Joel Tenenbaum, bouc émissaire de SONY BMG

Joel Tenenbaum a 27 ans. Etudiant à l’université de Boston aux États-Unis, il vient d’être condamné à payer 675 000 dollars de dommages et intérêts à Sony BMG, après 4 ans de procès. Devenu bien malgré lui une figure de la cause de l’internet libre, Joel n’a pas les moyens de payer les 3 000 euros réclamés par la major en 2001, raconte l’excellent trimestriel XXI d’hiver 2012. 3 000 euros pour 30 titres téléchargés illégalement sur Kazaa. Il envoie 500 dollars, ne “[pouvant] pas payer plus”. Sony refuse la somme et semble décider à le faire condamner par les tribunaux pour l’exemple. Joël propose 5 250 dollars (le prix de la tranquillité) à la major qui lui réclame aussitôt le double. Au printemps 2009, la justice américaine condamne Jammie Thomas à verser 1,92 millions de dollars de dommages et intérêts pour avoir téléchargé… 24 chansons.

Jugé en juillet 2009, Joel Tenenbaum écope de 675 000 dollars de dommages-intérêts, soit 22 500 dollars par morceaux téléchargés illégalement (pour un préjudice réel évalué à 21 dollars, si on se base sur les tarifs d’iTunes). Je ne sais pas pour vous, mais à ce tarif-là, mes amis et moi-même devrions plusieurs dizaines de millions de dollars aux majors. D’abord divisé par 10 car jugé “disproportionné”, le montant dû a été rétabli à son niveau initial et astronomique en septembre après que Sony BMG ait interjeté appel. La justice a clos l’affaire en novembre. Si Joel Tenenbaum veut avoir une chance d’échapper à l’amende, il doit saisir la Cour suprême. Ou alors, l’étudiant qui prépare un doctorat de physique verra sa vie gâchée. A cause d’un vol commis il y a 8 ans, l’objet du délit se résumant à 24 malheureux tubes. Pour l’exemple.

  • Dans son numéro d’hiver 2012, XXI propose un très beau portfolio consacré au parcours de Lauren Franko, 21 ans en 2008 et novice au monastère des Dames du rosaire, un ordre dominicain installé dans le New Jersey, aux États-Unis.

> le site de la revue XXI

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