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Ecrit le 8 juil 2014 à 1:08 par Durandal Léonidas dans Article
 
 

L’homme, cœur spirituel de l’échec du mouvement

L'homme, coeur spirituel de l'échec du mouvementDans son article, « La femme cœur spirituel de la réaction », Jean-Louis de Morcourt fait le constat objectif et indéniable que les femmes ont pris un rôle prépondérant dans les derniers mouvements pour la sauvegarde de la famille. Il voudrait y voir une répartition naturelle positive entre hommes et femmes, une répartition entre défense d’une moralité qui serait féminine opposée à une éthique et une recherche de pouvoir et d’esthétisme qui seraient masculines. Or si certains propos me semblent justes (sur l’homosexualité par exemple), je conteste l’articulation générale de cet article.

L’infériorisation du masculin entérinée 

Définir la défense du Bien et la lutte contre le mal, comme une spécificité féminine, ce serait définir le mâle humain comme une sous-espèce. Il est évident que la lutte pour le Bien et contre le mal, appartient également à l’homme et à la femme. L’homme a d’ailleurs souvent lutté pour le Bien et contre le mal dans la société, à travers de grands mouvements politiques, dans les rapports sociaux en général, et non exclusivement en terme d’éthique. Cette lutte « éthique » des hommes est plutôt un signe de la dépravation morale qui nous tient.

En matière de contestation sociale pour le Bien et contre le mal, la femme est-elle vraiment naturellement plus à l’aise ?

La contestation sociale et de la société a toujours appartenu, ou presque, aux hommes. Il n’y a qu’à voir en matière d’engagement politique ou associatif, le nombre et la répartition des femmes selon la nature des associations. Si, aujourd’hui, les hommes ne sont plus en mesure d’imaginer une nouvelle société dans ces associations, il faudra en chercher la raison ailleurs que dans la nature/culture des femmes. Personnellement, je crois qu’ils ont justement perdu ce qui faisait leur sel en se féminisant, eux, et cette société, et que, par conséquent, ils n’arrivent plus à agir en tant qu’hommes à cause de la présence grandissante et à tous les niveaux d’un féminin qui englobe et neutralise leur nature/culture profonde. 

Un exemple parmi d’autres

Regardons comment a agi la féminisation dans le monde salarié, plutôt masculin dans ses débuts : progressivement, les hommes ont dû changer leurs comportements et les calquer sur ceux des femmes. Et dans les métiers qu’elles ont investis, ces femmes n’ont pas du tout imposé la défense du Bien et la lutte contre le mal, comme l’imagine l’auteur, mais au contraire, elles ont permis la généralisation de cette sorte d’attitude de petite fille sage qu’on leur connaît si bien et qui ferait pourrir n’importe quelle institution. Voilà ce qui est arrivé d’ailleurs à l’éducation nationale (ou encore à l’Eglise). 

Des femmes naturellement soumises à la société

Loin de contester la société, en général, ou de vouloir lui imposer le Bien et en rejeter le mal, les femmes lui sont naturellement soumises pour la simple et bonne raison qu’elles en ont toujours été entièrement dépendantes, que cette société a toujours été organisée pour pouvoir se reproduire, et donc, défendre de manière primordiale les mères et leurs intérêts. Si ces derniers temps, des femmes ont dû se lever à un niveau social et s’opposer à la société, alors que cette démarche était complètement contre-nature pour elles, la raison est à en chercher dans l’état de délabrement avancé de nos structures de protection des mères. En effet, par un jeu complexe de féminisation, volonté d’investir des domaines spécifiquement masculin, notre société en est venu à s’attaquer à celles qui la reproduisaient. Et pour en arriver là, il aura fallu, au préalable, la démission totale des hommes et leur échec complet en terme de moralité sociale, en terme justement de Bien et de mal.


Des femmes historiquement vigilantes à un niveau personnel, des hommes historiquement vigilants à un niveau social.

