38
Ecrit le 6 juil 2014 à 15:22 par Jean-Louis de Morcourt dans Poing de vue
 
 

La Femme, cœur spirituel de la réaction

La Femme, cœur spirituel de la réaction

Depuis l’année dernière, se trouve engagée en France une profonde « révolution des valeurs », pour reprendre le titre du livre de Vincent Trémolet de Villers et Raphaël Stainville. Au cœur de ce mouvement, un changement profond du rapport au féminin, caractérisé par une redécouverte de son sens symbolique et spirituel.

Ou sont les hommes ?

« Le masculin est dans l’action, le féminin est dans l’être », énonce John Gray dans son bestseller Les hommes viennent de Mars, les femmes de Venus. Un fait noté par de nombreuses personnes est que, de Ludovine de la Rochère à Béatrice Bourges en passant par Farida Belghoul, les militants qui se sont engagés au premier plan pour la défense de la famille sont essentiellement des femmes. Ceci s’observe autant au niveau de la direction des mouvements militants, de la Manif pour Tous au Printemps français et aux Journées de Retrait de l’École, que de la prise d’initiatives opérationnelles sur le terrain. Cela s’explique par le fait que, par nature, le féminin a une vision morale des choses, tandis que le masculin en a une vision éthique. Là où le masculin raisonne essentiellement en termes de grandeur, de force, voir d’esthétique, le féminin raisonne en termes de Bien et de Mal. Or, autant le thème sur lequel porte l’essentiel de la contestation sociale depuis deux ans (la défense de la famille), que le mode opératoire principal mis en œuvre (le houspillage des responsables politiques), relèvent du domaine moral. Il est compréhensible que l’Homme ne soit pas toujours à l’aise pour lutter sur ce terrain car cela implique pour lui de faire appel à son côté féminin, ce qui ne lui est jamais facile. L’homme ne refuse pas par principe la prise de risque : il l’accepte si elle lui permet d’accroitre son Pouvoir formel (gagner de l’argent, une position sociale,…) ou symbolique (risquer sa vie à la guerre au nom de la Patrie). C’est la reconnaissance sociale, fut-elle posthume, qui justifie la prise de risque, comme le rappelle le psychologue Philippe Gouillou dans son livre Pourquoi les femmes des riches sont belles. Or, autant le fait de risquer la garde à vue en défilant au chant du Gloria des paras apporte une fierté sociale au moins auprès de la communauté catholique, autant la démarche intrinsèquement plaintive de houspillage des ministres va symboliquement à l’encontre de l’injonction universelle selon laquelle « un homme ne pleure pas ».

Cette opposition entre valeurs morales et reconnaissance sociale est au cœur de la problématique politique d’un homme comme Nicolas Sarkozy. Animé à la fois de valeurs morales fortes et d’un puissant désir de reconnaissance sociale, le président aura su concilier les deux lors de sa campagne présidentielle de 2007. Le combat essentiellement axé sur la défense de l’identité nationale lui aura apporté à cette occasion la reconnaissance de son camp politique, puis symboliquement de la nation tout entière à travers son élection. Mais au cours de l’exercice du pouvoir, les contraintes de gestion courante peu propices au combat moral auront réactivé son penchant pour la reconnaissance sociale en elle-même. Or, désirer la reconnaissance sociale hors contexte revient à désirer la reconnaissance de ceux qui occupent les positions dominantes de la société, lesquels se situent objectivement aux antipodes de nos idées.

De quoi Maman est-elle le nom ?

Comme mis en lumière par Anne Brassié et Stéphanie Bignon dans leur livre Cessez de nous libérer, « la raison d’être de la virilité est la protection de la femme, de l’enfant et de la nation », thème que l’on retrouve dans la symbolique du héros chevaleresque défenseur de la veuve et de l’orphelin. Imposer une idéologie totalitaire implique en premier lieu de détruire la femme en tant que mère, au sens physique de génitrice et au sens symbolique de dépositaire des valeurs morales et spirituelles, comme l’exprime Alexandre Soljenitsyne pour qui« on asservit plus facilement un peuple avec la pornographie qu’avec des miradors ». Les « colonnes infernales » républicaines de 1793 ayant exterminé un quart de la population de la Vendée militaire avaient pour ordre écrit de ne pas faire de distinction entre hommes et femmes, car comme le rappelle l’historien Reynald Sécher, « la femme est la matrice et elle est la mémoire ». La mère, la famille et la nation renvoyant à la même symbolique matricielle, inculquer l’indifférence voir le mépris pour la première équivaut à l’inculquer également pour les secondes. La politique odieuse menée par une Najat Valaut-Belkacem, ministre du Droit des femmes et membre du Conseil de la Communauté Marocaine à l’Étranger, visant à rendre indignes autant de femmes françaises que possible dès le plus jeune âge, est à ce sujet parfaitement cohérente. En dehors de viser à faire avorter le maximum de bébés français, objectif parfaitement assumé par une Corinne Maier partageant le même masochisme identitaire, le but est d’éteindre chez ceux qui restent le souvenir et le respect de leurs origines, donc la volonté de les défendre.

