« Un malentendu épouvantable » [1]

De la pesanteur à la grâce : compte-rendu de Sur le concept du visage du fils de Dieu

Tribune libre de Myriam Picard* pour Nouvelles de France

J’ai 26 ans, je suis catholique et je sors du Théâtre de la Ville.

J’en sors troublée, infiniment. J’ai pris une claque dans la gueule. Pas une claque de génie, non. Castellucci n’est ni Claudel ni Dostoïevsky. Il se contente de mettre sous nos yeux une scène, une scène infiniment banale et brutale, quotidienne, atrocement classique et sordide : un fils s’occupe de son père qui se souillera trois fois. C’est tout. Le texte ? Rien du tout, un échange basique qu’un adolescent rédigerait aisément. Le seul intérêt de la pièce : le visage du Christ s’y trouve en permanence, interrogation et réponse silencieuse dans ce face à face du vieillard qui se venge sur Dieu de sa déchéance, et de ce Christ qui porte les stigmates, sur son visage, du péché de cet homme. Merde ou crachats, peu importe : le Christ endosse ce désespoir et cette solitude et prévaut du début à la fin de la pièce.

La pièce s’ouvre sur un banal décor Ikea froid, bourgeois, houellebecquien : canapé blanc, tapis blanc, lit blanc, table blanche, écran plat. Froid, chirurgical, anesthésiant, oppressant. Dominant l’espace et la scène tout entière, le Christ de Messine, immense, imposant. Un homme arrive. Il est vieux, il tremble, soutenu par deux hommes qui l’assoient sur le canapé, devant la télévision. De ses phalanges à moitié mortes, il saisit un énorme casque, et, hébété, s’en coiffe. Surgissent aussitôt des bruits hachés, des phrases coupées, tonitruantes et incompréhensibles, le langage abscons de l’émission de télévision que le vieillard écoute. Il est hébété, l’homme, il boit bêtement le discours haché vomi par l’écran. Son fils arrive. Un homme occupé, le fils. Il est bien propre sur lui, l’homme. Il a un costume, une cravate, de belles chaussures. Il a un portable, l’homme, un portable qu’il consultera souvent, une cravate que, prudent, il jettera sur son épaule, au début, lorsqu’il nettoie son père, parce qu’il veut bien nettoyer son père, l’homme, mais sans se salir. Un bourgeois fils de bourgeois, qui s’agite… Mais tout préoccupé qu’il est, le fils, il veut savoir : « Papa ? Papa ? Ca va Papa ? Comment vas-tu ce matin ? Tu as bien dormi ? Qu’est-ce que tu regardes ? Qu’est-ce qu’il y a à la télé ? »

Le père se salit une première fois. Le fils le nettoie, le change. Le père pleure, s’excuse. Mais les larmes se font aussi rire narquois. Car il est indigne, le père. Il pourrait se contenter d’être incontinent, mais non. Il est incontinent ET ignoble, ricanant salement, bêtement. Un saligaud, un type qui se complaît dans sa merde, s’y roule presque, tout en pleurant de désespoir et d’humiliation. Chacun de nous, riant à notre propre saleté, à notre propre mensonge, à notre propre arrogance, à notre propre autosatisfaction. Bêtement heureux d’être d’ignobles salauds. 

Trois fois le père se salira, avec des larmes et un tremblement proche du ricanement abscons. L’homme qui se hait d’être sale et petit, mais s’y plaît tout de même, alors que Dieu est toujours là, objectivement, son regard interrogeant chacun d’entre nous. Alors que la miséricorde est là, dans cette figure christique du fils à genoux, devant son père, le lavant, comme un serviteur au travail…

Une spectatrice, deux ou trois rangs plus haut, se met à hurler « Une souris ! Une souris ! J’ai peur ! » La ficelle est un peu grosse, mais fonctionne. La dame aura troublé la pièce, et me confiera après, que malgré tout, ça a « bien marché », puisqu’elle est partie sans se faire ennuyer par les policiers en civil présents dans la salle. Une dame très sympathique par ailleurs, à qui je dis que je ne partage nullement ses positions, mais avec qui j’aurai un bel et intéressant échange.