Tandis que les hommes voient souvent en termes généraux avant de voir en termes personnels, les femmes réagissent souvent à l’inverse. Au contraire de la défense du Bien et de la lutte contre le mal à un niveau social, la femme s’est souvent attachée à défendre ces valeurs à un niveau particulier. Vision privilégiant d’abord les rapports personnels ou vision privilégiant d’abord les rapports sociaux, l’un n’excluant pas l’autre, voilà une dichotomie qui me semble plus marquante entre hommes et femmes que celle de Bien et d’éthique que veut développer Jean-Louis de Morcourt. Cette distinction entre homme et femme n’a d’ailleurs jamais empêché le dialogue entre vision masculine et féminine à l’intérieur d’un seul et même être comme le souligne d’ailleurs notre auteur. Car un être équilibré psychiquement et dans sa sexualité est forcément une personne qui arrive à faire vivre l’autre sexe en lui (comme le définit Carl Gustav Jung) mais sans s’identifier entièrement à cet autre sexe (homosexualité). 

La recherche esthétique de l’homme, oui. Mais la beauté au féminin.

En matière de distinction entre hommes et femmes, qui pourra aussi contester les capacités supérieures des femmes en matière de beauté, et de recherche sur la beauté ? En tant qu’hommes, nous singeons la beauté, par l’esthétisme. Quant aux femmes, elles l’incarnent. Différence énorme. Jean-Louis de Morcourt décrit un phénomène dont il ne faudrait pas se réjouir.

Son article a pour qualité de vouloir éclaircir les différences entre hommes et femmes, recherche consciente spécifique à notre temps, mais il est également significatif d’une époque qui sur-investit le féminin dans des domaines où il n’est pas exclusif tout en perdant de vue le génie spécifique de chaque sexe, tout ceci contribuant à déresponsabiliser encore les hommes dans leurs fonctions naturelles/culturelles. 

A mon avis, en guise de bonne nouvelle sur la réaction positive de défense des valeurs morales de la part de certaines femmes, l’auteur veut faire de la rémanence à un niveau social de qualités féminines, ce qui signe d’abord une faillite complète de notre société, en particulier dans sa composante masculine. Quand il gratifie les hommes d’un comportement historiquement docile en terme d’engagement « éthique », il décrit justement une forme de féminisation et d’échec récent du masculin en terme de prise en charge du social. 

Or le problème vient des hommes.

Quand on lit l’article de Jean-Louis de Morcourt, on comprend comment le processus de féminisation a sévi sur le masculin  : des hommes insérés socialement ont laissé tout faire au nom de leur intégration. Ils ont agi ainsi en se disant que leur rôle était de nourrir leur famille et de ramener de l’argent, de manière « éthique ». Cette vision tribale et féminisée de nos vies nous a amenés collectivement au marasme actuel. Cette idée vient d’ailleurs d’une forme de catholicisme horrible et mal comprise, pour partie liée à un culte disproportionné de Sainte Marie que l’auteur décrit si bien. Mais loin de le remettre en question, Jean-Louis de Morcourt voudrait que nous retrouvions le chemin de la lumière en poursuivant dans l’erreur. Et si avant de continuer sur ce chemin, nous retrouvions l’image du Christ crucifié sur la croix, image autrement parlante en terme de lutte sociale ? Car cette vision mariale héritée d’un catholicisme du 19e siècle féminisé qui a vidé nos églises de leurs hommes, est bien plutôt à l’origine de nos maux actuels que de leur future résolution. Cette vision ne devrait donc pas être renforcée, mais promptement abandonnée et reniée comme une des causes viscérales de notre lente dégénérescence sociale présente. 

S’il faut remettre chacun à sa juste place.

Marie soutient les cœurs, elle aime et fait grandir Jésus dans nos familles. Mais quand une société en est arrivée à se donner des femmes comme chefs, à mettre Marie à la place de Jésus ou de Dieu, quand les hommes en son sein sont devenus incapables de se coaliser et de faire émerger des dirigeants forts et moraux pour défendre le Bien et lutter contre le mal, ce n’est pas le signe d’un renouveau, mais au contraire que nous vivons une époque sombre et de dépravation morale grave, une époque d’affaissement du masculin. L’apparition de femmes chefs montre surtout que nous nous sommes laissés aller à un tel point que des femmes sont obligées de se protéger d’autres femmes ou d’autres hommes possédés par le démon par une intervention directe.

