévères). Pour rappel, si on impose aux vendeurs et aux distributeurs de continuer à faire des profits ordinaires, ils n’auront aucune raison de faire des efforts extraordinaires pour accroître l’offre, qui, elle, n’a aucune raison de diminuer. L’échec est garanti. Merci Bruno.

On comprend donc aisément que cette crise est en de bonnes mains : la Socialie et la côterie de clowns à roulettes qui font mine de nous gouverner sont déjà à pied d’œuvre pour rendre pénible voire carrément dangereux ce qui apparaissait déjà comme un très mauvais moment à passer.

Rassurons-nous cependant. Notre brochette d’imposteurs ne perd pas le nord puisqu’une chose semble sûre : il n’y aura pas de report des élections municipales. D’ici là (deux semaines), l’épidémie sera à son point haut, il serait dommage de ne pas organiser quelques petits happenings festifs autour des urnes histoire de s’échanger les dernières nouvelles… variantes du coronavirus.

En multipliant les démonstrations de la sorte, nos gouvernants ne font qu’une chose : occuper stérilement le paysage médiatique et pousser, une fois encore, l’État français à nous faire oublier, à tous, l’importance pourtant cruciale de l’individu. Le premier rempart contre tout virus, c’est nous-mêmes au travers de notre hygiène (les gestes de propreté élémentaires et une nourriture adaptée qui nous permet d’avoir un système immunitaire en bon état), de notre résilience, de notre capacité d’adaptation, ainsi que, collectivement, par le génie humain pour comprendre et combattre la maladie, créer et commercialiser un vaccin.

Tout ceci ne demande pas un État. Mieux : cela s’en passe très bien et la bureaucratie, les petits coups de tampons, les barrières administratives qu’il impose jouent bien plus comme un frein que comme une aide.

De toute façon, on le sait, l’État échoue logiquement lors de l’étape 1 de diffusion du virus : ce dernier finit toujours par rentrer. À l’étape 2, l’État est maintenant inaudible, confit dans ses procédures mal boutiquées et sa pesanteur inadaptée. À l’étape 3, il sera évidemment impuissant, malgré des gesticulations théâtrales liberticides inefficaces voire contre-productives voire carrément homicides.

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