Le compromis budgétaire voté à la Chambre et au Sénat, mais les gros problèmes arrivent…

Le Sénat a voté hier la loi de compromis budgétaire, négociée dans la nuit de vendredi dernier, par les dirigeants Républicains de la Chambre des Représentants, les dirigeants Démocrates de la Chambre Haute et la Maison Blanche, par 81 voix contre 19. Cette loi de compromis avait préalablement été votée par la Chambre des Représentants par 260 voix contre 167.

Le détail des votes de la Chambre des Représentants, est intéressant à analyser.

Les Démocrates ont été 81 à voter la loi de compromis, tandis que 108 ont opiné négativement. Parmi ces Démocrates, ceux qu’on qualifie de « Progressives » (les plus à gauche du parti) ont été 4 à voter pour, 66 à voter contre.

Les Républicains ont été 179 à voter la loi de compromis, alors que 59 votaient contre, jugeant le montant des économies budgétaires trop insignifiant – ce qui veut dire que le quart des élus Républicains n’a pas suivi John Boehner.

Parmi les députés Républicains dont l’élection a été soutenue par le mouvement du Tea Party en novembre dernier, 79 ont voté la loi, 32 contre.

Cela confirme ce que j’avais prévu : sans le secours des députés Démocrates, la loi de compromis n’aurait pas été adoptée à la Chambre, ne disposant pas d’une majorité dans le camp Républicain.

Cette loi autorise le financement de l’administration jusqu’au 30 septembre moyennant 38,5 millions de réductions des budgets des ministères et agences fédérales jusqu’à cette même date. Avant le voter le compromis, le Sénat avait rejeté les projets de loi votés par la Chambre des Représentants visant à supprimer tout financement fédéral à Planned Parenthood et aux dispositions de l’ObamaCare relatives à l’avortement, ce qui n’est pas une surprise mais démontre une fois de plus l’obnubilation abortive chez les Démocrates.

Obama a jusqu’à ce soir minuit pour signer et promulguer la loi, faute de quoi l’administration américaine, de nouveau, serait menacée de cesser ses activités faute de financement. Donc, aucun doute : le Président signera dans la journée.

Mais deux autres batailles, majeures celles-là, s’annoncent : elles seront très, très chaudes…

Le Congrès votera-t-il l’augmentation de la capacité d’endettement du gouvernement fédéral ? L’autorisation par le Congrès d’emprunts sur le marché des capitaux de 14 300 milliards de $, sera épuisée vers le milieu du mois prochain. Pour emprunter davantage, comme y pousse la Maison Blanche, il faut une nouvelle autorisation du Congrès : elle ne pourra se faire sans l’aval des Républicains. Or, ces derniers lient une éventuelle autorisation de dépassement à des coupes drastiques dans le budget de l’année fiscale 2011/2012 sans commune mesure avec les modestes 38,5 milliards du compromis portant sur la fin de l’année fiscale 2010/2011, comme on le constate dans le projet de budget préparé par Paul Ryan, élu Républicain du Wisconsin et président de la Commission budgétaire de la Chambre des Représentants. Des coupes auquelles tant la Maison Blanche que les élus Démocrates sont opposés… Ces deux batailles seront politiquement et électoralement décisives pour les Républicains tiraillés entre leurs promesses électorales de 2010, qui leur ont permis d’emporter la Chambre des Représentants, et l’échéance électorale décisive de 2012 s’ils veulent emporter le Sénat et… la Maison Blanche.

 

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