Le parti du raison garder

Le parti du raison garder

La très ancienne devise des rois de France mériterait en ce moment d’être rappelée aux grands esprits qui nous gouvernent.

Toujours raison garder.

Sans doute, s’il existait une droite digne de ce nom, elle s’en emparerait, pour en faire son drapeau. Quelle merveilleuse occasion nous offre ainsi la situation actuelle de nous en emparer en commun, toutes droites confondues

On écoute ainsi, bien sagement, sous les lambris du Palais Bourbon, une adolescente au seul motif qu’elle représenterait, à elle seule, la voix d’une jeunesse qui, certes ne souffre guère, et qui ne prend pas l’avion parce qu’elle dispose du temps de prendre le train, en 2e classe j’espère, etc.

L’obligation de faire écho à ses indignations nous est clairement enjointe par l’éditorial du Monde en ligne ce 23 juillet[1] :

“Elle n’est pas une théoricienne, reconnaît l’organe central du politiquement correct parisien, ni une scientifique, ni une héroïne, ni même à la tête d’un mouvement politique. Mais elle incarne la mobilisation spontanée d’une génération.”

Glissons sur la spontanéité…

Bien huilée, bien rodée, bien formatée par Papa et Maman…

Et, sur un autre dossier, constatons, la prise de position conjointe de toutes les oppositions. Il s’agit de tonner contre[2] l’accord de libre-échange négocié avec le Canada. Une telle explosion mériterait, elle aussi, pas mal de réflexions d’ordres tout à fait différents.

Par exemple, je remarque que, tant sur le plan de la diplomatie, que sur celui des relations économiques, on cherche, ainsi, à braquer les Français contre les accords avec les pays les moins hostiles, en passant sous silence le danger du régime dictatorial et esclavagiste toujours sous contrôle du parti communiste chinois.

On peut également souligner que la campagne des écologistes et celle des faux arguments agrariens, viennent des gens qui ne se préoccupent jamais : ni des poteaux électriques défigurant le paysage, ni de la nuisance des inutiles éoliennes, ni même de la pollution des rivières en France. Qu’a fait Nicolas Hulot, ministre 15 mois, contre les méfaits du lisier de cochons ?

Ces bizarreries devraient cesser de nous faire sourire.

Voici maintenant en effet que l’on cherche à alerter l’opinion sans donner de vraies raisons : la conséquence la plus claire de la prétendue urgence climatique ne sera pas, au moins dans l’immédiat, les sacrifices humains de la proto histoire[3], mais l’augmentation de la fiscalité.

La résistance à l’émotionnel devrait mobiliser toutes les droites, toutes les forces qui résistent à la mort de notre civilisation. Jules Monnerot dénonçait en son temps, en 1949, la connivence de cette emprise totalitaire faussement sentimentale au service du communisme: “Tout est permis à l’Entreprise. D’où ce style émotionnel, spécifiquement plébéien, qui se trouve déjà dans Marx”. Et il ajoutait: “on est insensible et cynique quant à l’adversaire, aux traitements qui l’attendent et que, fussent-ils les plus cruels, il mérite mille fois. Mais en même temps, quand il s’agit d’eux-mêmes, les communistes ont l’indignation proprement intarissable.”[4]

Nul ne doit douter que les écolos et les indignés d’aujourd’hui, que l’on croit sensuels et sans férocité, comme les radicaux-socialistes d’hier, ont repris à leur compte cette étrange morale à sens unique.

Ils ne disposent jusqu’ici que de la fourche virtuelle d’une fiscalité réputée punitive, éducative, etc. Les privilégiés de Bercy voient en eux des alliés, puisqu’au nom de leurs urgences fantasmées, aucun impôt nouveau, pardons aucune taxation ne sera jugée trop lourde.

Gardons nous de tenter le diable en leur donnant bientôt une fourche à balles réelles. Ils sauront s’en servir les bougres.

> Jean-Gilles Malliarakis anime le blog LInsolent.fr.

Apostilles

[1] cf. Editorial “Greta Thunberg, forces et faiblesses d’un symbole”.
[2] consulter à ce sujet le “Dictionnaire des idées reçues” ou “Catalogue des opinions chic”, placé par l’éditeur de Flaubert en appendice de son “Bouvard et Pécuchet”.
[3] En ce sens l’interdiction faite à Abraham semble constituer un progrès par rapport au sacrifice légendaire (?) d’Iphigénie supposé calmer la colère des dieux.
[4] Cf. Monnerot Sociologie du communisme Tome III Imperium Mundi< page 156 ed. Trident 2004.

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