Où sont les hommes ? 

Nous avons encore l’amour de nos mères. L’engagement des femmes dans le combat pour la famille ne le prouve que trop. Ce qu’il nous manque, ce n’est pas encore plus de femmes, mais que nous remplissions un peu notre rôle d’hommes, que nous cessions immédiatement notre fainéantise morale, et que nous commencions à prendre des risques. Le rôle d’un homme a toujours été de se risquer. Que des femmes en soient arrivées à se mettre en danger pour leurs enfants, ne montre pas que nous nous en sortirons grâce à elles, mais que nous sommes devenus impuissants en tant qu’hommes tant au niveau familial (cela a toujours été le cas) que désormais, à un niveau social. Notre rédemption passera certes par une forme de sacrifice social, plus difficile pour nous en tant qu’hommes, mais notre cause ne pourra aboutir autrement. 

Pour tout vous dire.

Je suis fatigué de l’esprit de perdant qui tient notre mouvement. Je suis fatigué de voir des Farida Belghoul faire le travail que des hommes sont devenus incapables de mener. Quand les hommes auront appris à redevenir des hommes, à être braves, forts, efficaces, et qu’ils sauront mettre toutes leurs compétences au service d’une juste cause, ce jour-là, ces hommes sauront se choisir un homme digne de ce nom, qui leur ressemblera. En attendant, le mouvement se choisira encore longtemps des femmes pour le représenter parce qu’il aura peur, parce que l’image d’une mère saura seule le rassurer ou bien le galvaniser en lui faisant honte, parce que les hommes en son sein auront peur de passer pour des extrémistes, des marginaux sociaux, et qu’au final, ils vivront en faible qui s’ignorent. 

S’attaquer à la société pour le Bien.

Tant que nous ne changerons pas de mentalité, il ne faudra pas espérer vaincre. Nous aurons beau jeu de nous dire que nous avons fait ce que nous avons pu, nous aurons pourtant péché gravement contre le monde. Et il nous en sera fait reproche là-haut. Je vous le dis, si certains d’entre vous se contentent de vouloir sauver leur âme comme je les entends parler et comme je comprends leur engagement, ils la perdront. Notre responsabilité s’étend au-delà de notre engagement personnel. Nous devons nous donner les moyens de réussir à gagner collectivement notre combat. Ce combat commencera tout juste lorsque nous aurons fait abroger la loi scélérate sur les unions de duos homosexuels. Pas avant. En attendant, l’horreur de notre situation veut probablement que nous ayons besoin de femmes en première ligne, avant que des hommes en nombre daignent offrir leur vie en holocauste. Ne nous réjouissons pas trop vite de voir des femmes s’exposer publiquement parce qu’elles ne sont plus protégées familialement. Ne nous réjouissons pas non plus de voir des hommes incapables de prendre la tête d’un combat social parce qu’ils ne se soutiennent pas et n’en ont pas le cœur. 

Décadence

Oui, nous vivons une époque terrible, où le laisser-aller moral, s’est aussi étendu à notre camp. C’est aussi cela qu’il nous faudra vaincre avant d’avoir la prétention de donner un quelconque exemple au reste de la société. Et cela, ne pourra provenir que d’hommes conscients et assis dans leurs croyances, qui sauront prendre leurs responsabilités envers et contre tout. Le ressenti général n’a jamais tort. Il prévoyait la guerre en 1938 ou en 1913, il faisait dire à Socrate que le jeunesse de son époque était pervertie. Nous vivons bien une époque de décadence et nous ne nous en sortirons qu’en nous retroussant les manches, sinon à léguer à la génération qui nous suivra, une société encore plus dépravée et autiste que la nôtre.

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