Gary Johnson, le candidat libertarien à la primaire républicaine dont personne ne parle

Le site libéral Contrepoints a traduit une présentation enthousiaste du candidat libertarien à l’investiture républicaine Gary Johnson, signée Daniel Hannan, blogueur conservateur au Daily Telegraph. Homme d’affaire, ancien gouverneur du Nouveau-Mexique, c’est “sûrement le candidat le plus anti-gouvernement à avoir jamais brigué l’investiture présidentielle du Parti républicain”. L’homme qui “a posé son veto à plus de lois que les 49 autres gouverneurs d’État réunis (plus de 700 fois, ndlr)” et “par 14 fois diminué les impôts” sans “jamais” les augmenter ensuite (avec, à la clef, un excédent budgétaire à la fin de son second mandat), promet d’équilibrer le budget fédéral “non pas dans 20 ans, mais immédiatement » et affiche un isolationnisme qui fait chaud au cœur. Seuls très gros bémols : Gary Johnson est pro-avortement, favorable aux unions civiles entre personnes du même sexe et à la recherche sur les cellules souches embryonnaires par les laboratoires privés en plus d’être pour la légalisation de la marijuana. Et puis, il n’est pas connu sauf dans le Nouveau-Mexique où, de son propre aveu, “[il] est un mec populaire en raison de [sa] pingrerie”. “Les électeurs du Grand Old Party se demandent : ‘Johnson qui ?’ » titrait le 7 août The Washington Times. CNN a oublié de l’inviter au débat organisé en juin entre les prétendants à l’investiture républicaine dans le New Hampshire et il a été exclu de l’Ames Straw Poll, un pré-caucus de l’Iowa qui sert d’indicateur précoce pour savoir qui, parmi les candidats, se détache au sein du Parti républicain comme au sein du Parti démocrate. Au point que certains le surnomment déjà Rodney Dangerfield, connu pour le slogan : “je n’obtiens aucun respect, je vous le dis”. Les deux ont d’ailleurs en commun d’avoir fumé de la marijuana, même si pour Gary Johnson – de 2005 à 2008, c’était motivé par des raisons médicales. De quoi faire oublier à beaucoup un bilan économique de gouverneur aussi bon que le bilan fiscal : pendant ses deux mandats, le taux d’emploi au Nouveau-Mexique a décollé de 13,7% (malgré la suppression de 1 200 emplois dans le public) contre 12% au niveau national. Même Mitt Romney fait pâle figure à côté avec un taux d’emploi en hausse de 1,2% pendant ses deux mandats dans le Massachusetts, contre un bon +5% au niveau national durant la même période (source : Bureau of Labor Statistics).

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