Il est faux de prétendre que cette pièce ne serait que complaisance envers les matières fécales. Absolument faux.

Mais passons. Le père « tombe »… pour la deuxième fois… Il se souille pour la deuxième fois. La scène n’est désormais plus cet univers aseptisé du début : des serviettes traînent, le désordre de la vie souffrante imprègne tout, tout est maculé de merde, et la blancheur apparente, l’ordre premier deviennent perturbations vivantes, sont chamboulés par cet amour du fils qui râle mais nettoie, de plus en plus fatigué, usé, endolori, mais aussi de plus en plus charitable pour ce père réduit à un tube digestif immaîtrisable. Il est faux de prétendre que cette pièce ne serait que complaisance envers les matières fécales. Absolument faux. Il y a cette misère humaine, cette fragilité repoussante que nous vivons tous à un moment de notre vie (maladie, sénilité…) et la réponse du fils qui n’abandonne pas son père, qui le lave, encore et encore, s’enquiert en permanence de son état et de ce qu’il ressent, s’énerve aussi, pour mieux réconforter son père ensuite. On reste saisi et l’on se demande si l’on serait capable d’une telle patience, si l’on supporterait de voir un très proche réduit à si bas.

Père et fils sont désormais au centre de la scène, devant l’image du Christ, et le moment est saisissant, l’image est terrifiante de vérité : l’homme qui se souille pour la deuxième ou troisième fois, debout, de dos, faible, nu, tremblant, s’accrochant à son déambulateur. Mais dressé tout de même, dressé devant l’image du Christ. Et son fils, lavant, une fois de plus son père, ce fils qui tout à coup s’interrompt, l’éponge à la main, parce qu’il n’en peut plus de nettoyer son père, et qui, à genoux derrière lui, pose soudain la main sur le dos de son père, et, tous les deux, immobiles, pendant la scène la plus longue de ces cinquante minutes, vont regarder ce visage, ce Père qui en regarde un autre, ce Père qui regarde le père et le fils humiliés et souffrants, et qui ne répond pas, certes, mais qui EST. Et qui est là, toujours. Je pense à Job, soudain, Job le riche sur son tas de détritus, et je pense soudain à ma propre faiblesse et à mes propres doutes.

Le fils n’en peut plus, il est usé mais s’en va quérir un autre seau d’eau. Le père en profite pour répandre un petit bidon de matières fécales sur le lit et tout alentour. Il y a quelque chose de désespéré, un absurde défi dans ce geste. La scène est repoussante, le péché s’étale dans toute sa laideur : je songe au Père Grandet, sur son lit de mort, obsédé par ses écus, mourant dans la rage de ne pouvoir emporter son argent, au baron Hulot, ruiné, fini, vidé par quarante années de vice, à moitié gâteux, embrassant une repoussante cuisinière et lui chuchotant qu’une fois sa femme morte, il fera d’elle la nouvelle baronne Hulot. Le geste du vieillard est rageur, vengeance contre son propre état. Le fils revient, crie, n’en peut plus, pleure : « Mais qu’est-ce qui t’est arrivé, Papa… Qu’est-ce qui va pas… Papa… Papa… Papa… Papa… » Il nous tourne le dos, immobile, paumes ouvertes vers le sol. Et les lumières s’éteignent, la scène est plongée dans le noir. Lentement, le fils marche vers le Christ de Messine, qui dans le noir total est encore plus lumineux et imposant, et dans un geste d’infinie confiance, d’infinie demande, d’infinie peine, embrasse ce visage, longuement. Il a donné sa réponse à ce visage, le fils. Et cette réponse est acceptation douloureuse. Il s’en va. Le père est seul. Il traverse la scène, passe derrière le portrait du Christ et quelques instants plus tard, ce portrait est déformé, par derrière, par une multitude de corps mouvants. L’on devine le geste du père avec son bidon, car soudain le visage du Christ semble couvert de larmes d’encre. Lentement, ce visage pleure de ce que l’on devine être le contenu du bidon du père, ce visage est couvert par l’offense, et ce visage va également être déchiré. Et sous les déchirures de l’image du Christ, souillée sans nul doute par le père qui contourne l’icône, image qui me fera penser au visage ravagé et à peine identifiable du Jésus de Mel Gibson, l’image déchirée par des êtres dont on ne verra jamais le visage, des êtres grimaçants, anonymes, démons sortant de nulle part et se contorsionnant, sous cette toile en lambeau, soudain, apparaît l’inscription suivante, comme gravée dans la pierre : YOU ARE MY SHEPHERD. Longtemps, on ne verra que cela. Mais en moins lumineux, en nettement moins lumineux, oui, je l’affirme et l’affirmerai encore, tremble soudain le « NOT » qui, à aucun moment de cette fin de pièce, ne sera, jamais, aussi lumineux, aussi clair, aussi visible que ce cri de « TU ES MON BERGER. ».