« L’amour inconditionnel d’une mère est ce qui permet à l’enfant d’avoir confiance en lui », rappelle Éric Zemmour. Matérialisé dans une œuvre comme Harry Potter, c’est cet Amour qui fournit à l’homme le bouclier affectif lui permettant d’accéder à la véritable virilité, qui est la liberté vis-à-vis du jugement d’autrui. Or, contrairement à la virilité matérielle, physique, financière ou technologique qui procure toujours l’adhésion instinctive du groupe, cette virilité spirituelle implique le plus souvent un rejet par le collectif, comme l’a montré le philosophe René Girard dans son livre La violence et le sacré. A l’image du Christ souffrant sa Passion sous le regard de la Vierge Marie, il s’agit d’un sacrifice que seul la marque infaillible de l’Amour d’une mère peut permettre de consentir.

La vierge Marie, miroir de la virilité

« Nous agissons au nom de l’amour », assènent régulièrement les promoteurs de lois niant la loi naturelle. Or, comme l’explique le professeur Philippe Arino, lui-même homosexuel, un amour n’a de sens que s’il est incarné, c’est à dire porteur de fécondité, à l’inverse de quoi il n’est rien de plus qu’un vague sentiment adolescent. La fécondité n’étant pas à prendre uniquement au sens primaire de la procréation, mais de la création dans son ensemble, à savoir toute démarche de conception porteuse d’une symbolique virile. Le fait que de nombreux artistes ou écrivains parmi les plus grands soient homosexuels n’est pas un hasard, et est même sain : il s’agit de personnes qui, n’ayant pu exprimer leur virilité par la procréation, l’on exprimée par la création d’une œuvre intellectuelle ou esthétique. La plus haute forme de virilité étant la virilité spirituelle promue par la religion catholique, « religion du Verbe incarné ». Portée par le prêtre, lequel est uni au corps mystique de cette « épouse du Christ » qu’est l’Église par un sacrement ayant la même valeur que celui du mariage, cette virilité repose sur l’Adoration de la Vierge Marie et du principe d’Amour maternel absolu qu’elle incarne. Dépeinte par Saint Louis Grignon de Montfort dans son Traité de vraie dévotion à la Vierge Marie, cette Adoration implique l’assujettissement à la Vérité sous peine du dégout de soi, mais apporte en contrepartie la protection et le soutien spirituel contre ce qui éloigne de cette Vérité.

« Le diable passe toujours par Eve pour atteindre la Création au cœur. Il faut donc se tourner vers la nouvelle Eve, la Vierge Marie, pour trouver la parade », prophétisent Anne Brassié et Stéphanie Bignon. Accomplie au nom du principe de jouissance égoïste, « l’émancipation » de la Femme de son rôle familial aura eu pour effet d’en détruire la dimension symbolique, la réduisant à un simple « anthropoïde de type féminin » selon l’expression du polémiste Michel-Georges Micberth. Privant l’Homme du miroir de la sacralité mariale qui seul peut permettre son élévation morale, cette stérilisation spirituelle est la cause directe de son maintien dans un état d’adolescence prolongée, et par suite de la perversion et de la lâcheté de tant d’entre eux aujourd’hui. La réappropriation par les femmes elles-mêmes de leur nature symbolique et spirituelle à travers la réaffirmation de leur dignité sur le modèle marial, engagée notamment par le mouvement des Antigones, est le préalable anthropologique indispensable à une restauration de la loi naturelle. Il est d’ailleurs compréhensible que cette entreprise de relèvement de l’honneur de la Femme ait déclenché une telle haine chez celles dont elles soulignent par contrecoup la déchéance spirituelle et morale.

Conclusion : la Femme est l’avenir de la réaction

« Je mettrai inimitié entre toi et la femme, entre ta postérité et sa postérité, et celle-ci t’écrasera la tête », déclare Dieu au serpent dans la Genèse. Seule la Femme, en ce qu’elle incarne l’Être au sens matriciel du terme, peut apporter à l’homme une bonne raison de se détourner du combat pour la suprématie sociale et de revenir au combat pour l’identité spirituelle. Encore faut-il qu’elle s’assume comme telle : « Mère et femme, guerrière amazone et sainte ». Que sainte Jeanne d’Arc advienne, et les La Hire se lèveront.

Sainte Marie

GD Star Rating
loading…

La Femme, cœur spirituel de la réaction, 4.9 sur 5 basé sur 59 votes


Jean-Louis de Morcourt

 
Photo du profil de Jean-Louis de Morcourt