Je sortirai hantée

D’ailleurs, alors que les cinquante minutes du spectacle se sont écoulées et que résonnent des bruits incompréhensibles, apparaît soudain, sur ce voile-visage du Christ déchiré et souillé, en surimpression, en projection vidéo, de nouveau, le visage du Christ, encore et encore. L’ultime réponse. Le point d’interrogation et point d’orgue et point final de la pièce. Son visage victorieux.

Je sortirai hantée. On m’a rappelée, sans doute avec une trop grosse accumulation de matières fécales et d’odeurs, jusqu’où le Christ allait nous chercher, et qu’il était présent dans nos plus grandes bassesses. Dans la rage et l’incompréhension et la colère et le doute. On m’a rappelé qu’il était là. Et qu’il avait beau se faire détester par ce vieillard hurlant sa souffrance et son humiliation, il demeurait.

Castellucci aurait gagné à plus de pudeur : nul n’est besoin de montrer trop pour arriver à l’essentiel. Cette exagération scatologique est à mon sens le vrai problème de cette pièce, et le signe d’une époque qui par ailleurs déteste pourtant férocement la maladie, le handicap, et confine la mort à des chambres d’hôpitaux froides et solitaires. Nul n’était besoin de montrer ce vieillard nu. Je le redis : Castelluci n’est pas Tarkovsky ni Claudel, il est sans nul doute pollué par les travers scéniques d’un certain théâtre contemporain. Mais il a au moins ce grand mérite de penser que la vie n’est pas nécessairement absurde et qu’il y a une question et un sens. Il ose, dans une société atrocement matérialiste, imposer ce visage du Christ du début à la fin de la pièce, il ose le maintenir alors même qu’un des personnages cherche à détruire sa représentation, il ose matérialiser l’idée que Dieu demeure. L’accuser de nihilisme est totalement mensonger. Anouilh, qui détestait la nouvelle vague boboïsante et dite « engagée » du théâtre parisien, s’en moquait en mettant en scène, dans une de ses pièces, deux acteurs racontant n’importe quoi devant un bidet, censé représenter l’absurdité de l’existence. Ca n’est pas ce que fait Castellucci. Le Christ est présent du début à la fin de cette pièce (et pas n’importe lequel : cette peinture-là est littéralement hypnotisante et magistrale), présent dans des scènes de bassesse, de fragilité humaine, de désespoir, de révolte, mais aussi d’amour filial, de patience et de douceur.

Lorsque Joël Prieur ose écrire, dans Monde et Vie, que « la pièce de Romeo Castellucci est fondée sur une dérision du père » et que « la relation la plus élémentaire, la relation de paternité est tournée en dérision », non seulement il fait preuve d’une époustouflante mauvaise foi, mais il semblerait qu’il ait fermé les yeux pendant toute la pièce (ou qu’il ne l’ait pas regardée du tout ?), laquelle repose objectivement et totalement sur un fils qui s’occupe de son père sous le regard du Père, et sur une relation d’amour et de respect, mêlée de souffrance et de rage.

« Ce que je cherche, c’est à fendre en deux la conscience, à ouvrir une blessure pour que les questions puissent entrer profondément en nous. L’art repose entièrement sur cette condition de poser des problèmes, sinon il est purement décoratif. Dans notre monde, nous sommes gavés d’informations, mais quelles sont les informations justes dont nous avons besoin pour continuer à vivre ? » Cette question nous est posée par Castellucci. Cette question est évangélique, cette question est chrétienne. Quelle réponse y apporterons-nous ?

A la sortie du théâtre, j’ai discuté avec deux femmes, une athée et une juive agnostique. Les deux étaient troublées, les deux m’ont dit avoir trouvé la pièce profondément chrétienne. Juste avant le spectacle, j’avais interrogé un trentenaire qui m’avouait venir voir la pièce pour la deuxième fois : férocement athée depuis des années, il avait « reçu un choc » une première fois et pris conscience que « le christianisme, en fait, ça a peut-être un sens ». Il voulait vérifier cette impression, courageusement, car elle ébranlait des années de combat forcené contre la foi.

Quant à moi, oui, je l’affirme, cette pièce m’a conduite encore plus au Christ… La froideur terrible de cette scène de théâtre où le mobilier suinte la solitude et la mort, cette froideur bousculée par l’incontinence du père et par l’amour de son fils qui se démène pour le soigner et réconforter, cette froideur dominée par la lumière et la puissance qui se dégage du Christ de Messine m’aura renvoyée à deux choses : l’apparente vacuité de notre vie terrestre – tout particulièrement à notre époque – et le seul sens, la seule question qui peuvent y être opposés : le Christ. Le Berger. My shepherd.

[1] « J’ai l’impression d’un malentendu épouvantable. Sur le concept du visage du fils de Dieu n’a rien de blasphématoire ni de christianophobe. Mais ces activistes ne peuvent pas le savoir car ils ne l’ont pas vu. On peut même voir le spectacle comme un chant d’amour pour le Christ, ce qui est le cas de certains spectateurs. » R. Castellucci

*Myriam Picard est journaliste et membre du Comité de rédaction de Riposte Laïque.

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68 Commentaires

  • phil , 30 octobre 2011 @ 15 h 53 min

    Cette pièce serait alors “ambigue”?… à la bonne heure !!

    N’oubliez pas que l’ambiguité est une des méthodes préférées du démon !!!

    La pièce est ambiguë? Elle est donc mauvaise !!!

  • Cassandre , 30 octobre 2011 @ 16 h 03 min

    Bravo ! comme aurait pu dire Notre Christ vous avez accumulé beaucoup de premières places dans les synagogues !

    Et cela prouve quoi ? Que vous avez un doctorat en discernement, délivré par l’Esprit saint ?

  • Robert , 30 octobre 2011 @ 16 h 33 min

    Myriam est une personne digne de confiance. Je le sais pour la connaître personnellement depuis longtemps.
    Je n’ai jamais entendu à ce jour de propos hétérodoxes, hérétiques si vous préférez, de la part de l’abbé Grosjean dont la doctrine est tout sauf moderniste. Référez-vous pour cela à son blog.
    Maintenant, je lis les commentaires de certains qui se permettent de juger les coeurs et les reins. Qui savent mieux que les autres avec des jugements définitifs sans avoir vu la pièce de théâtre dans on ensemble. On finit en les lisant par se demander si l’on n’avait jugé pour eux chez ceux qui sont leurs directeurs de conscience qu’ils se sont contentés de suivre sagement. Ce qui n’enlève rien à leurs mérites d’ailleurs sinon un manque d’esprit critique regrettable.
    Je ne les juge pas, je me demande comment ils peuvent être si catégoriques et user de tels propos péremptoires envers des interlocuteurs dont ils contestent même la foi catholique.
    Maintenant, ils confisquent à leur cause tels ou tel évêques ou père abbé, qui n’ont pas vu le film non plus, comme si cela en faisait une condamnation dogmatique qui oblige tous les fidèles.
    Seulement un spectacle relève du jugement personnel et de la critique artistique, pas de la doctrine morale tant qu’il ne l’enfreint pas ouvertement et ce n’est pas le cas dans ce spectacle. Ceux qui jugeaient, condamnaient et brulaient les spectacles contraires à leurs dogmes ont laissé un mauvais souvenir dans l’histoire.
    Et ils font le procès du nouveau rite et de ceux qui le pratiquent.
    Je les lis, je constate, ils peuvent me démentir.
    Là, on devine l’arrière-pensée, que pour tout dire je subodorais. J’ai soutenu ces jeunes, j’étais plus réservé quand au soutien du clergé ami, la FSSPX ayant pris la fâcheuse habitude de juger le monde et l’Eglise à travers le prisme de ses seuls intérêts.
    Pour autant, les images de jets d’oeufs et de liquide m’ont laissé un malaise, venant semble-t-il de la part de militants d’un parti confondant allègrement spirituel et temporel, religion et politique, je parle de l’AF. Mais je soutenais ces jeunes certainement des catholiques sincères, même si je déteste les leçons publiques de morale et de vertu faites aux spectateurs et passants. Cela me rappelle trop les Pharisiens. Mais passons!
    Pour autant, devant les témoignages fiables de la part je le redis de personnes sûres dont la foi n’est pas douteuses et surtout ayant vu le spectacle, le jugement définitif et sans appel de certains autres, le procès d’intention et certaines méthodes, laissant planer un doute sur leur conception de la charité et leur sens de la liberté artistique, deviennent suspectes.
    Au moins dans l’affichage de certitudes d’airain luttant contre l’esprit diabolique du monde. C’est beau comme une image d’Epinal!
    Je ne regrette pas de ne pas être venu manifester, malgré les leçons d’infantilisation moralisantes de monsieur Escada qui n’en est pas à son coup d’essai. En, le regardant parler, je pense à cette sentence de Nietzsche disant des chrétiens “Il faudrait qu’ils me chantent de meilleurs chants, pour que j’apprenne à croire en leur Sauveur : il faudrait que ses disciples aient un air plus sauvé !”
    Je suis désolé pour ceux qui garderont des séquelles, la jambe du militant d’AF, perte d’emploi, etc..
    Je me souviens avoir manifesté avec vigueur, j’avais jeté du gaz lacrymogènes dans un cinéma durant la projection, contre le film de Scorcèse, “la dernière tentation du Christ” que je n’avais pas vu. Gardes à vue et le reste, je connais!
    Pourquoi le voir, nos leaders nous avaient dit ce que nous devions savoir?
    C’était déjà les mêmes, Bernard Antony, l’AF et la FSSPX parmi d’autres, qui poussaient à la roue. Deux frères jumeaux militants d’Action Française avaient fait de la prison pour l’incendie du cinéma Saint Michel dont un objet qui avait enflammé un siège avait provoqué la destruction par les flammes.
    Souvenirs, souvenirs, qui reviennent à ma mémoire.
    Je crois que Civitas et d’autres associations et fraternités se sont fait une bonne publicité en jouant les défenseurs de la vertu catholique outragée.
    Le spectacle a bénéficié ainsi d’une publicité inespérée, le réalisateur passant pour une victime de la liberté d’expression et les catholiques comme étant divisés entre eux.
    Je résumerais en disant que j’invite les jeunes à réfléchir avant de suivre les donneurs de leçons parce que très souvent ce sont eux qui assumeront les risques et pas les conseilleurs.
    Je parle là d’expérience.
    Ces affaires, Golgota Picnic et celle-ci, tombent à point nommé pour venir semer le trouble et favoriser les réfractaires à la réintégration de la FSSPX dans l’Eglise.
    Qu’on me pardonne mon propos, mais je ne serais pas surpris d’apprendre que certains de ses membres n’en soient pas fâchés.
    D’autre part, le plus grand scandale qui pèse sur notre temps, à combattre d’urgence et sans relâche, ce n’est pas un spectacle douteux.
    Non, c’est mon propre manque de charité d’espérance et de foi.
    Et de cela, si je suis honnête, je ne peux faire le reproche à personne d’autre que moi-même.
    Merci de votre compréhension.

  • camille , 30 octobre 2011 @ 16 h 34 min

    il faut mettre des choses au clair…
    je suis une fidèle de l’ancienne paroisse de l’Abbé Grosjean que je respecte bien entendu (autant dire que je ne suis pas tradi ou extrémiste) et
    j’étais à la “manif'” hier soir… mais je ne suis pas allée jusqu’au théâtre de la ville…tout simplement parce que je n’ai pas vu la pièce et je n’avais pas de raisons d’y aller ( et lancer de l’huile de vidange ou des œufs pourris… un enfant de deux ans peut le faire). Je suis allée à cette manif car il y en a marre d ‘entendre des bêtises sur les Cathos.. je subie tous les jours en tant qu’étudiante des remarques sur les cathos jusqu’à ce qu on me dise que ” la religion c ‘est de la politique”… c ‘est pour que cela cesse que je suis venue…
    Il y en a marre des phobies des religions, l’islamophobie, la judéophobie et maintenant la christianophobie.. Hier, des juifs, des musulmans et des athées étaient parmi nous et je les remercie de nous soutenir!
    merci de m’avoir laisser m’exprimer, je sais que je ne suis qu ‘un cas particulier car j ai vu les jeunes (ou moins jeunes) qui criaient hier ” tous au théâtre” et il est important de rappeler les deux visées de la manifestation d’hier:
    -le retrait de “la figure souillée du Christ”
    – la lutte contre la christianophobie (lutte qu’il faut soutenir)

  • phil , 30 octobre 2011 @ 17 h 10 min

    A Camille: personne n’avait l’intention de lancer des oeufs ou de l’huile: d’ailleurs personne n’en avait!

    de plus ne confondez pas tout: ceux qui ont lancé des oeufs/ huile sont des militants politiques… PAS LES TRADIS de Civitas qui sont PACIFIQUES (ceux d’hier en grosse majorité)

  • QuentinTdL , 30 octobre 2011 @ 17 h 32 min

    Le problème fondamental semble bien être la cassure entre l’élite et le peuple. Le petit théâtre des bobos ne parle plus au peuple; et celui-ci en a assez de supporter ses insultes, de voir détruits ses symboles, de voir broyé sa foi et son espérance dans les salles de théâtre, aussi bien que dans les salles de rédaction, dans les meetings des partis et ailleurs.

    Notre époque suinte tellement la haine de toute part, que l’on ne sait plus qui pourrait encore nous vouloir du bien. Alors on se bouffe les uns les autres, dans le doute.

    C’est sinistre, et ça ne finira pas bien. Le chrétien doit prendre en silence son lot d’humiliation, qui est probablement plus lourd que celui du voisin, mais qui est juste. N’oublions jamais que ce qui nous souille n’est pas ce que l’on nous inflige, mais ce que nous infligeons.

  • camille , 30 octobre 2011 @ 17 h 59 min

    pas hier… mais d autres soir oui…! des militants politiques n’avaient rien a faire ici!! mais j’espère que vous pensez vous aussi que le niveau de maturité nécessaire pour lancer tout cela ne dépasse pas celui d’un enfant.
    tout ce que je dis ce que je soutient et nous devons soutenir l antichristianophobie

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